“Le rire tue la peur, et s’il n’y a plus de peur alors il n’y a plus de foi !” (Jorge de Burgos)

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Nord de l’Italie, an de grâce 1327, le franciscain Guillaume de Baskerville (Sean Connery) et son disciple Adso de Melk (Christian Slater) arrivent aux portes d’une abbaye Bénédictine surplombant une vallée piémontaise. Guillaume fait partie d’une congrégation de moines invités à confronter leurs idées avec les prélats du Pape Jean venus d’Avignon. Les hautes instances de l’abbaye arbitreront une controverse sur une question qui divise la chrétienté : est-ce que le Christ était pauvre ? Mais pour l’heure, le diable semble avoir élu domicile entre les murs de ce lieu reculé. En effet juste avant l’arrivée de Guillaume, un moine a trouvé la mort par défenestration. Est-ce un suicide ou un meurtre ? L’abbé (l’excellent Michael Lonsdale), maître des lieux, aussi énigmatique qu’intéressé, supplie à demi-mot, Guillaume de Baskerville d’enquêter sur cette affaire. Mais bientôt d’autres morts étranges viendront affliger l’abbaye. Dès lors, le spectateur entre de plain-pied dans un thriller historique labyrinthique (et ce n’est rien de le dire), d’après le roman homonyme d’Umberto Eco. Tout est noirceur et crasse dans cet endroit perdu, baigné dans une brume quasi-permanente. Le lieu semble abandonné, et paraît loin de toutes tentations (en apparence du moins), pourtant, la tentation est partout (le jeune Adso en fera les frais lors d’une scène à l’érotisme à la fois lyrique et sauvage). Jean-Jacques Annaud pose sa caméra dans ce lieu unique à l’aura inquiétante, et durant plus de 2 heures, le spectateur reste dans les traces d’un Sean Connery impeccable en Sherlock Holmes en défroques de moine. En véritable huis clos, Annaud enferme ses acteurs derrière les murs de cette forteresse de pierre et parsème son film de flash-back, de mystère, le tout, dans une ambiance de fantastique gothique. Comme une sorte de prolongement de “La guerre du feu”, la laideur et la difformité de certains personnages (véritables peintures humaines, voir une fois de plus Ron Perlman dans le rôle de Salvatore, bossu, le visage simiesque, parlant un mélange de plusieurs langues), sont en contradiction avec l’innocente beauté du jeune Adso et de la sauvageonne (Valentina Vargas). Le profane se confronte avec le sacré, enveloppé par la partition musicale du grand James Horner. À travers cette magistrale fresque, Jean-Jacques Annaud se veut l’arbitre entre l’obscurantisme religieux le plus abjecte : la Sainte Inquisition incarnée par Bernardo Gui (Franck Murray Abrahams), et la tolérance et le savoir, à travers Guillaume de Baskerville, qui lui-même, fût un Inquisiteur, avant que la raison ne le guide vers la lumière !

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