Pupille

Avis sur Pupille

Avatar Marie Marguerite
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Etant allée voir Pupille sur le tard, j’avais déjà eu échos des critiques unanimes sur le film : une très belle surprise. Nombreux sont allés voir le deuxième long-métrage de Jeanne Herry sans en attendre beaucoup et en considérant simplement que le sujet abordé pouvait être intéressant. Nombreux aussi sont ceux qui en sont sortis les yeux plein d’émotion et le cœur réjouit d’avoir été spectateur d’un si beau film : et c’est également mon cas.
S’il fallait résumer Pupille en un mot, ce serait la justesse. Tout d’abord la justesse du regard que la réalisatrice pose sur ce processus d’abandon et d’adoption. Tous les maillons de la chaîne sont présentés de manière à révéler leur importance, leur subjectivité et leur fragilité. Cela commence par la mère qui prend la décision d’accoucher sous X et d’offrir à son enfant une autre vie que celle à laquelle il était destiné en restant avec elle. Cette dernière n’est pas montrée comme une femme irresponsable ou cruelle, mais bien comme une jeune fille dépassée par les événements et qui, tout en n’éprouvant aucun attachement vis-à-vis de son nouveau-né, lui souhaite d’être aimé et d’être heureux. Les agents hospitaliers, eux, balancent entre processus administratif et affectio à l’égard de ce nourrisson qui prendra le nom de Théo. Puis interviennent les services sociaux, et plus particulièrement les personnages de Sandrine Kiberlain et Gilles Lellouche, qui donnent cœur et âme pour réussir le sauvetage émotionnel de Théo.
La justesse du regard se retranscrit à la caméra par des plans très rapprochés qui saisissent le moindre émoi, le moindre geste, le moindre changement de regard. S’ils peuvent désorienter le spectateur au premier abord, on comprend par la suite leur caractère essentiel dans un film qui met l’émotion au premier plan.
Cette caméra ne montre pas simplement un processus d’accueil social et d’adoption mais montre les acteurs qui rendent ce processus possible. Ce sont eux, ce sont leurs forces, leurs convictions et leurs moments de faiblesses que Jeanne Herry place au centre de son film.
Pupille est un très beau film qui arrive, en se penchant sur un sujet de société bien précis, à faire ressentir aux spectateurs les émotions du grand cinéma.

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