L'homme bon

Avis sur L'Extravagant Mr Deeds

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(Un peu de spoil par-ci par-là)

Longfellow Deeds est un beau jeune homme, rêveur, naïf, candide, pratiquant le métier de tailleur. Il joue du tuba pour s'aider à réfléchir et habite Mandrake Falls, petite ville du New Hampshire.
Quand il reçoit la (très) coquette somme de vingt millions de dollars d'un oncle richissime décédé dans un accident de voiture, notre ami n'a plus le choix ; et c'est ainsi que Mr Deeds Goes To Town.

Miraculeux est l'adjectif qui convient le mieux pour parler du film. La comédie dramatique parfaite, en tous points.
Voir le lunatique Mr (HOP point grammaire : 'Mr' se lit Mister, en France on met 'M.', n'oubliez pas, comme moi, d'insulter tous ceux qui font la faute ♥) Deeds :
- Descendre l'escalier sur la rampe
- tester l'écho de sa maison en pleine nuit
- s'émerveiller en voyant passer un camion de pompier
- frapper un poète renommé parce qu'il s'est moqué de lui
... Tout cela procure un véritable bonheur.
Non vraiment, ce personnage a tout pour (me) plaire, il aime marcher sous la pluie sans chapeau, ne souhaite pas avoir de relations avec une femme qui n'est pas en détresse (ceci n'est pas un point commun, précisons-le, je suis juste un grand admirateur de ce genre d'énergumènes).

Ce personnage génial dont je n'arrête pas de parler, ne le serait pas autant s'il n'était pas interprété par Gary Cooper. Coup de foudre instantané pour cet acteur brillant qui a ce petit quelque chose d'incroyable qui rend Longfellow Deeds véritablement vivant. N'omettons pas le reste du casting ! Le film est rempli de seconds rôles savoureux, tels que Lionel Stander jouant à merveille le dur mais tendre Cornelius "Corny" Cobb et la ravissante Jean Arthur à la voix si particulière dans le rôle de la cruelle journaliste Babe Bennet. Sans oublier le majordome, le couple Semple, les deux vieilles dames de Mandrake Falls...

Mais l'Extravagant Mr Deeds, de son titre français, ce n'est pas seulement ce personnage éponyme, c'est aussi l'histoire du rat des champs submergé par New-York ("People here are funny. They work so hard at living they forget how to live."). Ce rat des champs, maître d'une fortune dont il ne sait que faire va subir de nombreux coups bas, et en particulier ceux de la journaliste Babe qui se servira de lui pour écrire des articles le décrivant comme Cinderella-Man et exagérant son côté naïf et lunatique au maximum. Mais le rat des champs ne perçoit rien, il est amoureux.
Vous ai-je déjà dit que le film était aussi une fabuleuse histoire d'amour ? Non ? Bon. Cette histoire est certes un peu conventionnelle (la dame est méchante envers le gentil monsieur mais ensuite elle tombe amoureuse mais ensuite lui il apprend tout et la rejette mais ensuite ça finit bien quand même) mais elle reste extrêmement réjouissante, sans compter la déclaration d'amour du rat des champs tout à fait rigolote et émouvante.

Et puis il y a ce final, cette scène de procès inoubliable, ce rat des champs qui regarde à présent de haut la ville et qui se défend avec une grande prestance et des répliques aux petis oignons (Vous ai-je déjà dit que les dialogues étaient géniaux ? Non ? Bon.).
Ajoutez à tout cela un beau noir et blanc et une mise en scène efficace et vous obtenez ce film qui, disons-le est plutôt « pixilated ».

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