De l'humilité, de la poésie et des mathématiques

Avis sur Le Monde de Nathan

Avatar Maeva-Wallace
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Me voilà bien embêtée pour critiquer Le Monde de Nathan.
Pour rester dans le thème du film : procédons méthodiquement. En 3 temps, plus précisément.
Tout d'abord, si je suis embêtée, c'est parce que le film dans sa globalité m'a plutôt plu. C'est poétique, joli, très bien filmé et pensé, la musique est incroyable et les personnages sont attachants. Dans le Monde de Nathan, la poésie se cache dans les détails : sa vision du monde est suggérée par des plans originaux, colorés, esthétiques. Elle surgit également là où l'histoire d'amour se déroule. Cet apprentissage des sentiments entre en totale contradiction avec le cerveau excessivement méthodique et rationnel du jeune autiste et c'est intéressant. Cette histoire a tout pour susciter chez moi une belle émotion, et c'est, selon moi, la règle numéro un pour faire un film qui fonctionne.
Mais (il en fallait bien un) je suis embêtée parce que je reste sur ma fin. La première partie est prometteuse, le professeur de mathématiques - qui me semble être le cousin de Dr House - a du relief, le gamin joue bien, il a un parcours intéressant et on a de l'empathie pour lui qui n'en a pas. Puis arrive la seconde partie du film, celle où il finit son voyage initiatique à Taïwan et où ça se gâte un peu pour moi. C'est alors que j'ai l'impression que ce second temps est beaucoup plus dans le pathos que le premier : les personnages se perdent un peu dans leurs rôles et moi, je perds un peu cette touche de poésie qui m'accroche au départ.
Dans le monde de Nathant, il y a des embryons d'histoires, des pistes qui sont évoquées et qui semblent être un peu parachutés dans le scénario : je pense à la camarade blonde de Nathan qui semble en pincer pour lui, à son appétit inné pour la musique ou encore son enfance un peu compliquée. Je pense que si elles avaient été un peu plus creusées, ces pistes auraient permis de maintenir la magie du début. Cette magie unique du monde de Nathan ainsi exprimée aurait rendu le film encore plus cohérent, tel un théorème parfait ou tout s'imbrique pour créer un ensemble logique. Aussi, je suis embêtée : pourquoi une fin si brutale ? On nous prépare pendant 1h15 à une compétition, qui, en tout dure quelques minutes, et boum : un retournement de situation et c'est le générique. Il est vrai que cela donne de la force à la morale de l'histoire : les mathématiques ne sont qu'un palliatif pour Nathan qui remplace ses émotions par des chiffres. Une fois qu'il a découvert ce qu'il ressentait, les théorèmes sont bien futiles devant ses sensations. Mais cela n'en reste pas moins frustrant... Finalement, peut-être que ce film est à l'image du monde de Nathan : complexe et tiraillé entre raison et émotions.
Un peu comme moi après l'avoir vu aussi...

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