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Le Bounty par Vincent Formica

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En 1984, Roger Donaldson réunissait un casting impressionnant pour prendre part à une aventure épique, celle des révoltés du Bounty, fabuleuse épopée de ces valeureux membres d'équipage qui organisèrent une mutinerie contre le tyrannique commandant de la marine britannique William Bligh.

Le 23 décembre 1787, le navire de la Royal Navy, Le Bounty, appareille du port de Spithead en Angleterre direction de Tahiti dans le but d'embarquer des plants d’arbre à pain pour nourrir les esclaves des plantations des Antilles. Le commandant William Bligh, connu pour sa rigueur et sa fermeté, prend la tête de l'expédition. Durant le voyage de retour de Tahiti, face à la tyrannie et à l'acharnement de Bligh à vouloir passer le Cap Horn à tout prix, les membres d'équipage, menés par Fletcher Christian, l'officier en second, vont prendre part à une mutinerie visant à s'emparer du vaisseau et mettre fin à l'emprise despotique de Bligh.

La célèbre histoire du Bounty, fait réel et depuis entré dans la légende, a déjà fait l'objet de plusieurs adaptations cinématographiques. Après celle de Frank Lloyd (avec Clark Gable et Charles Laughton) en 1935 et de Lewis Milestone en 1962 (avec Marlon Brando et Trevor Howard), Roger Donaldson s'empare également de la barre du Bounty en 1984. Pour prendre part à la fabuleuse aventure, le réalisateur s'attache les services d'un casting stratosphérique. Laurence Olivier campe l'amiral Hood, Anthony Hopkins prête ses traits au commandant William Bligh, Mel Gibson joue son second, Fletcher Christian. L'équipage est aussi composé de Daniel Day-Lewis et Liam Neeson. Une distribution trois étoiles pour un film d'aventures homérique.

Avec ce film, on embarque littéralement sur Le Bounty pour prendre part à cette aventure fantastique. Les scènes de navigation, notamment celles du passage du Cap Horn sont réellement haletantes et nous réserve une bonne dose de sensations fortes. Images somptueuses, décors exotiques, le film nous transporte et nous emmène faire un voyage sur des terres inconnues qu'on est pas prêt d'oublier tant l'ensemble paraît d'un réalisme étonnant pour les techniques de l'époque (comme quoi, à l'ère du tout numérique, on retrouve avec joie le charme de ces films d'aventures d'antan aux effets visuels réalistes qui ne se faisaient pas devant un fond vert retouché sur ordinateur). Aventure, action, violence, romance, le film mélange savamment les genres pour nous plonger avec les matelots dans les eaux du pacifique. L'oeuvre est interprétée par des acteurs brillants, Anthony Hopkins en tête, le comédien dégage un charisme impressionnant et une force brute viscérale. On se plait à le détester tant son personnage devient un vrai despote mais on ne peut s'empêcher de l'admirer pour son courage et ses exceptionnelles qualités de marin. Mel Gibson, quant à lui, encore dans la fleur de l'âge, excelle dans le rôle de l'officier en second ; sa romance avec une des filles d'un chef Tahitien sera un des fils rouges les plus passionnants de l'histoire et servant de contrepoint à la discorde et à la mésentente régnant entre les membres d'équipage, presque tous remontés contre le tyrannique William Bligh. On se plaira également à voir le jeune Liam Neeson en matelot bagarreur et bourru et un Daniel Day-Lewis en officier intègre et droit dans ses bottes. A noter la superbe partition musicale concotée par Vangelis, d'un délice et d'un dépaysement absolu. En accompagnement des superbes images du film, la musique suave et toute en finesse du musicien grec se révèle un véritable régal pour les oreilles.

Le côté historique de l'aventure est également très intéressant, notamment en ce qui concerne le choc des civilisations et des cultures entre les britanniques et les Tahitiens, considérés comme des sauvages mais dont beaucoup de membres d'équipage finiront par adopter le mode de vie simple et en adéquation avec la nature, une des raisons qui provoquera la révolte, les matelots ne souhaitant plus supporter le despotisme et la rigueur de Bligh.

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