Comment vous dire… ce film est vicieux. Ce film est dur, écorché, strident. Ce film met mal à l’aise, vous fous les tripes, vous donne mal au ventre. Quand vous regardez ce film, vous avez un sentiment d’oppression qui ne vous quitte jamais.
Et comment vous dire… c’était parfaitement voulu.
Si Midnight Express nous prend aux tripes, c’est bien pour une raison. D’abord, c’est une histoire vraie, et surtout, la réalisation est sublime.
N’importe quel film de fiction sur la prison pourrait nous montrer de la violence, on n’en aurait pas grand-chose à foutre parce qu’on sait que c’est une fiction. Or, le récit de Bill Hayes est bien authentique. Certes, il est évident que le scénario ait déformé certains aspects de la réalité (en tout cas, j’espère pour Mr Hayes), mais une chose est sure, ce que nous voyons dans ce film a eu lieu.
On pourrait penser que Midnight Express ne dénonce que le système judiciaire turc et uniquement turc (puisque l’action se situe à Istanbul), mais les thématiques abordées sont universelles.
Ainsi, Alan Parker nous montre comment en un délit commis, toute une vie peut basculer. Le film cherche exprès la violence et les moments d’angoisse pour bien faire ressentir cette douleur qu’à vécu ce fameux Bill Hayes. Parker se lâche et nous expose à des scènes du violence inouïe, accompagné d’une ambiance glauque et malaisante à souhait.
Si le film est une véritable réussite, c’est parce qu’il va à fond. Alan Parker veut nous montrer les injustices judiciaires, la violence en prison, les crises de folies, et il n’y va pas par quatre chemins. Il fonce, et on se retrouve face à des scènes d’une intensité démesurée !
Midnight Express mérite largement son statut de film culte et est sûrement l’un des meilleurs témoignages de l’univers carcéral. Bref, une claque.