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Avis sur Hidden

Avatar Nazgulantong
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Sans trop en dévoiler, cette invraisemblable histoire de parasite qui prend possession de ses victimes rappelle évidemment des classiques de la SF, tels que « L'Invasion des profanateurs de sépultures » ou encore « The Thing » de John Carpenter. Mais s'il partage les maquillages visqueux et répugnants de ces derniers, « The Hidden » joue moins sur un climat de paranoïa intense (qui est le monstre ?), que sur une inquiétante chasse à l'homme (comment l'arrêter avant qu'il ne recommence à tuer?). Ainsi, le film se déroule essentiellement comme une vulgaire enquête policière, avec recherche d'indices et interrogations de témoins à la clé. C'est l'occasion d'apprécier l'excellente alchimie entre Michael Nouri, déboussolé par l'attitude étrange d'un Kyle MacLachlan tiré à quatre épingles, froid et énigmatique. La gueule burinée et le caractère pragmatique du premier contrebalançant efficacement avec le visage d'ange, trop beau pour être honnête, de son partenaire.

En revanche, la force du scénario est justement de lâcher rapidement le morceau sur l'identité de la créature pour pouvoir se concentrer sur l'action pure. C'est qu'en infectant l'organisme de son hôte, le parasite transforme monsieur tout-le-monde en machine à tuer impitoyable, et imperméable aux balles. Du coup, le film renvoie davantage au « Terminator » de 1984 en mettant en scène un méchant d'apparence humain, stoïque et inexpressif. Et surtout, pratiquement invulnérable. On assiste même à une scène où la créature décime des dizaines d'officiers dans leur propre commissariat. Une référence des plus évidentes...

D'ailleurs, la ressemblance entre les deux films se retrouve également dans la mise en scène elle-même. En véritable émule de James Cameron, le réalisateur Jack Sholder prend en effet son film très au sérieux et nous plonge dans une ambiance macabre, où le second degré libérateur brille par son absence. Ce qui ne fait que renforcer l'impact de l'horreur des situations. Mais cela ne l'empêche pas de nous en mettre plein la vue en enchaînant courses-poursuite effrénées et fusillades sanglantes, à un rythme tendu. Le tout, dans une bande son tonitruante qui pulse le hard rock des années 80.

Enfant bâtard de la SF, du polar et du cinéma d'horreur, autant influencé par Carpenter que Cameron, « The Hidden » est une excellent thriller fantastique qui ravira les amateurs du genre. Vainqueur mérité du Grand Prix au festival d'Avoriaz en 1987.

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