Où est passé Choupette?

Avis sur La Coccinelle à Monte-Carlo

Avatar Casse Bonbon
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"Incohérences scénaristiques" sont les premiers mots qu’il me vient pour parler de cette deuxième suite aux aventures de la Coccinelle. Si les intrigues d’une nouvelle course et d’une enquête policière sont les bienvenues, on regrettera leur manque d’originalité. Que dire de cette histoire d’amour entre les deux voitures ? J’ai trouvé ça idiot et malheureusement très peu abouti (et si peu crédible). Certaines scènes sont maladroites et sapent la sympathie qu’on pourrait avoir pour les personnages, comme celle où Jim et son mécano mentent délibérément sur les sentiments de la petite amie de la Coccinnelle dans le but de gagner la course. Je crois qu’il y avait d’autres directions, plus justes et convenables, à exploiter pour ce film. D'une manière générale, le scénario tombe dans la facilité trop souvent, je trouve.

Les trucages sont moins présents que dans les deux premiers films et d’une certaine manière, moins réussis et moins réalistes. La magie de la coccinelle n’opère pas, elle se contente trop souvent de klaxonner ou d’ouvrir une portière pour répondre aux protagonistes. Dommage.

Le casting est aussi très surprenant. C’est le retour de Dean Jones dans le rôle de Jim Douglas, qui avait déjà joué le même rôle dans le premier opus. Durant tout le film, j’ai cru qu’il incarnait un autre personnage tellement le contexte n'était pas clair. En effet, Jim Douglas était absent du deuxième film, tant et si bien que la Coccinelle devenait la possession d’autres protagonistes. Mais, sans aucune justification, on assiste à une pirouette scénaristique imprécise, avec le retour de ce rôle, et ce cher Jim possède de nouveau le véhicule, comme si finalement les événements du deuxième film s’étaient déroulés dans un univers parallèle. C’est donc un gros point noir en ce qui concerne la continuité des œuvres entre elles. Aucun effort ne semble avoir été apporté de ce côté-là.
Et ce n’est pas tout: la pauvre Michele Lee qui tombait amoureuse de Dean Jones dans le premier volet, est purement et simplement remplacée par Julie Sommars, qui joue Diane Darcy, une pilote qui, bien sûr, se prendra d’affection pour ce cher Jim, envoyant par la même occasion aux oubliettes la première idylle du personnage.
Au reste du casting, on retrouve un Don Knotts, toujours aussi grimaçant et énervant. On aura aussi la surprise de découvrir l’éternel Victor Newman des Feux de l’amour dans le rôle du pilote rival. Xavier Saint-Macary se démarque par son rire niais. Gérard Jugnot surprend par sa présence insolite dans cette production américaine.

Je dois préciser que j’ai regardé le film en version française, et que j’ai aussi été étonné par le nouveau nom de la Coccinnelle. Ici, elle ne s’appelle plus Choupette, mais se voit affublée d’un prénom plus masculin. Jim Douglas, encore une fois sans explications, se met à appeler son cher bolide Roméo, comme si finalement, il ne s’agissait plus du même véhicule. C’est à ne plus rien y comprendre (reste à savoir s'il s'agit d'un défaut français, ou si dans la version originale Choupette préserve son nom. Je ne sais pas...). Je crois que la Coccinelle a ici été rebaptisée en raison de sa liaison avec un autre véhicule, en la personne de Juliette, car bien sûr, vous comprendrez qu’une liaison entre une Choupette et une Juliette laisserait à penser qu’il s’agit d’une passion lesbienne, et laisser entendre une telle chose au public serait vraiment indécent en cette décennie 70. Mais dans ce cas, pourquoi ne pas avoir fait de Choupette un personnage féminin qui finalement tomberait amoureux d’un Roméo, ce qui aurait été tout à fait logique… A, mais non ! Pour des raisons purement sexistes, la star de la saga se devait d’être masculine et le film ne manque pas de nous le rappeler en parlant de Choupette comme d'un véritable gaillard, un bolide fier, ayant une personnalité de vrai bonhomme. Bon, mettons tout cela sur le compte de quelques maladresses, même si je crois que toutes ces anormalités du scénario auraient pu être évitées de manière très simple, mais comme on dit « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? ».

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