Soupe SF de (grosses) tortues

Avis sur Osiris, la 9ème planète

Avatar Red Arrow
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On ne pourra pas enlever sa générosité à "Osiris la 9ème planète" en matière de SF, tout est là : colonisation intergalactique, complexe militaro-industriel aux intentions malveillantes, batailles de vaisseaux spatiaux, créatures issues d'expériences louches, survie dans un milieu carcéral futuriste, des rednecks junkies... Le tout est même ponctué d'émotions basiques du genre dans un univers pas trop mal retranscrit.

Seulement, l'impression d'assister à un fan film ayant bénéficié d'un budget plus élevé que la moyenne est, elle, aussi omniprésente. Cette production australienne réalisée par Shane Abbess n'est en effet qu'une immense accumulation de situations dénuées de la moindre originalité et croulant toujours sur le poids de références qu'elle ne parvient jamais à transcender pour proposer quelque de chose de véritablement neuf. De bon nombre de mangas jusqu'à un pan entier du cinéma SF (même "Star Wars" y passe), "Osiris..." pille à peu près partout, aussi bien sur le fond que sur la forme, pour constituer une intrigue qui, débarrassée de tous ses artifices scénaristiques, ne se résumera qu'à un père parti retrouver son enfant avant qu'elle ne se fasse croquer par une armée de tortues en surpoids (oui, ces bestioles sont la chose la plus originale du film). Afin de tenter de masquer cette simplicité, le film multiplie les écrans de fumée narratifs : chapitrage inutile, flashbacks sortis nulle part en plein milieu du film, ellipses plus que discutables (l'arrivée dans la ville), la volonté de construire de manière égalitaire les deux figures héroïques interprétées par Daniel MacPherson et Kellan Lutz... Si quelques-uns de ces procédés trouveront une justification dans la dernière et enfin surprenante partie (le meilleur moment du film) en donnant une profondeur inattendue au personnage de Kellan Lutz, l'opération se révélera finalement vaine au vu des évènements et des protagonistes encore bien mal dessinés qui l'ont précédé.

Dommage car ce dernière quart d'heure, lui, nous offrait enfin une direction intéressante par la nouvelle relation qu'elle mettait en place et bien plus pertinente en termes d'émotions complexes que le film peinait jusqu'alors à insuffler. Cette construction a sans doute été faite dans l'optique d'une suite (le titre original "The Osiris Child : Science Fiction Volume One" ne s'en cache pas) mais pas sûr que grand monde en réclame une à l'arrivée...

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