Perfect Mommy

Avis sur Mommy

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Difficile de s'en remettre. Une claque. Un film d'une beauté inégalée. En allant assister à l'avant première au Majestic de Lille hier soir, je m'attendais à un excellent film. J'avais des attentes. Cette montée dû aux différentes bandes annonces. A ce discours de Dolan à Cannes. Et merde ! Je ne suis pas déçu ! J'y pense encore. Je suis incapable d'oublier ce film. Je n'ai qu'une seule envie, y retourner.

C'est peut-être la première fois qu'un film me fait autant douter sur mes goûts, sur mes préférences cinématographiques, sur mes critères de jugement. J'ai l'impression d'un avant et d'un après Mommy.

Comme si en un seul film, rien de ce que j'ai pu voir auparavant, entendre, n'avait d'importance.
Comme si en un seul film, Xavier Dolan remettait en question mes 26 années d'une tentative (vaine) de me construire une culture personnelle.
Comme si en un seul film, en jouant avec les codes, en construisant l'un des films les plus aboutis qu'il m'ait été donné l'occasion de voir, il m'avait tout simplement éteint la parole tout en la libérant.

A travers les quelques critiques écrites ici et là, je m'attache aux sentiments, à ce que les films nous font, quelle importance ont-ils pour nous, personnellement. En quoi les films nous parlent, nous inspirent, nous font pleurer, nous font rire? Comment certains films peuvent provoquer en nous autant d'émotions, jusqu'à ne plus savoir lesquelles se détachent? Lesquelles émergent?

C'est peut-être la première fois que je reste autant scotché devant un film du début jusqu'à la fin. Qu'un film me fait rire, m'émeut, m'attriste, me rend joyeux, me fait du bien, me donne mal au ventre, me fait peur, me fait vibrer, m'enthousiaste, me parle autant alors que rien dans ce film se rapproche de ma personne. Je n'ai jamais autant voulu rester dans la salle après un film, le digérer, me poser, y penser, le laisser s'imprégner en moi.

Tout dans ce film respire la pureté. La beauté. La profondeur. Comment un mec peut-il marier Colorblind, White Flag, Wonderwall, On ne change pas ou encore Born To Die... avec autant de magie? Comment Dolan fait-il pour que tout paraisse naturel? Comment fait-il pour que je me retrouve en ce samedi matin à écouter Céline Dion? Lana Del Rey? Dido? Oasis? Comment fait-il pour que je cherche absolument à revivre cette expérience cinématographique? A vouloir tout faire pour éviter que ça retombe? Comment lutter contre l'oubli?

Comment faire pour écrire dessus, tout simplement? Comment parler de Mommy? Comment se mettre dans cette situation? J'en suis juste incapable, je ne sais même si au fond de moi je le souhaite. Je crois que parler du film en lui-même n'a réellement aucune importante, d'autant plus que je n'en ai pas la capacité analytique. Je crois que la seule chose que je souhaite ici, c'est faire en sorte que mercredi, dès sa sortie, vous y alliez, que vous vous laissiez faire, que vous vous attachiez à vous laisser porter. Par Mommy. Par Xavier Dolan. Par Anne Dorval. Par Antoine-Olivier Pilon.

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