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Si Les Dents de la mer n’inaugure pas la thématique du requin au cinéma, c’est pourtant bien lui qui fonde le genre du film de requin en y instaurant des jalons aujourd’hui incontournables. Déjà, le film de requin c’est quoi ? C’est devenu un carrefour cinématographique à la croisée des genres, un style de terreur animale quelque part entre le film de maison hantée et le slasher. On y retrouve un lieu conventionnel, l’eau, et des effets de surprise toujours attendus visant à installer une tension constante. Et on y retrouve le psychopathe réglementaire, ici un poisson. Le requin devient l’incarnation de la peur, inexorable, implacable et affamée. C'est du slasher que le film de requin tire ses éléments les plus fondamentaux depuis Les Dents de la mer, film qui avait sculpté le squale de cinéma comme antagoniste fou, tueur brutal et surtout acharné.

Et cet état d’entité surnaturelle et implacable, loin de toute réalité et propre au slasher, devrait nous libérer des considérations éthiques des zoologistes en herbe toujours prompts à faire des vagues pour une bonne cause. Nombre d’œuvres, de tous temps, illustrent l’attirance irrésistible qu’a l’imagination vagabonde pour les dangers de dame nature, et mettre en scène la fringale exagérée d’un squale n’est finalement pas plus insensé que d’exploiter des milieux hostiles comme la haute montagne ou le désert dans la construction de survivals. Il suffit de s’informer un peu sur ces animaux (quelques bouquins et revues spécialisés sont facilement trouvables, même si être adulte, c’est préférer Closer à Sciences & Vie), pour ne plus voir dans la démence exhibée dans ces films au mieux le fantasme d’un amoureux de l’animal cherchant à exploiter ses plus vives fascinations, au pire une potentielle drôlerie filmique, ne se refusant aucun excès.

The Shallows, c’est un peu des deux, entre la sympathique petite série B de bête taquine et le film qui s’autodétruit dans son désir excessif d’impressionner, devenant involontairement (et irrésistiblement) fendard. Disposant d’un peu d’argent, le réalisateur en profite pour ouvrir son métrage par des clips de plage, de soleil, de surf et de chevelures au ralenti oscillant entre la publicité pour déodorant, le clip Décathlon et le spot pour les produits laitiers. Une belle partie du budget est également astucieusement utilisée pour filmer la jolie fille qui fait office de personnage principal sous toutes les coutures et au ralenti (à l’évidence, une partie du public est achetée de la sorte) et c’est toute une galerie d’images qui respirent l’eau limpide, la menthe fraîche et les exhalaisons du sportif dans l’effort. Et à un moment, le réalisateur se rappelle qu’il voulait aussi parler d’un requin alors les hostilités commencent.

Sorte de mouture aquatique de La Belle et la Bête, The Shallows nous présente son plus bel atout dans un squale de toute beauté, animé par des désirs de sang surpassant de loin son strict besoin vital. Il taquine, mordille et chatouille les chevilles de sa blonde et se montre possessif à l’excès, gobant sans sommation tous les mâles cherchant à s’approcher de près ou de loin de son inestimable trophée. Il y a quelque chose de réellement sympathique dans cette parade adressée par le poisson à Blake Lively, princesse lascive courtisée au plus profond de sa chair, transportée sur la carcasse d’une baleine et ballotée sur une bouée. A l’évidence, le grand poisson, pourtant capable d’avaler deux surfeurs en 30 secondes, cherche à faire durer le plaisir avec sa dulcinée. Et c’est peut être un des points forts du film, l’esquisse d’une dualité, d'une petite relation entre proie et prédateur, mais ça aurait mérité d’être beaucoup plus audacieux, plus fin, plus fou. Au lieu de quoi on se retrouve sur le survival type, fille désespérée, bout de rocher et poisson affamé, et si le job respecte chacune des grosses lignes en s’en tenant aux attentes classiques, et on peut dire que c’est pas trop dégueulasse, on n’en tire pas non plus de grand enthousiasme ni rien de très mémorable. Mais ce qui m’emmerde le plus dans ce genre de films actuels, c’est l’incapacité à créer de vraies belles scènes, l’incapacité à entrer dans les mémoires. Pas de réel personnage outre une fille sans grande saveur, jumelle de milliers d’autres, plus déchirée encore à l’intérieur qu’à l’extérieur, pas vraiment de B.O., pas vraiment de grande mise en scène ni de courage visuel, l’ensemble est, comme à son habitude, sacrifié au profit de l’immersion à tout prix. Acouphènes, visage larmoyant en gros plan, bulles de textos qui s’affichent à l’écran, respiration envahissante… C’est aussi ce qu’on a souvent oublié depuis Les Dents de la mer, un film de requin peut aussi se permettre d’être du cinéma plutôt qu’une attraction du Futuroscope. Et si The Shallows fonctionne sur sa durée comme une belle attraction (et oui, il fonctionne), il ne laissera pas de grands souvenirs en tant que film.

Heureusement il y a aussi les savoureux moments d’égarement qui font toute la saveur des films qui n’arrivent pas à se contenir. A commencer par Blake Lively, seule sur sa caillasse, qui trouve la lueur d’espoir dans une mouette blessée, volatile peu avare en belles leçons et maître de la survie à ses heures, apprenant à notre héroïne comment survivre en mangeant des crabes. Il y a aussi le requin fou à lier qui vient ramper jusque sur les rochers, le combat à coups de fusées éclairantes, la cage improvisée, la corrida aquatique, le super shark enflammé étincelant dans la nuit. Toutes ces petites friandises dénuées de toute subtilité ont pour double avantage de nous détacher du simple requin pour créer un personnage surnaturel comme il se doit et, il faut bien le dire, de nous faire rigoler à loisir.

M’enfin cette année préférez In the Deep, finalement beaucoup plus audacieux et, allez disons-le, poétique.

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