Emma in the moonlight

Avis sur Magic in the Moonlight

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Entre deux références fauvistes, la pâtisserie de Woody Allen édition 2014 est facilement oubliable bien qu'éminemment sympathique. Mais on pourrait dire ça pour un grand nombre des films d'Allen du XXIème siècle.
Celui-ci pêche particulièrement par sa prévisibilité. Au bout de 10 minutes, on se dit "ok, il va se passer ça, puis ça et enfin ça", et effectivement, il se passe ça, puis ça, et enfin ça... Mais c'est Woody sur la côte d'Azur, et pendant les Années Folles... Alors on se laisse aller à contempler des jolies robes, des paysages plus verts que nature ; à écouter des expressions anglaises datées et une musique qui grésille — un peu artificielle —.
Si je n'ai jamais réussi à aimer Colin Firth, il faut avouer que ce rôle lui va à ravir. Stanley est un véritable ersatz british du personnage cynique de Woody Allen, le côté maladroit en moins, le versant antipathique en plus. La salle rigole mais comme pour se convaincre de la finesse des répliques qui cinglent mais sans véritable panache, comme si Woody Allen n’avait plus que l’ambition du « un film par an », sans y mettre le contenu qu’il faudrait à chaque fois. Cette histoire de rationaliste extrémiste vaincu aurait pu être intéressante (surtout qu'elle reflète vraiment beaucoup le programme philosophique de l'ENS...) mais il ne se passe rien, des scènes se suivent, certaines convaincantes d'autres pas du tout, et c'est déjà fini, il y a le nom de ma maman au générique (un alter ego sûrement, la classe !) et on s'en va.

Mais si Magic in the Moonlight ne m’a pas convaincu, il m’a permis de mettre un mot sur le cinéma de Woody Allen.
Il est un cinéaste de l’attirance. À voir Emma Stone sublimée par tous ces costumes et toutes ces coiffures, à la voir définie par Stanley comme « big eyes and a smile… but so much more », je me dis qu’il a vraiment compris quelque chose. C’est pour ça que c’est chez lui que Scarlett Johannson et Ellen Page sont les plus belles, ou que Diane Keaton irradie le plus l’écran (pour la stricte beauté, Richard Brooks gagne ici). Le fait est qu’il aime les femmes et qu’il le leur rend bien. Au fond les yeux d’Emma font un peu peur, ses mimiques agacent souvent, mais le temps d’un film provençal, il n’y a plus qu’elle. Dans presque tous les films que j’ai vu de lui, il y aura un moment où un regard reflète cette attirance, et par une certaine magie, ce regard devient celui du spectateur. Au planétarium ou à l’observatoire, c’est la même histoire. L’attirance est toujours là, elle est toujours aussi puissante mais ce qui va autour a en revanche disparu…

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