Panique à Bodega Bay

Avis sur Les Oiseaux

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Hitchcock est un maître du suspens mais il sait aussi jouer avec les intrigues romantiques. La première moitié des Oiseaux le prouve parfaitement. Dès la première scène il installe le jeu amoureux entre les deux héros qui nous jouent déjà le refrain du "Je t’aime moi non plus". Un démarrage piquant et enlevé pour une histoire alors presque uniquement centré sur la séduction et la vie de famille. C’est charmant, parfois drôle (les perruches qui penchent dans les virages) et permet au mystère de s’épaissir peu à peu, à la tension de monter d’un cran puis d’un autre jusqu’à l’attaque de l’école qui lance véritablement le film sur les rails du suspense et de l’horreur. La suite est un récital.

La scène dans laquelle Tippi Hedren fume devant l’école alors que les corbeaux se rassemblent dans son dos sur la cage à poules est un modèle du genre. Une efficacité redoutable. A partir de là les séquences s’enchaînent crescendo jusqu’au final apocalyptique qui a pu inspirer George Romero tant la situation est proche. Hitchcock ne se sent pas obligé de nous expliquer pourquoi les oiseaux attaquent et c’est pour le meilleur, le film n’en est que plus fort et troublant. Certains effets spéciaux et les transparences n’ont pas toujours bien vieilli mais le découpage et les effets sonores restent excellents.

Tippi Hedren campe une héroïne hitchcockienne un peu différente, une sorte de Paris Hilton des années 60 qui aurait mangé du lion, une fille à papa gâtée, menteuse et effrontée mais aussi volontaire et qui n’a pas froid aux yeux. Elle a du caractère et c’est elle l’héroïne à part entière du film, là où souvent les rôles féminins des films d’Hitchcock sont écrasés par leur partenaire masculin. Rod Taylor n’est ni Cary Grant, ni Jimmy Stewart et ça se ressent. Tippi Hedren n’a pas la même aura que celles qui l’ont précédé mais elle remplit son rôle parfaitement.

Cinquante ans plus tard, "Les Oiseaux" est toujours une référence bien que le genre ait beaucoup évolué et envoyé aux oubliettes nombre de films catastrophes ou d’horreur.
Le savoir-faire d’un grand réalisateur.

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