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L'Appât par gallu

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Faux espoir face à ce Naked Spur. Espoir de se trouver face à un improbable mariage entre codes du western et méticulosité de la théorie des jeux. En effet, l’interaction des intérêts croisés de trois badauds improvisés chasseurs de prime nous rappelle à l’excellence du Trésor de la Sierra Madre de Huston. Le genre de films où s’effacent toute ligne de démarcation entre les seigneurs et les salauds, les bons et les méchants, et où ne subsiste que la réalité de l’intérêt individuel comme seule règle de survie dans l’ouest sauvage.

Hélas, la promesse ne tient pas. Très tôt, le film d’Anthony Mann nous le laisse présager. Chassés du film une bonne demi-heure, les codes du mélo reviennent sur le devant de la scène à mesure que s’expose Janet Leigh, la blondasse habituelle des films du genre, le trophée qui transforme le cœur de pierre du desperado en guimauve. Et là réapparait l’armée des poncifs insupportables : les violons, les déclarations romantiques... Les personnages, jusqu’alors impénétrables et ambigus, retrouvent leur sacro-sainte tripartition : good guys, bad guys, sidekicks. Anthony Mann avait eu l’audace de nous proposer à voir un « héros » égocentré et menteur et un « bad guy » sympathique, rigolard et hâbleur. Misère du conformisme, on se retrouve en fin de film avec un happy end tout en reniement, où le prince redevient cet homme charmant qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être, et le méchant, cette indécrottable enflure qui mérite tout autant la mort que la très chrétienne sépulture.

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