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Mad Max 2 : Le Défi par Eowyn Cwper

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Après le très humble premier Mad Max fait avec deux bouts de ficelle, Miller a pu décupler don budget jusqu'à faire du Roadwarrior le film australien le plus cher à son époque. Grâce à ce coup de pouce du succès, le réalisateur a pu faire de ce deuxième opus sa vraie entrée dans son cher univers post-apocalyptique. Il y dépeint la décadence de manière plus précise, au point qu'il en a abandonné le mystère entourant la dévastation du monde. Un peu de clarté ne fait pas de mal.

Il y a malheureusement des choses que l'argent n'arrange pas ; la transparence de Gibson, par exemple. Mais on la peut mettre sur le compte de ses seize lignes de dialogue et de son rôle volontairement mutique. Mais il y a aussi le montage, qui est le procédé principal de prestidigitation du film ; c'est une erreur, à mon sens, car certains plans sont moches, des raccords sont horribles, et la façon dont les scènes sont accélérées a tout à envier à Fury Road, qui fait usage desdites avec beauté. Miller hérite bien là de son habitude à bricoler ses scènes avec pas grand chose, mais le résultat n'est pas présent.

Ce n'est pas non plus le scénario qui transportera l'appréciateur ; l'œuvre s'est délivrée du monde en s'isolant dans l'Australie profonde, mais elle s'enferme tout de même autour des moyens qui ont été mis en place pour elle. Les gentils, les méchants, le QG, les combats ; voilà tout le petit monde de Mad Max 2. Il essaye d'émanciper son personnage de son passé (et il faut admettre que Max est cohérent, qu'il n'y a pas de contraste avec son histoire dans le premier film), mais lui fait commettre une erreur grossière et le fait survivre à deux accidents monumentaux sans admettre un seul instant que c'est tiré par les cheveux.

Le film tire sa valeur du filon qu'il entretient avec dignité et audace. On y trouve déjà les éléments qui feront de Fury Road un bon film, et il ne se lasse pas de ses scènes impressionnantes et techniques. C'est tout un délire de cascadeurs, où parfois même les acteurs donnent du leur pour créer la symbiose entre l'Homme et la machine si caractéristique de la franchise. Et en parlant de cascadeurs, ce qu'on voit à l'écran est loin de s'être fait au prix de quelques bleus. En fait, on voit un homme voler littéralement, et la petite histoire nous apprend que son décollage est le fruit d'un accident qui lui a cassé la jambe. Et c'est la scène qu'on voit dans le film final, sans qu'on puisse s'en douter bien sûr.

On dépasse ici le cadre du « dur labeur » ; ce genre d'entreprise, quand elle est cohérente et axée autour d'une histoire sympathique et exploitant presque tous les moyens à sa disposition, accède forcément à un certain respect tacite, même si ça n'en excuse pas toutes les faiblesses.

Quantième Art

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