Dialogue

Avis sur Pentagon Papers

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Partons d’un constat. Une grande partie de la critique (et des cinéphiles, ouvrons le débat aux aberrations rencontrées sur les réseaux sociaux !) n’a plus la moindre conscience du signifié de la notion de cinéma politique. Cela est logique en contexte. Dans une période marquée par le procès d’intention et le populisme, seules armes utilisées par une grande partie des progressistes pour contrer la réaction à l’ère numérique, le temps de l’analyse et du recul semble s’être estompé. Stigmatisons un double écueil.

1) Les critiques ont tendance à intégrer un spectre idéologique sur lequel les réalisateurs sont placés par les impressions, découlant des préjugés de chacun, faisant passer le film au second plan derrière une hypothétique intention du réalisateur. Steven Spielberg, le père d’un renouveau du blockbusters Hollywoodiens est forcément une cible privilégiée. Son cinéma porte de nombreuses étiquettes, accolées par dizaines au café du commerce cinéphile. Parmi celles-ci on retrouve l’idée d’un cinéma naïf, feel good, pro-américain (celui-là m’a toujours fait rire) ou carrément pro-capitaliste. Bien entendu toute ces foutaises ont diverses origines, aussi variées que des analyses bâclées, procès d’intentions en tout genre ou encore un anti-américanisme à la limite du supportable pour qui se revendique progressiste. Le meilleur moyen d’éviter d’aller dans le mur théoriquement parlant est encore de reprendre l’analyse et de se libérer de l’intention, au moins en partie. Parler de cinéma, oublier la littérature. Un instant.
2) Autre écueil, celui de privilégier les faits au discours lors d’une reconstitution historique cinématographique. Cette question est plus complexe car modifier des faits pour le bien d’un film peut s’avérer dangereux. Il faut s’entendre à savoir si cela a un impact sur le discours du film censé, pour qui entend le cinéma comme un art, vivre de lui-même. Le fait n’est, de ce point de vue et ce serait à nuancer, rien de plus qu’une histoire adaptable auquel il faut ajouter la précaution de ne pas en changer le sens profond. L’histoire est de toute manière subjective, c’est le propre de l’historiographie, elle-même une science. Comment imaginer dans ce cas que le cinéma, un art, ne le soit pas ? Que l’on se doivent d’être vigilants aux mensonges factuels ou aux tentatives négationnistes, il ne fait aucun doute, cependant, attention à la facilité populiste qui menace la critique.

Cette introduction me semblait indispensable au vu de mes lectures à propos du film. Je suis resté en sa périphérie, engageons-nous dans ses entrailles !

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