Une anguille qui niaque le sexe, sous la surface

Avis sur Nymphomaniac : Volume 2

Avatar Danet Gné
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Critique suite à une rencontre sur la nécessité de parler de ce film avec mon amie Wandale... ce qui est montré, dans ce film, n'est jamais le caractère sexy du sexe, mais toujours ce que j'ai ressenti comme les soubassements inconsidérés de l'activité sexuelle, dans les lignes d'une subjectivité (foutue ?) en récit. Le visage moche de ce sexe car sans maquillage, sans sa représentation habituelle, qui a pris place dans nos cultures intimes. Sa vérité, sa frigidité, les sources matricielles de l'érotisme... et ma foi, si l'on s'en tient au sens commun, ça dégoûte un peu... mais au fond, on ne sait plus trop. Et c'est là que l'on rencontre le génie de notre réalisateur : qui a su avec passion, plonger totalement dans le film, dans sa nécessité, même dans ce que cela peut impliquer de plus dérangeant. Il voit cela, il y va. Puisque c'est ça, c'est bien ça. Il sait faire un film qui porte littéralement dans les entrailles de ses ondes cinématographiques le tremblement pur d'une logique subjective, mais jamais sexy, parce que le sexy, c'est la culture imposée. Dans une continuité sans repos d'oscillations dangereuses entre le gore cinématographiquement (= mais... ça, c'est extrêmement mauvais...!?) et le génie (il est allé là où personne n'ose, et je ne parle pas de caractère sexuel. Oser, ce n'est pas "pornographier"), Lars Von Trier fait un film parce qu'il y a vraiment un film à faire, et pas pour filmer un cul. D'ailleurs il le montre : vous aviez tord de vouloir regarder ça pour voir des culs, nous dit-il, maintenant, vous devez bien vous rendre à cette évidence qui se cherchait au dévoilement, et qui, admettez-le, vous plaisait... Ce n'est pas simple. Et ce n'est pas sexy. La culture imposée, même, il sait très bien onduler pour y échapper, enfermé dans son décor fauve et triste, dans le visage de sa jeune actrice, et se place toujours dans des situations dangereuses, je dirais même féministe, dans un slow crade et classe (du moins intègre, du côté du personnage comme du film) mais jamais consensuel. Outsider ce film.

Vous ne vous sentirez pas mieux, en voyant ce film, ni vraiment moins bien si vous savez comment y réfléchir peut-être, vous n'aurez pas envie de pleurer : c'est la vie, purement et tout bonnement, qui est là. Un sujet parlé avec un langage approprié.

Les deux films sont un seul film, selon moi, coupé en deux, pour des nécessités certainement de confort de visionnage etc. ... Aucune variation de qualité entre les deux sessions de deux heures. L'une est la suite de l'autre. Il se passe d'autres choses : elle a grandi.

C'est un film a regarder si l'on recherche d'un film qu'il vienne d'un artiste, mais il ne vous émoustillera pas, vous divertira encore moins.

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