"Le vice appuyé sur le bras du crime" !!!

Avis sur Le Souper

Avatar Plume231
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Je me rendis chez Sa Majesté : introduit dans une des chambres qui
précédaient celle du roi, je ne trouvai personne ; je m'assis dans un
coin et j'attendis. Tout à coup une porte s'ouvre : entre
silencieusement le vice appuyé sur le bras du crime, M. de Talleyrand
marchant soutenu par M. Fouché ; la vision infernale passe lentement
devant moi, pénètre dans le cabinet du roi et disparait. Fouché venait
jurer foi et hommage à son seigneur ; le féal régicide, à genoux, mit
les mains qui firent tomber la tête de Louis XVI entre les mains du
frère du roi martyr ; l'évêque apostat fut caution du serment.

Chateaubriand - Mémoires d'Outre-tombe

La messe est dite...

Mais avant cela, le souper, après la défaite de Waterloo, la fin d'un régime, le choix d'un nouveau... Le souper entre deux hommes qui détiennent le pouvoir, le véritable, deux ennemis qui se haïssent et qui s'admirent en même temps, deux des pires prédateurs politiques de l'Histoire, ne reculant jamais devant une traîtrise et autre coup bas, la quintessence du cynisme, les nommés Talleyrand et Fouché ; le sort d'un pays entre leurs mains...

Deux titans qui s'affrontent. L'un pour imposer sa vision, la France doit être redonnée aux Bourbons pour rendre le pays stable et parce qu'il a réussi à sauver sa peau et sa carrière auprès de la famille royale, l'autre pour avoir des garanties que sa peau et sa carrière seront sauvées (ça peut coûter cher d'avoir participé à faire éternuer dans le sac un roi !)... Tous les coups seront bien évidemment permis, mais toujours avec des bons mots et une politesse de façade, entre gens bien élevés...

Ce n'est pas dans la mise en scène qu'il faut rechercher une quelconque originalité. C'est adapté d'une pièce de théâtre, et il ne faut pas chercher grand-chose d'intéressant de ce point de vue si ce n'est le choix du décor, à savoir l'Ambassade de Pologne à Paris, rue de Talleyrand, choix de décor très élégant, parfait pour notre action.

Non, là où on se régale vraiment, ce sont dans les dialogues, véritable festival de saillies, celles de l'ensemble de la vie des deux concernés regroupées dans une seule heure et demie ; quel plaisir d'entendre la langue française caressée dans le bon sens et dans toute sa richesse. Et puis, là où on se régale aussi, c'est dans l'interprétation de deux grands comédiens au sommet, Claude Brasseur, dans le rôle de Fouché, et Claude Rich (reposez en paix, je vous appréciais énormément !), dans le rôle de Talleyrand. Rien de plus, à dire...

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