N'est pas Spielberg qui veut

Avis sur Paul

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Nick Frost, isolé en mer pour animer une radio de rock (« Good Morning England »), Simon Pegg égaré du côté du « Monde de Narnia » (pour doubler la souris Reepicheep), le duo ne s'était pas retrouvé depuis 2007.
Après le film de zombies avec « Shaun of the dead », et le film d'action avec « Hot Fuzz », les deux humoristes britanniques s'attaquent au film d'extraterrestres. Mais si « Paul » est censé venir clore une quelconque trilogie, ce qui avait bien commencé, finit plutôt mal.
Frost et Pegg, partis sillonner la route 66 entre potes, en reviennent avec un scénario. Deux geeks anglais en expédition aux Etats-Unis, visitent les sites d'extraterrestres. Au détour de la zone 51, un alien sur Terre depuis 60 ans, leur tombe littéralement dessus. Paul a besoin de leur aide. L'Etat chercherait à se débarrasser de lui, n'ayant plus rien à lui apporter.
Divertissant les jours de pluie, « Paul » ne se révèle pas très drôle pour une comédie. Sauf si une accumulation de grossièretés dans la bouche d'un alien sans gêne vous fait rire. L'ennui finissant par l'emporter, on tente de rester éveillé en listant les clins d'œil faits aux vrais films de science-fiction et d'aventures. « Star Wars », « Indiana Jones », « E. T. », « Rencontre du troisième type », « X-Files », « Predator », « Men in Black »... On a même droit à une visite guidée du Comic Con (le geek qui sommeille en nous en aurait presque des palpitations sauf que c'est une reproduction donc c'est tout de suite moins drôle)... Mais tout référencer n'est pas suffisant. Alors on se raccroche à un caméo particulièrement jubilatoire. Non pas celui de Sigourney Weaver complètement prévisible... Mais celui de Jane Lynch. Voir Sue Sylvester (légendaire coach dans la série « Glee ») quitter son jogging pour se glisser dans la peau d'une serveuse plouc dans un bar pourri du Sud des Etats-Unis... ça, c'est drôle.
Sous la houlette d'un réalisateur US, Pegg et Frost perdent tout de leur saveur britannique. Malgré l'évidente sincérité, la sauce anglo-américaine ne prend pas.
Greg Mottola ne cache pas s'être inspiré du cinéma de Steven Spielberg (notamment de « Sugarland Express », « Rencontre du troisième type » et « E. T. »). Mais le jeune cinéaste, surtout connu pour être responsable de « Supergrave », n'arrive pas à la cheville, ni même à l'orteil, de son confrère. Il aurait été préférable que les deux acteurs réembauchent leur compatriote Edgar Wright, réalisateur et troisième main des deux films qui ont fait leur succès. Le plus important étant que Pegg et Frost n'attendront plus 4 ans pour se retrouver. On les reverra dès octobre 2011 dans les rôles respectifs de Dupont et Dupond dans le « Tintin » de... Spielberg. Mieux vaut s'adresser à Dieu qu'à ses saints.

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