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L’animation au poil

Avis sur L'Île aux chiens

Avatar Lucie Briand
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Quatre ans après son dernier long métrage, Wes Anderson nous revient avec son nouveau film L’île aux Chiens ou Isle Of Dogs dans son titre originel. Comme pour Fantastic Mr Fox, le réalisateur a fait appel au stop motion pour réaliser son nouveau film. Le stop motion est une technique d’animation qui nécessite de tout recréer entièrement à la main : que ce soit les décors, les mouvements, les marionnettes ou les lumières (pour L’île aux Chiens, c’est environ 2 secondes de film qui était effectué par jour). La réalisation d’un tel long métrage relève donc d’une prouesse autant logistique que technique, qui aura duré plus de deux ans (je vous conseille le making-of qui permet de se rendre compte du travail considérable qu'a demandé le film).

Commençons par le commencement : dans un Japon dystopique, une épidémie de grippe canine a envahit la ville de Megasaki. Le maire de la ville décide alors d’envoyer tous les chiens sur une île remplie de déchets pour éviter une contamination de la population. Atari, un jeune garçon de 12 ans et neveu du maire, décide d’aller sur l’île pour retrouver son fidèle compagnon Spots. Il fait la rencontre de 5 autres chiens qui tenteront de l’aider dans sa quête. Mais, au cours de leur périple, ils découvriront toutes les malversations politiques liées à cette île poubelle.

C’est toujours un moment assez spécial de voir un film de Wes Anderson. Il représente l’un de ses réalisateurs dont la patte esthétique et technique est reconnaissable en seulement quelques plans. Ces films m’ont toujours fasciné car ils dégagent une sorte de naïveté très touchante et comique. Le style Wes Anderson est très particulier et repose sur une inversion des rôles et des âges des protagonistes. Les personnages adultes vont se comporter comme de véritables enfants très maladroits et naïfs. Tandis que les enfants vont souvent endosser le rôle d’adulte, abordant des sujets plus matures (comme c’est le cas dans « Moonrise Kingdom » par exemple). Une des caractéristiques du cinéma de Wes Anderson repose principalement sur l’utilisation d’un humour très absurde, mais qui fonctionne toujours parfaitement. On notera d’ailleurs que dans L’île aux Chiens, l’humour est une chose complètement maîtrisée. D’une très grande justesse, il est toujours placé au bon moment et n’en fait jamais de trop. L’humour a d’ailleurs un réel intérêt dans le film, que ce soit pour permettre la progression du récit mais également les relations entre les différents protagonistes. Il s’agit d’une des forces de ce film car l’humour et le comique de répétition permettent de s’attacher aux personnages.

L’ile aux Chiens est, en quelque sorte, une fable très poétique et paradoxalement très sombre par les thèmes qu’elle aborde (en lien avec la corruption politique ou la ségrégation par exemple). Ce paradoxe accentue le propos du film et le rend également plus percutant. Au niveau esthétique, le film est très beau et grouille de détails visuels. En ce qui concerne la musique, la BO d’Alexandre Desplat est sans aucun doute l’une de ses meilleures jusque-là. Elle retranscrit parfaitement l’atmosphère du film tout en rendant hommage à la culture nippone. Qui plus est, c’est une réussite totale qui permet d’être complètement immergé dans l’univers de L’ile Aux Chiens ainsi que dans l’univers très riche de Wes Anderson.

(Une critique à retrouver ici : https://lanouvelleadr.blogspot.com/)

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