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Les cadavres ne portent pas de costard par LucasBillard

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Le réalisateur du film, Carl Reiner, est surtout connu pour avoir formé un duo télévisé avec le génie de la comédie américaine Mel Brooks (Young Frankenstein, Blazing Saddles, Spaceballs) et pour être le père du prolifique Rob Reiner (This is Spinal Tap, The Princess Bride, Stand by Me, Misery). Les cadavres ne portent pas de costards marque sa seconde collaboration avec l'acteur de comédie Steve Martin.

Ce que ne précise pas le synopsis, c'est le procédé de montage assez original employé tout au long du film. En effet, Carl Reiner réemploie de nombreux extraits de longs métrages (19 au total, surtout des films noirs) afin de faire se télescoper les séquences tournées spécialement pour le film et des scènes de films cultes. Une recontextualisation s'impose, le film est sorti en 1982, soit 11 ans avant La Classe Américaine de Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette. Dans ce dernier, l'histoire est entièrement construite à partir d'extraits de films de la Warner Bros. Dans le film de Reiner, non seulement la démarche du détournement était originale pour une production cinématographique, mais de plus les films employés proviennent de tous les studios confondus (Universal, MGM, Warner Bros, Columbia, RKO, Paramount). Enfin, à noter que contrairement au film de Hazanavicius, le travail de montage s'est doublé d'une conformation des décors du films à ceux des extraits utilisés afin de faire communiquer les deux univers.

Que l'on soit bien d'accord, l'intrigue du film n'est souvent qu'un prétexte à l'emploi de ces scènes antérieures, mais le sens du gag de Reiner et surtout le jeu sans pareille de Steve Martin parviennent à donner de la crédibilité à l'histoire. Dès la rencontre des deux personnages principaux, le ton du film est donné. Pluie battante, phares de voiture dans la nuit, accident de voiture, puis arrivée dans le bureau de Reardon lisant son journal. Voix-off du détective, on frappe à la porte, une ombre se dessine sur la vitre teintée. Derrière la porte, un jeune femme magnifique (Rachel Ward) qui s'évanouit dans ses bras. Tous les codes du films noirs sont convoqués ici et les personnages sont réduits à des stéréotypes, celui du détective qui en a vu d'autres et de la femme fatale. Finalement, le film ne sera qu'une suite de rencontre toutes plus improbables les unes que les autres avec des acteurs tels que Burt Lancaster, Ava Gardner, Ingrid Bergman, Cary Crant, Kirk Douglas, Vincent Price, Bette Davis et j'en passe ! Le comique de répétition savamment dosé (« Femme de ménaaaage », les balles aspirées etc.) et le noir et blanc assez bien soigné pour coller à l'esthétique des films qu'il parodie parviennent à faire des Cadavres… plus qu'un enchaînement de scènes détournées. On pourra penser rétroactivement au personnage d'OSS 117, revu par Michel Hazanavicius, au moins aussi charismatique et chanceux que Reardon lorsqu'il s'agit de lever le voile sur des complots qui le dépassent. Cependant, ici, Rigby se fait beaucoup aider par son mentor de toujours, Marlowe, autrement dit le personnage des romans de Raymond Chandler (Double Indemnity, The Big Sleep etc.) souvent interprété au cinéma par Humphrey Bogart.

Le finale foutraque et les nombreuses références au cinéma qui parsèment le film achèveront de faire passer un excellent moment à la plupart des cinéphiles.

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