La magie du Moyen-Âge

Avis sur Le Nom de la rose

Avatar superjunior999
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Etant un amateur passionné de Moyen-Âge je ne pouvais pas ne pas voir "Au nom de la rose" et pourtant j'ai mis 19 ans avant de le faire.
Soyons d'accord dès le début, pour moi tout ceci n'est qu'une parodie, puisque historiquement RIEN n'est vrai. L'unique but de ce film fut pour voir de faire valoir les deux points de vues différents de conception de l'Eglise qui n'est bien sûr pas aussi rigide et stupide que ce qui est présenté dans le film.
Jean-Jacques Annaud réussit avec un talent exceptionnel à faire coïncider plusieurs réalités spécifiques à cette période sans toutefois faire trop d'anachronismes, ou de contre-sens. Ce qui choc à première vu, c'est le dépouillement absolu de décors, et une bande son minimaliste. Toutefois lorsqu'on prête une attention plus particulière aux acteurs, à leurs rôles, au contexte, à la scénographie qui est parfaitement bien représenté ici.
Je ne suis pas spécialement fan de Sean Connery mais le duo qu'il forme avec le jeune Christian Slater ici est très intéressant.
Nous voilà donc plongé dans une très très grande abbaye chrétienne du XIVe, probablement dans le Sud-Est de la France; où un franciscain (Sean Connery) est appelé pour résoudre une affaire étrange : un décès. Une enquête policière des plus rudimentaires mais très bien amené se développe, où nous assistons à une opposition permanente entre la jeunesse un peu naïve, représenté par le moinillon au visage innocent (Christian Slater), et l'âge empli d'expérience de Guillaume de Baskerville (Sean Connery).
La grande question que pose ce film, si tenté qu'il n'y en ait qu'une seule, est tout simplement quel importance donner au savoir, et jusqu'à où doit on défendre ce que l'on croit être juste, ou tout simplement exact ?
Et dès les premières minutes le spectateur rentre dans un univers austère et froid, où s'oppose raisonnement, intelligence face à la terrible et dangereuse ignorance. Le réalisateur pousse ces contradictions en travaillant énormément le maquillage des comédiens qui est sublime. Les "vilains" ont des horribles furoncles, des visages à faire peur, des mines mornes; mais les bons, les braves (qui ne sont qu'au nombre de trois finalement) ont le teint frais, clair et des traits lisses. Ce manichéisme absolue pousse à la bêtise, avec des scènes tout à fait absurdes dans la réalisation, mais cela créer un charme certain. L'"enquête policière" se déroule dans une situation de climat social effroyable, puisque deux optiques de la théologie se combattent : les franciscains et les autres, ceux qui obéissent à la vision du pape (qui rappelons le n'est pas si arrêtés que ce qui est présenté de manière caricaturé à l'extrême dans le film).

Un passage montre fort bien les différents conflits existants au XIVe que le film arrive à montrer : lorsque le père Guillaume de Backerville (Sean Connery) parle de son passé d'Inquisiteur, en évoquant bien le rôle initial de cette institution, qui était de guérir aider les individus, et surtout remplacer la justice populaire des rues, violente et cruelle par de véritables institutions.

N'oublions pas qu'il s'agissait pour l'Eglise de se défendre contre les folies collectives qui se développaient dans les campagnes, les sectes sataniques, les sacrifices, les rixes de rues, etc. L'Inquisition, trop souvent vu comme abominable et terrible.
Il faut rappeler que nous ne sommes qu'aux débuts de ce que sera la véritable Inquisition, qui ne prendra de l'ampleur que des décennies plus tard. Mais il est peut paraître normal de trouver dans ce film un ensemble d'éléments erroné sur le Moyen-Âge.
J'ai toutefois trouvé dommage que certains traits soient aussi exagérés, comme par exemple l'extrême saleté des paysans (qui ont le sait n'est qu'un préjugé que les gens ont sur cette période), ou la bêtise absolue de certains prêtres, qui devient parfois risible.
C'est cette "histoire d'amour" qui n'en est finalement pas une, au sens Hollywoodien du terme, qui offre une nouvelle perspective fascinante dans ce long-métrage, le beau Christian Slater rencontre la jeune Valentina Vargas, et seul des regards s'échangent, pas de mot, juste des émotions brutes et crus. Et je n'avais encore jamais vu ça, de l'amour jaillis, de véritables sentiments sortant de coeurs innocent.

Petit résumé :
Pour les amateurs du médiéval et des univers sombres, tristes et mystérieux, ce film est véritablement bon. Les véritables connaisseurs d'histoire seront choqués, mais prenons le avec des pincettes, il faut parfois se contenter de la beauté des plans et du jeu d'acteur très agréable. Il est dur, triste sans être larmoyant, mais vraiment beau.
Juste un regret, ne le découvrir que maintenant.

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