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Avis sur Her

Avatar Oswald 雷雷雷
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Dans un futur supposé proche et indubitablement concret, Joaquin Phoenix porte une moustache d’acteur porno gay des seventies et tombe amoureux d’un « OS » (OS…iOS…hinhin you got the picture ?), aka un mini ordinateur avec des émotions et la voix de Scarlett Johansson. Elle qui n’est d’abord censé être qu’un programme informatique hyper intelligent, se met à le comprendre, à l’aider, à rire puis à jouir avec lui qui balade sa solitude dans un univers de gratte-ciels et d’éther.

Quatrième film du pas-si-prolifique-que-ça Spike Jonze, Her s’avère – et à bien plus d’un niveau – extrêmement troublant. Déchirante love story immatérielle entre une conscience cybernétique et un paumé magnifique, il s’agit avant tout d’une réflexion plus générale sur ce qui nous définit en tant qu’être. Qu’est-ce qui caractérise notre existence ? Est-ce notre corps, nos émotions ? Quelque chose de plus grand encore ? A l’heure où l’Homme fusionne silencieusement avec la Machine – chaque jour un peu plus – le film pose un questionnement nécessaire et suggère une réflexion déconcertante sur notre futur, et de façon sous-jacente, notre présent. Quelque part dans les interlignes – immenses – des dérives de l’évolution.

Il y a quelque chose d’aérien et de vaporeux dans la réalisation de Spike Jonze, quelque chose qui fait que l’émotion affleure à tout moment – et par émotion entendons toutes les émotions. Comme Samantha (Scarlett du coup), cette entité sans corps qui s’ouvre au monde, on redécouvre à travers ses non-yeux la joie des choses simples. De la sublimation d’une « simple » scène de plage à la fatalité du sentiment amoureux, tout est traversé d’une splendeur mélancolique dans Her. On pourrait parler de – peut-être – certaines facilités scénaristiques, mais ce serait s’abandonner au cynisme, et de fait renier l’harmonie d’un film qui demande à s’abandonner en son cœur.

Et Spike Jonze de nous livrer, donc, une sorte de miracle de cinéma, magnifié par la BO composée par Arcade Fire (excusez du peu). Joaquin y livre - je pense - sa meilleure performance à ce jour (et difficile d’imaginer qu’il s’agit du même acteur que dans The Master), les seconds rôles sont tous excellents (j’allais dire « mention spéciale à… » jusqu’à réaliser qu’ils le méritaient presque tous) et le timbre chaud de Scarlett, bien que « seulement » présente vocalement, la rend plus humaine que jamais.

Drôle (il l’est souvent) de film, romantique et désespéré jusqu’à son troublant plan final, Her est une vaste réflexion sur ce qui nous attend quand l’ordinateur aura égalé voir dépassé l’Homme (vers 2040 dit-on), et plus encore, un très très grand film amené à – qui sait – gagner ses galons de chef-d’œuvre visionnaire. On en reparlera.

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    Mes 150 films préférés donc de l'obscur, du connu, dans le désordre et prochainement annoté.

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