"L'univers a un goût d'framboise" .. ben voyons ! Et la Voie Lactée, c'est du Milky Way ??

Avis sur L'Exoconférence

Avatar SmileShaw
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Cher Alexandre,
(Je ne vais pas non plus servir du Monsieur Astier après ce que je viens de voir ! Estimez-vous déjà heureux que je ne sois pas passée au tutoiement, mais c’est bien parce que je n’ai pas été élevée chez les sangliers !)

Alexandre, vous êtes un connard.
Oui, je sais, c’est violent pour débuter une lettre, mais il faut que les choses soient dites.
Vous êtes un connard, disais-je, mais qu’on se comprenne bien. Vous n’êtes pas ce connard bouseux, le débile du coin, atteignant péniblement le 60 de QI, avachi sur son canapé, ricanant niaisement devant les Chtis à Tombouctou.
Vous êtes le connard prétentieux, imbu de lui-même, méprisant, qui, par obligation envers cet auditoire qui vous fait vivre, jette un œil dédaigneux sur la populace qui fait le pied de grue dans l’espoir d’obtenir votre gribouillis sur son billet ou une photo à vos côtés.
Car oui, il existe encore des personnes qui, aveuglées par l’amour qu’elles vous portent (ou plus probablement la bêtise), vous attendent à la sortie de la salle de spectacle sur la scène de laquelle vous vous êtes produit, nous servant cette soupe froide et indigeste appelée l’Exoconférence, titre bien pompeux pour un show dont la médiocrité n’a rien à envier au dernier méfait commis par Gad Elmaleh (je sais, ça fait mal).

Commençons par le commencement. Il faut que vous le sachiez, Alexandre : nous n’avons pas tous fait de hautes études ! Eh oui ! ça vous en bouche peut-être un coin, mais par manque de capacités, d’envie ou quelles qu’en soient les raisons, qui nous sont toutes personnelles, nous ne sommes pas tous en mesure de suivre, pendant plus d’1h30, vos divagations érudites sur la science, les religions, l’espace ou encore la vie extraterrestre.
Que ma joie demeure avait déjà un chouia mis en exergue mon agacement (j’ai autre chose à faire que suivre un cours de clavecin et entendre raconter la vie de Bach !) mais là, c’en est trop.

De quel droit, Alexandre, osez-vous prétendre que l’Exoconférence est un spectacle humoristique ? A quel (s) moment(s) devons-nous rire à gorge déployée, nous taper sur le ventre, coller des coups de coude à notre voisin, les larmes aux yeux, clamant « putain, c’qu’il est drôle » ? Faites donc comme pour les opéras et vendez un livret avant la représentation, livret qui mettrait en avant les blagues, histoire que nous passions moins pour des glandus et qui nous permettrait surtout de ne pas sombrer dans un ennui profond.
Même si je dois reconnaître que certains passages sont désopilants (le running-gag sur la plaque de Pioneer vaut le détour), force est de constater qu’ils sont relativement rares et que, et je suis désolée de vous le dire, Alexandre, on s’ennuie pendant votre spectacle :
- Cet escalier que vous montez et que vous descendez en permanence, c’est agaçant. Si vous avez besoin de faire de l’exercice, achetez donc des steps et tortillez-vous sur le dernier Nicky Minaj.
- L’incohérence dans l’écriture n’a d’égal que la faiblesse de la mise en scène. Votre discours est décousu et s’il est à noter quelques bonnes idées (notamment la rencontre entre Copernic et l’Eglise), l’ensemble démontre une confusion dans le propos, si bien que très vite, on ne sait plus à quel saint se vouer. Sachez-le, Alexandre : passer du coq à l’âne, c’est douloureux.

De de fait, ce spectacle est interminable, et quand on se dit qu’on en voit enfin le bout, avec une jolie citation bien amenée de Blaise Pascal, il faut le reconnaître, arrive l’instant qui nous laisse à penser que nous avons plongé tête la première dans la 4e dimension : le passage musical.
Votre suffisance n’a-t-elle donc aucune limite ? Parce qu’inutile de nous en raconter : vous avez juste voulu vous faire un petit plaisir, étaler à notre face la palette de vos talents multiples et variés et nous en mettre plein la vue et les oreilles (« je compose, je joue, je suis génial »).
Pour avoir échangé avec ce que vous comptez d’admirateurs fervents et sincères, il paraîtrait que c’est justement plein d’a-propos, d’intelligence et que ça répond de la plus belle des manières à la dite citation de Pascal.
Moi je dis juste que vous avez voulu grave vous la péter, Alexandre. Entre nous, je n’ai pas pay… téléchargé l’Exoconférence pour voir un concert de rock. Et vous n’êtes pas Bertrand Cantat (mes amitiés à Anne-Gaëlle en passant), tenez-vous le pour dit.

Alors Alexandre, par pitié, moi qui vous aime quand même malgré tout (Kaamelott, quoi), pour le prochain seul en scène, oubliez la cuisine moléculaire, les billes de carottes, les seringues de pommes, les spaghettis de fraise, qu’on déguste entre gens huppés dans les restaurants à la mode devant lesquels les pécores que nous sommes n’avons même pas le droit de passer et revenez à quelque chose de bien plus simple, qui ne demande pas d’effort ... un bon Mac Do, vous voyez ? Des vannes faciles, à la pelle, qui ne demandent aucune réflexion et qu’on aura oubliées sitôt sortis de la salle.
Par pitié, Alexandre, cessez de faire original, de bosser et faites comme tout le monde.
Merci d’avance et à la prochaine.

Nota : "Sans l’ironie, le monde serait comme une forêt sans oiseaux. L’ironie, c’est la gaieté de la réflexion et la joie de la sagesse." Anatole France

Nota 2 : parce qu’Alexandre Astier est passionné et qu’il me (nous) passionne

Quant à L’Exoconférence, plaisanteries mises à part, c’est l’auteur qui l’explique le mieux :

Quand on écrit et quand on présente un spectacle, même s’il est doit être divertissant et rigolo, il doit quand même faire preuve d’une avance sur le fantasme commun qu’on peut avoir sur un sujet

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