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Princesse Mononoké par Pierre Marot

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Évacuons rapidement l'évidence : la musique, l'animation, le dessin, tout est somptueux. Il est inutile de tergiverser, sur le plan technique, ce film est un chef d'oeuvre. Il ne sera pas nécessaire de redire que la forêt interdite est aussi bien féérique qu'inquiétante d'étrangeté, que l'animation des sylvains offrent un décalage entre la nature et une forme de mécanisme, qu'on parvient à lire des émotions sur le visage d'un sanglier, que le dieu de la forêt parvient à être au-delà de notre compréhension... Bref, les tableaux de Princesse Mononoke sont vraiment magnifiques, et toujours appuyés par une musique tout aussi émouvante et évocatrice.
Comme je l'ai dit, c'était l'évidence ; c'est un film de Miyazaki, ce qui implique une certaine maîtrise.
Trois personnes, San, Ashitaka et Dame Eboshi. Trois visions du monde, trois idéaux. Quelle est la place de l'homme dans la nature ? Trois réponses différentes, contradictoires et impossibles. Si le film essaie de maintenir un équilibre entre ses positions, il trébuche à la fin avec son final ; l'un des trois mourra, mais sans pour autant que ça invalide complètement sa position : un nouvel équilibre reste à trouver entre les deux protagonistes, entre les deux mondes, entre la société industrielle qui permet aux hommes de s'arracher de leur condition animale et une nature fantastique, sauvage, pure. Ce final pose bien plus de questions qu'il n'en referme, prolongeant la réflexion bien après le générique de fin.

  • L'amateur de personnages torturés ne peut s'empêcher d'admirer la caractérisation d'Ashitaka, toujours sur le fil du rasoir, maintenant l'équilibre pour lutter contre sa malédiction, sachant se servir d'elle en dernier ressort mais avec toujours cette volonté de chercher la coexistence pacifique. C'est probablement le héros du film.
  • L'amateur de personnages forts ne peut s'empêcher d'admirer San. Sa scène d'introduction est magistrale, sa détermination sans faille dans sa lutte contre Dame Eboshi, prête à se sacrifier pour sa cause, ses sentiments ambigus envers Ashitaka en font un grand personnage du septième art ; le film porte son nom, et c'est bien mérité. C'est probablement l'héroïne du film.
  • L'homme du XXème siècle ne peut s'empêcher d'admirer Dame Eboshi pour son œuvre émancipatrice envers femmes et lépreux. C'est probablement l'héroïne du film.

Voilà pourquoi j'aime ce film, il ne sombre jamais dans la facilité dans sa réflexion écologiste, il ne considère jamais ses protagonistes comme des vilains mais parvient à justifier l'ensemble des causes décrites.
Si on considère ce que j'ai écrit en introduction de cette critique sur la forme de ce film, il est évident que Princesse Mononoké est un chef d’œuvre.

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