Le cinoche d'action moderne c'est super cool. LOL.

Avis sur Identité secrète

Avatar Victor Tomadini
Critique publiée par le

Critique écrite lors de la sortie du film en 2011

Bienvenue dans le monde merveilleux des blockbusters pour mioches décérébrés de moins de 6 ans. Car comment résumer autrement Identité Secrète, parangon de crétinerie abyssale qui se pose comme un cas d’école de tout ce qu’il ne faut pas faire dans un film d’action, et même plus basiquement, dans un film tout court. Si je veux bien tolérer, avec beaucoup de mal, la démarche toute opportuniste des producteurs de vouloir surfer sur le succès de Twilight, en offrant à Taylor Lautner un véhicule promo à sa seule gloire et donc de viser logiquement les midinettes qui ne manqueront pas de se pignoler sur le torse huiler de leur nouveau sexe-symbole préférer qui, bien évidemment, tombe la chemise au bout de 5 minutes. Comment tolérer en revanche le manque totale d’idée cinématographique, et ce, à tous les niveaux.

Car disons le clairement, Identité secrète ressemble à si m’éprendre, à un bon vieux DTV de Steven Segal tourné en Roumanie. Même histoire incompréhensible impliquant la CIA, le gouvernement et des tueurs à gages très très méchants. Même style de personnage où le héros fait le kèkè devant les filles et sort de grande phrase philosophique débile du style : « des fois je me sens en décalage comme un étranger à ma propre vie » avant de péter la gueule au bad guy. Même propension à nous faire croire qu’il est le cador des cadors. Et surtout même inexpressivité facial où on s’aperçoit, si ce n’était déjà fais, que ce bellâtre est le plus mauvais acteur de sa génération. Malheureusement, si le film ne restera pas dans les annales, c’est claire, il n’arrive pas non plus à la cheville des œuvres de notre légendaire saumon plus si agile que ça.

Car ce qui différencie Identité Secrète des œuvres de Steven, c’est que c’est tellement pathétique et que ça se la joue tellement sérieux en essayant de pomper maladroitement la saga Jason Bourne que ce n’est même pas drôle mais juste consternant. Mais le pire, c’est qu’en pur produit marketing pour ados lobotomisés, le film est un foutage de gueule intégrale. Car contrairement à ses concurrents, aussi nul soit-ils, il n’y a pas une seule goute de sang dans le film même quand les persos s'en prennent plein la tronche ou quand ils se font tirer dessus. C’est sur, tous ceux qui ont été élevé au actionner muscler style Die Hard risque de vite déchanter devant cette purge même pas digne d’une programmation sur TF1. Car outre le manque flagrant d’hémoglobine (un comble pour un film d’action) et de sexe (mythique scène où le héros et sa copine commence à se galaucher, se rouler par terre, bref, s’apprête à s’envoyer en l’air avant que cette cruche ne sorte cette phrase désormais dans toute les mémoires de cinéphage déviant : « ça serait bien qu’on se trouve à manger », ce qu’il y a de plus pitoyable c’est la caractérisation des personnages. Le héros est forcément super cool, capable de mettre K.O des agents secrets surentrainés du haut de ses 18 piges ( top crédible) mais est paradoxalement coincé du cul (il est amoureux de sa voisine depuis des années sans avoir jamais eu le cran de lui dire). Le méchant, tout droit sortie des Bisounours, menace le héros de tuer tous ses amis Facebook (attention ça fais flipper), la gourdasse de service se retrouve embarquée dans cette aventure parce qu’elle a été trop débile pour ce casser prévenir les flics quand elle en avait l’occasion (bein oui c’est bien plus drôle de voir deux personnes se faire tuer et de rester planter là sans même se cacher en attendant que les vilains viennent logiquement te chopper). Bref, on peut toujours jouer les indignés devant cette véritable purge où chaque scènes, chaque dialogues, chaque personnages et situations sont d’un grotesque ultime. Mais au final quoi de mieux pour résumer que de citer le nom du réalisateur : John Singleton. Car n’en déplaise à certain, il faut bien avouer, que ce gros tâcheron n’as réalisé qu’un seul bon film dans toute sa carrière en l’occurrence le sympatoche Quatres frères (et encore ce n’est pas de sa faute). Ce n’était donc pas lui qui aurait pu faire d’Identité Secrète un pilier du genre. Alors maintenant ça serait vraiment bien d’arrêter de se faire avoir sur des produits calibrés et de revenir au fondamentaux car ça commence vraiment à me faire peur de voir qu’il y a encore des gens pour défendre sérieusement se genre de nanar en criant au chef d’œuvre. Car ça, c’est tous sauf du cinéma et encore moins du cinoche d’action digne de se nom.

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