My name is Harry Palmer

Avis sur Ipcress, danger immédiat

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Le film est tiré du roman de Len Deighton écrit en 1962, et donna un retentissement international au livre, ce qui déclencha un phénomène : beaucoup de lecteurs ont été attirés par cet espion sans nom qu'on opposa au James Bond de Ian Fleming. Pour le cinéma, il lui fallait un nom et un visage, Harry Palmer, petit escroc sans envergure, sans idéal qui appartient au quotidien, et mal noté par sa hiérarchie. Le visage fut celui de Michael Caine qui avait débuté en 1956 et qui venait de se faire remarquer dans Zoulou.
Le personnage a naturellement été conçu comme l'antithèse du héros traditionnel et principalement de James Bond, se comportant comme un fonctionnaire ordinaire chaussé de lunettes, froid, cynique et peu scrupuleux, même s'il possède quelques points communs (amateur de cuisine raffinée et de musique classique, Palmer se balade aussi en différents endroits de la planète, opposé à des espions de tous bords, et maniant la mitraillette comme un pro).
Le plus amusant, c'est que c'est Harry Saltzman, l'un des producteurs de la franchise Bond, qui flaira un filon rentable en produisant ce premier film qui sera suivi par 2 autres, Mes funérailles à Berlin réalisé par Guy Hamilton qui venait de réaliser Goldfinger, et Un cerveau d'un milliard de dollars. Ces 3 films donnèrent à Michael Caine une renommée d'envergure, et son interprétation donne à Ipcress danger immédiat un cachet narquois et insolent très british.
L'objectif de Saltzman était d'opposer à l'extravagance de 007 le sérieux de l'agent Palmer en attirant les anti-Bond, tout en lorgnant vers les admirateurs de 007, car un léger décalage permit de rapprocher ces 2 "cousins" ; dans les romans de Deighton, il y avait une nette opposition entre les 2 héros.
Ipcress fut une réussite pour plusieurs raisons : le héros était un espion original qui se rebelle facilement contre le système et qui ne fume que des Gauloises (très étonnant pour un Anglais), l'ambiance y est proche de celle grisailleuse à la John Le Carré, et la mise en scène de Sidney J. Furie imprime au film un côté baroque et délirant par ses angles de prises de vues inaccoutumées et ses cadrages insolites où des objets envahissent l'écran ; cette technique est caractéristique de ce réalisateur canadien qui a souvent répété ce procédé dans ses autres films.
Le film qui accuse un peu son âge, reste très plaisant et garde le charme de ces productions britanniques des sixties.

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