Symphonie de visages

Avis sur La Passion de Jeanne d'Arc

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Un film muet qui n'en est pas vraiment un : Dreyer souhaitait réaliser un film parlant et un problème technique l'en a empêché. Cela se ressent à la réalisation, basée presque uniquement sur les gros plans, ce qui confère au film, traitant du procès de Jeanne d'Arc, une grande solennité. L'oeuvre pourrait paraître redondante si elle n'était pas mêlée - second "anachronisme" - d'une seconde composition ; l'oratorio "Voices of light" de Richard Einhorn, écrit en 1994 (utilisée sur la version Criterion du film, établie à partir d'une copie retrouvée dans les années 1980). L'oeuvre minimaliste et puissante de Einhorn donne au film toute son ampleur. A l'image, c'est un défilé de visages marqués, burinés, qui donne corps à une "inquisition", institution ecclésiastique qui impose à Jeanne, en quelque sorte, de renier Dieu pour embrasser l'autorité de l'Eglise. Renée Jeanne Falconetti propose à voir un visage de femme. C'est bête à dire, mais c'est une richesse qui s'est tarie tout au long de l'histoire du cinéma, les femmes étant progressivement mises en scène sous les traits de "déesses" du 7e art, mono-expressives et caoutchouteuses ("Ne touchez surtout pas à mes rides, j'ai mis toute une vie à les obtenir" disait Anna Magnani à son maquilleur)

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