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Wachowski Ascending

Avis sur Matrix

Avatar Real Cosmic M
Critique publiée par le

Cette critique est une mise à jour plus développée de l'ancienne

The Matrix. Ouais, rien que le titre du film peut faire éveiller la bonne odeur des années 90 et des films cultes qui ont marqué durablement toute une génération, tant grâce aux prouesses techniques et que par leurs histoires. Oui comme beaucoup j'ai grandi avec ce film, que s'il n'était pas innovant en y réfléchissant (les John Woo, Blade, Terminator et Total Recall sont passés par là), reste l'un des meilleurs films que j'ai vu.

Réalisation vraiment bien pensée

Ce film était un chef d'oeuvre à sa sortie et il est tout aussi excellent à l'heure actuelle. Et même si aujourd'hui je vois quelques défauts mineurs, je le considère toujours comme un bon film. Je vais donc donner 2 défauts à ce film, ou plutôt un défaut : 2 situations assez clichées.

La première, Tank quand il va tuer Syfer et le fait qu'il balance une réplique en attendant 3 secondes avant de le tuer. La seconde, le fait que Neo "ressuscite" après le baisé de Trinity.

Et ...c'est tout. Ouais , il n'y a que ça. Léger non ? Oui car tout le reste est tout simplement excellent. Ce film se présente à la fois comme un film actuel et comme un film d'anticipation. Le mariage entre l'univers de la Matrice et le réel est vraiment bien et la mise en scène très inspirée et raccord. Oui visuellement on sent l'influence des films de John Woo, l'influence de Total Recall, mais c'est de l'influence plutôt bien digérer afin de créer un univers propre à Matrix, donc on est plus dans la sphère d'influence parfaitement intégrée (ou peut-être parce que Matrix m'a aussi bien marqué que les autres films). Et malgré ça, on a l'esthétique qui mélange bien l'aspect s.f que film d'action d'anticipation (oui. Formellement Anticipation est différent de la Science - Fiction). Et les bastons. Sérieusement. Même aujourd'hui, les bastons de Matrix sont parmi les plus marquantes du 7e art, tout comme les scènes de gunfight (même si pour ce dernier cas je préfère celle de Matrix Reloaded). Ce qu'il y a d'intéressant sont les personnages et ce qu'ils racontent.

La symbolique et l'homme.

Néo/Thomas Anderson (Keanu Reeves) possède un nom qui fait référence à sa notion d'élu. Néo pourrait être l'anagramme de Noé et Thomas Anderson, des références à Saint André et Saint Thomas (André étant l'apôtre n°2 de Jésus et ancien apôtre de Jean Baptiste (Anderson signifiant littéralement Fils d'André) et Thomas étant l'apôtre n°11). C'est un hacker qui va se retrouver dans un monde au delà de la caverne et qui va devenir bien malgré lui l'élu de toute l'humanité. Il intéressant même s'il est le héro de fiction à suivre littéralement l'archétype du véritable sauveur. A savoir que le héro sauveur est celui qui n'a pas désiré l'être. A détail à préciser, je ne sais pas si Keanu Reeves est un bon ou un mauvais acteur, car son tempérament va avec son personnage (il sortait de Speed où il était plus proche d'un Mc Clane). Dommage qu'il a réutilisé ce rôle dans le moins bon mais pas détestable Johnny Mnémonique.

Morpheus (Laurence Fishburne) est le personnage le plus classe de toute la saga avec l'agent Smith. Son nom qui est une référence au dieu du sommeil. Il est l'antithèse de Néo. Il est charismatique plus sûr de lui et croit vraiment en son idéal. C'est un maître Jedi très cool et qui est différent d'un Obi Wan Kenobi. On découvre l'univers avec lui et toutes ses scènes sont classes. Toutes. Ce que j'aime bien sont des dialogues qui font très manga avec des monologues philosophiques à la fois inattendus et sensés (chose que les Wachowski réutiliseront en plus fun dans V Pour Vendetta). Il n'est pas invincible et c'est ce qui rend le personnage plus humains (comme Néo en somme).

L'Agent Smith (Hugo Weaving). Déjà niveau nom, Smith est le patronyme le plus répondu dans les pays Anglo-Saxons, donc cela passe pour le personnage (devant les Agents Brown et Jones). Et c'est un bon antagoniste. Contrairement à Brown et Jones Smith est jaloux de l'humanité qui a réussi à sortir et il désire plus que tout de se libérer de la Matrice. Et on voit qu'il est aveuglé par son désir quant on analyse sa conversation avec Morpheus. Des 2 c'est lui le virus de la Matrice, car techniquement, c'est un programme et il n'a pas d'autonomie en principe. Mais me fait qu'il a finit par s'émanciper de la programmation montre à quel point il commence à être en danger pour les humains mais aussi pour la Matrice (chose qui se confirmera dans les suites). C'est aussi quelqu'un de calculateur et de dangereux, prêt à tout pour vaincre l'équipage.

Au niveau des méchants classes, on a aussi Cypher/Reagan (Joe Pantoliano). Du coup, son nom est une référence à Lucifer et Reagan a ... ok je viens de remarquer que les Wachoswky sont démocrates ! Et j'aime ce personnage qui avait toute les caractéristiques du comic-relief (en plus il est drôle) mais qui propose une réflexion pas si bête que ça quand on voit sa vraie nature. on-t-il raison de se libérer ou pas ? L'illusion est-elle meilleure que la réalité ou pas ? Son revirement est bien amené (même si je trouve sa mort un peu brutale) et c'est dommage qu'il n'y a plus ce genre de personnage dans les suites.

Trinity ( la sous-estimée Carrie - Anne Moss) est aussi une très bonne personnage qui rentre dans le cercle fermé des véritable personnages féminins badass (avec Niobé). Bon la référence est évidente, la Trinité, ce qui va avec son rôle de second de Morpheus. elle a une relation complexe au début avec Néo qu'on ne sent pas vraiment qu'ils seront en couple. Et c'est ce qu'il y a d'intéressant : Elle n'est n'a pas l'innocence d'une love interest mais n'est pas aussi pragmatique non plus. En plus sa froideur est une apparence qu'elle se donne afin d'être l'alliée compétente (chose qu'elle réitéra actuellement dans la série Jessica Jones).

Les autres personnages sont secondaires mais ils ont tous leur importance.

L'Oracle (Gloria Foster) est une sorte de maître Yoda fumeuse qui est vraiment cool. Elle se sert de tous les clichés qu'on peut s'attendre à ce genre de personnage et les démolit d'un coup et je trouve ça cool. Et évidemment, elle sait qu'elle doit laisser Néo se forger sa propre destinée car l'avenir dépend plus du personnage que ce qu'elle a pu en dire. D'où son coté énigmatique (et le gag du vase). N'est pas Civil War 2 ? Oui je continue à cracher sur ce comics !

Tank (Marcus Chong) est l'un des pilotes avec Dozer son frère (Anthony Ray Parker). Il a un rôle de guide plutôt réactif sans pour autant être anecdotique (les noms sont

Le Mulot (Matt Doran) est l'archétype même du jeune admiratif devant Néo. Quant à Switch et Apoc. Ce sont 2 membres d'équipage du Nebuchadnezzar (le même nom que l'Empereur Perse qui a conquis Israël à la fin du Livre des Rois.

Philosophie de la Caverne

En plus d'avoir une histoire somme toute classique. Ce film propose une autre approche de l'allégorie de la caverne, déjà entamé dans l'excellent film du Truman Show. Une approche moins allégorique, mais plus dans le style s.f d'action. Cependant, ce film est très inspiré des codes orientaux et de les limites entre réalité et fiction. Il brasse beaucoup de thématiques qu'on ne retrouverait pas dans un film d'action classique et qu'entre plusieurs ralentis et bullet time, propose une histoire prenante qui tient en haleine tout du long. C'est ce genre de film qui me permet de ne plus adhérer le faite que les films d'actions ont besoin d'être simple et cons pour être divertissants. Ce film brasse le meilleur de tous les genres pour en faire un film avec un univers bien à lui. Il est de part son esthétique un film d'action, de science fiction, post-apocalyptique et d'aventure, mais de part son histoire, on est pratiquement dans du film métaphorique, philosophique et aussi d'auteurs. C'est pratiquement le contre-exemple parfait de tout ce qu'on peut dire de ce genre de films, en plus dans un blockbuster. Je nuancerai en disant qu'il est l'un des contre-exemple parfait car plusieurs blockbusters intelligents sont passés avant (coucou les films de Verhoeven, Coppola, Spielberg, ou même des franchises comme la Planète des Singes. Je suis sûr qu'on peut compléter la liste), mais avec une ambition pas toujours évidente qui n'est qu'une façade au fond. Oui, derrière un blockbuster d'action on a un film d'auteurs philosophique très loin d'être complexe ou simpliste. Un film qui parle non seulement de la place d'un individu dans un monde dont il ignorait tous les rouages mais aussi es-ce qu'un individu est prêt à accepter une destinée qu'il subit au final. Bref, un film vraiment prenant.

Premier volet culte

Bref, ce film est indémodable et a laissé son empreinte dans le cinéma, prouvant qu'on peut mêler cinéma d'actions et bonne réflexion philosophique, chose qu'on pas vu jusqu'à ...Tigre et Dragon. Comme tout film culte, il a laissé un grand héritage et a propulsé les Wachowski comme réalisateurs qui comptent, contre vents et marées. Prenons la pilule rouge et entrons dans cet univers !

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