👉 20 mai : Mise à jour de notre journal de bord (qui devient hebdo)
Le bilan de la nouvelle version du site est accessible ici.

Les mustangs sont indomptables. Nedjma, 18 ans, étudiante, se faufile le soir à travers le grillage qui entoure sa cité universitaire. Elle rejoint une amie pour se rendre dans une discothèque huppée de la ville. Dans le taxi, de jeunes filles rangées, elles deviennent deux jeunes femmes sexy délicatement maquillées. Les mustangs sont indomptables. Dans la discothèque, Nedjma vend ses créations de jeune styliste aux jeunes algéroises de la bonne société qui profitent de la vie alors que des nuages noirs s'amoncellent dans le ciel.

Nous sommes dans les années 90, à Alger, au début des années de plomb. La mère de Nedjma est une femme discrète qui a connu la guerre d'Algérie, sans doute comme combattante de la libération. Les mustangs sont indomptables. Elle a élevé seules ses filles, dont l'aînée est une journaliste qui est aux avant postes d'observation du feu qui couve sous les cendres. Elle sera assassinée, par vengeance ou pour la faire taire, par une islamiste, sous les yeux de sa mère et de sa sœur. Les mustangs sont indomptables.

Nedjma est styliste et son art est ce qu'elle a de plus fort à opposer à celles et ceux qui veulent mettre l'esprit et les corps au cachot. Ils ne font pas qu'en rêver, ils passent de plus en plus souvent directement aux actes. D'abord par l'invective, l'intimidation et la menace. Les mustangs sont indomptables. Puis par une irruption, des armes à feu à la main pour assassiner. Un genou à terre, mais sans renoncer, Nedjma reprendra ses crayons, ses fusains et sa machine à coudre pour une ambition plus grande encore. Désormais, c'est tout Alger qu'elle et une amie survivante veulent habiller. Les mustangs sont indomptables.

D'un film je retiens toujours deux choses : ce qu'il a touché en moi pendant que la lumière était éteinte et le goût qu'il laisse dans la bouche quelques instants après en traversant le jardin public pour rentrer chez moi.

J'aime les combattantes et leur joie de vivre quoiqu'il en coûte, j'aime leurs moments d'hésitation et leurs doutes. J'admire leur courage d'avoir choisi de rester et de résister. En l'occurence, j'ai aimé leur enthousiasme et leur détermination, j'ai été sensible à leur indignation et leur douleur.

Je me suis senti impuissant, désarmé et envahi par une rage et une colère noire. Elles m'ont rapidement quitté pour laisser place au plaisir d'avoir participé un court instant au travail de Mounia Meddour qui s'est inspirée d'une histoire authentique pour son premier long métrage. Décidément, les mustangs sont vraiment indomptables.

Nielk
9
Écrit par

il y a 2 ans

29 j'aime

6 commentaires

Papicha
Nielk
9
Papicha

Critique de Papicha par Nielk

Les mustangs sont indomptables. Nedjma, 18 ans, étudiante, se faufile le soir à travers le grillage qui entoure sa cité universitaire. Elle rejoint une amie pour se rendre dans une discothèque huppée...

Lire la critique

il y a 2 ans

29 j'aime

6

Papicha
seb2046
7
Papicha

Entre us et coutures, la liberté secoue...

PAPICHA (15,8) (Mounia Meddour, ALG, 2019, 110min) : Percutant film contre l'obscurantisme algérien survenu entre 1991 et 2002 (la décennie noire), à travers le destin d'une jeune styliste de mode...

Lire la critique

il y a 2 ans

21 j'aime

7

Papicha
6nezfil
8
Papicha

Fière d'être algérienne

Papicha : à Alger, jeune femme drôle, jolie et libérée. Comme l'héroïne du premier long-métrage de Mounia Meddour, et aussi courageuse (inconsciente ?), obstinée et fragile. Dans la décennie noire de...

Lire la critique

il y a 3 ans

15 j'aime

3

En corps
Nielk
10
En corps

Critique de En corps par Nielk

Il fut un temps où l'idée d'aller à un spectacle de danse, qu'il s'agisse de la danse classique ou de danses plus contemporaines ne me serait pas venue à l'esprit et pour tout dire me paraissait...

Lire la critique

il y a 2 mois

26 j'aime

L'Appel de la forêt
Nielk
1

Critique de L'Appel de la forêt par Nielk

Quand l'écran s'est éteint et quand la lumière est revenue, j'ai vu au fond de la salle Jack London adossé à un mur. Son beau sourire n'illuminait plus son visage et je vis une larme couler sur sa...

Lire la critique

il y a 2 ans

26 j'aime

7

Antoinette dans les Cévennes
Nielk
9

Critique de Antoinette dans les Cévennes par Nielk

Je m'appelle Patrick, je suis dans la fleur de l'âge et toujours d'une grande disponibilité pour qui sait me parler et me prêter un peu d'attention. Ames solitaires et surtout sensibles, chaque...

Lire la critique

il y a plus d’un an

15 j'aime

6