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Happy Sweden par Léonard Tarquin

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Il y a cette femme, professeur dans une école depuis peu, qui cherche à se faire une place, et surtout, à obtenir le respect. Cette femme, on ne voit qu'elle, assise sur sa chaise, et l'on devine vers qui se tournent ses regards. « Vous pouvez me regarder quand vous parlez ? Je suis là. ». Ses collègues de travail, ses interlocuteurs, on ne nous les montre presque pas. C'est elle que l'on voit, son regard oscillant d'un côté à l'autre. En une phrase, elle a créé le malaise. À travers cette histoire, et quatre autres, le réalisateur suédois Ruben Ostlund dépeint la société dans laquelle il vit avec une simplicité et une froideur étonnantes. Il fait le choix de s'intéresser au « groupe » dans toutes ces formes, que ce soit dans une soirée festive au sein d'une famille aisée, ou bien dans l'univers de jeunes adolescentes en pleine crise. Ces gens, apprenant chaque jour à vivre ensemble, sont les témoins du malaise, même minime, qui peut dérégler l'entente au sein d'un groupe de personnes, qui peut tout faire dérailler. Ce qui rend le film surprenant, c'est une utilisation quasi-permanente du plan fixe. Le réalisateur se contente d'observer et de laisser parler ses personnages, et le plus souvent, laisse certaines voix sans visage, laissant le spectateur dans une drôle de confusion. L'authenticité de certaines scènes nous donne l'impression d'assister à un témoignage, comme si nous, spectateurs, assistions à un reportage sur la vie en Suède. Le film s'intéresse aux petites choses du quotidien, aux petits malentendus qui nourrissent les relations humaines. De ces malentendus, le réalisateur a su en faire un film touchant, d'une légèreté réjouissante, mais jamais futile, sur les travers de l'humain, sur cette difficulté qu'on les gens à « s 'adapter » aux autres. C'est un film qui prend le temps. C'est assez rare pour être souligné.

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