Bon Baisers des 90′s

Avis sur Ricochet

Avatar PatriceSteibel
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Quand il sort aux USA Highlander de l’australien Russell Mulcahy n’y rencontre pas le même succès qu’en Europe mais démontre néanmoins que le le talent visuel de l ancien clippeur ("Wild Boys" pour Duran Duran) peut s’exporter sur grand écran. Le producteur Joel Silver roi de l’action (Lethal weapon,Die Hard) toujours a l’affût de talents pour ses production d’action le recrute.

Il jette son dévolu sur un script de Menno Meyjes ("La couleur pourpre") thriller devant être mis en scène par Fred Dekker ("Monster Squad") avec Kurt Russell. Mais cette histoire d’un procureur objet de la vengeance d’un criminel qu’il arrêta des années en arrière alors qu’il n’était que simple policier ne suffit pas à Silver qui ne veut pas d’un thriller conventionnel mais d’un véhicule d’action. Il fait alors appel a Steven de Souza son scénariste maison (48 Hrs, Commando) pour l’adapter. Il pimente l’affaire de tous les ingrédients en vogue à la fin de ces années 80.

Die Hard a popularisé sinon introduit avec Hans Gruber le bad-guy supérieurement intelligent alors que l’année précédente a vu le triomphe d’Hannibal Lecter dans le "Silence des Agneaux». Que cela ne tienne DeSouza fait d’Earl John Talbot interprété par John Lightgow ("Blow Out") un mix des deux précédents!

La fin des années 80 ont vu l’émergence du Gansta Rap’ qui défraie la chronique, Silver recrute alors un des papes du mouvement Ice-T qui ne se fait pas prier pour rejoindre le film comme acteur tant l’influence du cinéma est présent dans ses (explicit) lyrics. Il interprète un ami d’enfance devenu un "gangsta" vers qui le vertueux Denzel se tournera pour l’aider a prouver son innocence. Bizarrement l’auteur du polémique "Cop Killer" incarnera presque toujours des gentils à l’écran pour finir par un rôle récurrent de policier Law & Order: Special Victims Unit.

Pour contenter le public d’Highlander DeSouza mijote une scène de prison ou les détenus revêtent des armures de papier et s’affrontent a coup de barres de fer qu’ils manient tels des sabres. Mulcahy les filme comme il le faisait des combats d’immortels de son chef d’oeuvre (oui j’adore Highlander!!) utilisant même son fameux travelling au ras du sol .

La conclusion de cette somme toute classique histoire de vengeance n’est pas suffisamment spectaculaire au gout de Silver qui commande pour rameuter le public du chef d’oeuvre de McTiernan un final pyrotechnique ou les adversaires s’affrontent au sommet de deux tours d’acier!

Ainsi né un film qui un hybride de toutes les tendances du moment (je passe des épisodes WTF tel le vilain qui fait violer le héros inconscient par une prostituée pour lui refiler la chaude pisse!). Mulcahy y apporte toute son énergie visuelle pensant décrocher avec ce film son ticket dans la A-List. Hélas l’échec du film brisera cette aspiration et Denzel Washington devra attendre quelques années de plus pour que Malcom X et Philadelphia en fasse une star.

Oublié aujourd’hui Ricochet est une véritable time-capsule de cette époque bénie, pur film d’exploitation avec un budget de superproduction et des comédiens de première classe que je recommande chaudement !

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