Pompéi, une déception à l'échelle de son titre

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Il n’y a définitivement plus rien de bon à tirer de Paul W. S. Anderson. Déjà depuis son calamiteux « Les 3 mousquetaires », au casting étrangement bien rempli (Orlando Bloom, Christoph Waltz, Milla Jovovich, Mads Mikkelsen), on le sentait en train de toucher misérablement le fond. Réalisateur de renom dans les nanars à gros budget (Resident Evil, Mortal Kombat, Alien vs Predator), lorsqu’il s’accapare des scénarios plus fantaisiste, on s’interroge et on craint.

Après avoir revisité à sa manière l’excellente histoire d’Alexandre Dumas, il s’attache aujourd’hui à déconstruire le mythe de Pompeï et de sa fameuse catastrophe du volcan qui a tout dévasté à une rapidité effroyable.

Pour cela, il se permet deux choses importantes pour faire croire à un scénario développé et intelligent, délivrant des messages forts et importants. Nous sommes d’abord confrontés à un homme devenu gladiateur esclave après avoir vu son village brûler et ses parents mourir devant lui lorsqu’il était enfant. Sentiments et psychologie sont nés. Pour enfin aborder l’histoire d’amour la plus risible et la moins crédible de l’histoire du cinéma. Humour et désespoir naissent à leur tour.

Alors que le premier plan, la première séquence, la première scène, laisse pantois par sa beauté, au su du moins de ce qu’est (ou plutôt n’est pas) capable de faire Paul W. S. Anderson, on se sent immédiatement conquis. Conquis de voir enfin le réalisateur s’attacher aux effets de style plutôt qu’à une vague mise en scène peu inspirée. Douce illusion très éphémère qui nous ramène aussi vite à la réalité que le temps de dire Pompei.

Difficile de croire que le réalisateur a révisé ne serait-ce qu’un seul instant son sujet. Bien que les décors et les costumes soient extrêmement soignés et particulièrement bien fabriqués, cela n’empêche pas de retrouver tous les clichés possibles inimaginables, allant des films d’action jusqu’aux films d’amour, en passant par les films catastrophe. Même s’il y a finalement peu de fonds vert utilisés, préférant les décors naturels et les reproductions en studio, il n’empêche que l’on retrouve une mise en scène très similaire à « 2012 », qui valait lui aussi son pesant de nullité.

Dans un souci de réalisme toutefois, nous pouvons honorer Kit Harrington, à l’en croire, qui aurait étudié assez assidument les techniques, déplacements et postures des gladiateurs afin de reproduire au mieux leurs mouvements et d’avoir l’air le plus crédible possible. Ce qui est fort dommage c’est qu’il semble manifestement être le seul de toute l’équipe à avoir agit ainsi. Par conséquent il effectue en effet des gestes différents de ses comparses, malheureusement étant le seul à agir de cette manière, difficile de ne pas le trouver ridicule à voir.

Ce sont surtout les personnages et l’histoire qui ne sont pas travaillés. Les protagonistes n’ont aucune véritable personnalité, aucun d’entre eux ne donne vraiment envie de l’apprécier, y compris Milo malgré l’affection que je porte pour Kit Harrington. Le directeur de casting n’a joué que sur l’effet de mode des acteurs, Harrington pour son rôle de Jon Snow dans Game of Thrones, Emily Browning l’héroïne de Sucker Punch ou Les âmes vagabondes et enfin Kiefer Sutherland actuellement en recherche d’emploi stable. Dès les 10 premières minutes nous savons exactement comment tout va se terminer et ce n’est que le rire de désabusement qui nous tire de la torpeur.

Car de la torpeur, il y en a ! Des répliques et punchlines répétitives à veux-tu en voila entre Milo et Atticus qui n’apportent rien à l’histoire ; comparez vos quéquettes immédiatement ça ira plus vite, mais y en a quand même un des deux qui est noir, je ne veux pas être pessimiste pour l’autre. Ces fameuses scènes de course poursuite où le monde entier s’écroule autour de nos héros, sauf la route qu’ils utilisent. Inutile d’énumérer une par une les scènes toutes plus affligeantes d’incohérences, de niaiseries insoutenables, d’action sans saveur et de situations parfaitement improbables. C’est une histoire qui est censée pouvoir s’être produite il y a presque 2000 ans, pas un scénario futuro-contemporain avec des chevaux capables de s’arrêter instantanément pour faire un saut épique à travers de la fumée.

De scènes intéressantes nous ne retiendrons que les premières jusqu’à la rencontre entre Milo et Cassia, ainsi que les scènes dans l’arène (car il faut l’avouer, un combat au milieu d’une arène, ça a de la gueule, quelque soit la qualité générale du film). Mais cela fait bien peu face à tous les échecs engendrés dans le film qui dissimulent rapidement les quelques bonnes idées et intentions. Affaire classée lorsque la scène finale arrive et clos l’histoire dans un excès d’immondice, à ranger dans les oubliettes.

Au moins avec ce réalisateur on peut s’amuser à inventer des termes rigolos pour définir son cinéma. Car il est vrai qu’à chaque production, son lot de désillusions. C’est peut-être ça la force d’Anderson l’usurpateur, désillusionner le spectateur qui ne s’attendait déjà à rien. Chapeau l’artiste.

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