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Il est désolant de voir que plus on avance dans le temps, plus les réalisateurs extrêmement ambitieux et surtout renommés d’il y a quinze, vingt ans, sont désormais has-been sur le marché du cinéma mondial. De Tim Burton à ici, Michael Mann, et en passant par les Wachowski, il est désolant de voir que ces créateurs touchent le fond, soit parce qu’ils n’arrivent plus à retrouver cette verve qu’ils avaient auparavant, soit parce que le public les boude pour des producteurs de médias aussi vite consommés qu’ils sont recrachés. Plus triste encore, c’est de voir que dans son registre de prédilection qu’est le polar/thriller, Michael Mann se fasse aujourd’hui plumé par les aberrations que sont Taken 3 ou Equalizer. Des films faussement rythmés, sur-cutés et sans aucun identité visuelle, qui ne font que confirmer que le milieu du film d’action se meurt même encore aujourd’hui. Tout au plus retiendra-t-on Gareth Evans pour ses deux volets de The Raid visuellement marquants. Que Hacker ne rencontre que très peu de succès est une injustice car nous sommes ici en face d’une oeuvre certes inégale mais totalement en accord avec la filmographie du réalisateur sus-nommé. Un croisement entre Collateral et Miami Vice qui nous mets en face ici d’un thriller de haute volée, mutique et atmosphérique. Mené de front par un Chris Hemsworth qui change enfin de registre, Hacker est une sorte de plongée dans l’invisible, dans un monde où les indices sont éparpillés non pas sur le sol mais dans l’air, intraçables et sans arrêt prêt à frapper. L’on y parle que très peu, préférant les regards et le texte, chacun gardant ses secrets comme il essaierait de se mettre à l’abri de tout ce qui l’entoure.

Cela faisait bien longtemps que l’on avait pas vu un thriller si inspiré, à l’atmosphère si mystérieuse, et il fallait bien que Mr Mann prennent les choses en mains pour nous rappeler que le genre existe. Sur la corde raide, le film prend rapidement aux tripes par cette cassure qui s’opère lorsque les scènes d’action – parmi les meilleures du genre – prennent le pas sur le récit, s’achevant souvent dans un bain de sang froid et impersonnel, nous rappelant la mythique fusillade de Heat. Réalisé sobrement, usant habilement de l’avantage du numérique pour en ressortir un aspect presque documentaire, Michael Mann livre film enivrant, proposé sur un plateau et qui, si l’on accepte de se laisser porter, nous emmènera dans un monde où le cinéma a encore de belles choses à offrir.

Florian_Bodin
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