Les 4 ass.

Avis sur Les 4 Fantastiques

Avatar Alyson Jensen
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Nouveau reboot dans le genre sur représenté du film de super-héros en collants, les 4 fantastiques de Josh Trank annonce dès la bande-annonce une œuvre froide, grave et mature. Voulant se démarquer sur le ton comme sur la forme de ses «illustres» prédécesseurs, L4F nouvelle formule pouvait difficilement faire pire. Et pourtant...

Et pourtant, oui, ça ne partait pas si mal. La première demi-heure s’attarde sur le lien qui unira à vie Red Richard à son meilleur ami Ben Grimm. Si cette relation n’est pas évoquée sans heurts ni maladresses, elle a le mérite de prendre son temps et de ne pas laisser le spectateur au fond de son cornet de pop-corn. La transmutation d'une amical en lien fraternel, où comment Red et Ben deviennent les frères Grimm... On se sent concerné par ses gosses et par leur avenir. Les ficelles sont grossières, les enjeux sans surprises, mais pour un film 100% Lycra il est toujours étonnant de voir quelques mailles en fibres naturelles.

Dès que nos enfants commencent à franchir le Mississippi et l’âge adulte, les choses se gâtent. Si l’intrigue principale s’était contentée d’être convenue, on aurait pu pardonner cet écueil que beaucoup de productions Marvelesques arborent avec fierté. Mais le principal défaut qui consume le concept même du quatuor héroïque est son absence d’osmose. En effet, alors que les 4 fantastiques sont censés représenter une «famille» fondée sur l’entraide dans l’adversité, bâtie sur une douloureuse épreuve commune qu’il faut affronter à plusieurs, Trank n’arrive jamais à lier son groupe, laissant chaque unité se démener avec ses petits problèmes d’égo. Pire, au moment de la révélation de leurs pouvoirs, à cet instant crucial, Trank brandit une ellipse narrative d’une année qui détruit irrémédiablement les raisons d’être de l’entité Fantastic Four. Ces moments grisants où l’on découvre en même temps que les héros l’étendue de leur pouvoir, où l’on voit se dessiner un avenir probable, un leitmotiv commun, aussi banals et régressifs qu’ils puissent être, il sont intégrés à l’adn des films de super-héros et régissent une partie de leurs codes. Sans squelette défini et ordonné, L4F n’est qu’une chose molle et informe. Jamais l’idée de groupe n’arrive à éclore car chaque individu est amputé de sa propre naissance en tant que sur-homme.

Si la relation d’amitié entre Red et Ben a le mérite d’exister, elle est bien la seule. Entre Johnny et sa demi-sœur Suzan, il faut déployer des trésors d’imagination pour réaliser qu’une relation fraternelle les unit. Aussi mauvais fut-t-il, le premier opus des FF donnait le change en terme de relation et les joutes verbales entre Jessica Alba et Chris Evans avait au moins le mérite de faire sourire. Ces taquineries sur-jouées tissait un lien, même grossier, que Josh Trank s’est crut bon d’économiser. Il en reste un groupe d’individualité que rien ne solidarise et dont les motivations égoïstes ne véhiculent jamais une sensation de justice, de vengeance, de liberté, d’aucune valeur attachée de près au super héroïsme.

En ce qui concerne le méchant de l’histoire, Victor von Doom est présenté comme un arriviste prétentieux et carriériste. Alter ego pseudo maléfique de Red Richard, il ne sert à rien, frise le ridicule dès son retour sur terre dans son combinaison kitch tout droit sortie de Jupiter Ascending. Son évasion du complexe militaro-scientifique en mode Tetsuo mérite à lui seul un procès de la part d’Otomo tant la scène plagie le chef d’œuvre Akira. Ridicule jusqu’au bout des implants, moins menaçant que le Chihuahua arthritique de ma voisine, Victor Von Down.

On nous promettait 4 fantastiques, il n’y en même pas l’ombre d’un. Avec ce film, Trank nous propose sa version à gros budget de son sympathique Chronicle. Si l’industrie hollywoodienne exploite le filon Marvel jusqu’à épuisement, ce minerai, pour beaucoup de réalisateurs, ressemble de plus en plus à de la kryptonite... Quand on pense qu’une suite est déjà sur les rails. Imaginez : Les 4 fantastiques 2 ! Ca fait 8 fantastiques ! Pour ma part, je vais prendre de l’ordinaire.

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