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Maniac par Hugo Ponchut

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C'est long, c'est lourdingue, et globalement pour un film d'horreur, ben on s'emmerde.

La performance de Joe Spinell est à peine passable compte tenu de la subtilité nécessaire pour ce genre de rôle à plusieurs facettes type "mommy issues", sans comparaison possible avec Anthony Perkins (Psychose) ou Guy Stockwell (Santa Sangre).

La première partie du film (disons jusqu'à sa rencontre avec la photographe) est longuette en plus d'un aspect assez amateur, même si il y a quelques innovations : première fois que je vois quelqu'un réussir à crier tout en se faisant étrangler. La mise en scène, assez pauvre, ne se renouvèle pas d'un meurtre à l'autre (le montage qui s'accélère, les plans serrés sur les pas, mention spéciale pour le zoom saccadé particulièrement kitsch). Un faux raccord énorme dans la scène du métro : alors qu'elle se fait poursuivre dans une station déserte, un plan filmé depuis le métro qui s'éloigne nous montre des quais parsemés de voyageurs, qui se retrouvent à nouveau vide au plan suivant. La séquence qui suit dans les toilettes du métro est une des plus intéressantes car l'une des rares à créer un vrai moment de tension, malgré la propension grotesque de la victime à gémir et à glapir malgré le danger imminent (qui n'est pas sans rappeler la cruche à la fin de Massacre à la Tronçonneuse, qui ne cesse de s'époumoner tout en courant pendant vingt minutes, des fois que ça lui semble trop facile de ne pas s'essouffler ou que son poursuivant peine à la localiser).

La rencontre avec le personnage de la photographe aurait pu amener quelque chose d'intéressant, un déclic, un conflit intérieur du personnage qui aurait pu être développé, mais ça reste en suspens; finalement le film se clôt après un meurtre de plus, une course-poursuite débile dans un cimetière ou notre maniaque s'effondre après un coup de pelle sur l'épaule (?), puis quelques scènes d'hallucinations, où une fois rentré chez lui les mannequins prennent l'aspect des victimes à partir desquelles il a confectionné leurs perruques et l'assassinent. S'ensuit l'intervention policière la plus expéditive de l'histoire du cinéma : deux flics arrivent en trombe, sirène hurlante, découvrent le cadavre; jettent un oeil rapide aux mannequins (quand même intrigants puisque recouvert de sang séché qui a dégouliné des scalps servant de perruques), et quittent la pièce sans piper mot.
CLIFFHANGER LE MANIAQUE ROUVRE LES YEUX MALGRE SA MACHETTE PLANTEE DANS LE BIDE BADUM TSS

Bref, vous prenez un giallo, vous retirez toutes les qualités esthétiques, visuelles ou sonores, et il vous reste Maniac.

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