L'archer de Sherwood a plus d'une corde à son arc

Avis sur Robin des bois, prince des voleurs

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A peine sorti de l'uniforme du lieutenant John Dunbar de Danse avec les loups, Kevin Costner enchaînait avec ce blockbuster flamboyant au casting éblouissant, qui revisite le mythe du héros de Sherwood, immortalisé en 1938 par Errol Flynn. Ce dernier a fortement marqué le rôle dans ce chef-d'oeuvre incontesté du vieil Hollywood. Il n'était donc pas question d'enfiler les collants verts et le petit chapeau à plumes, le réalisateur et sa star-producteur souhaitaient bousculer un peu la légende.
L'approche est donc plus physique, elle s'adresse à de nouvelles générations qui n'ont pas forcément vu la version Errol Flynn, le héros est un chevalier médiéval qui se place en vrai redresseur de torts, il revient des croisades, paumé et démuni, il va apprendre la noblesse du coeur et l'héroïsme. Le réalisateur insiste donc sur le côté romanesque et l'exploit héroïque des scènes d'action rondement menées, dont certaines tournées en France à la Cité de Carcassonne (le gibet final), le tout servi par une excellente partition de Michael Kamen très médiévale (souvent utilisée pour les spectacles de chevalerie dans les châteaux forts en France), sans parler de l'incontournable chanson de Bryan Adams, "I do it for you" (qui figure dans mon top10 des chansons de films).
Sinon, les grandes lignes ne sont pas trop modifiées, Robin affronte un shérif de Nottingham perfide et sa sorcière, fait ami-ami avec un impressionnant guerrier mauresque ramené des Croisades, et séduit la belle Marian. Seul apport totalement nouveau : l'humour souvent inattendu de certains personnages : excellent Alan Rickman qui cabotine joyeusement en sherif, celui plus truculent de frère Tuck accro aux chopines de cervoise, ou plus curieux, celui d'Azeem qui jette sur la société féodale anglaise un regard ironique, à travers la performance de Morgan Freeman. Son personnage sert à exprimer une leçon de tolérance et un contraste entre lui le "sauvage" et ce Moyen Age anglais et barbare, un joli rapport de forces à l'envers.
Le personnage de Lady Marian correspond aussi à un nouveau statut de femme plus indépendante et forte, et beaucoup moins soumis que dans les précédentes versions, et c'est joué finement par Mary Elizabeth Mastrantonio. On a encore la scène d'ouverture en Terre Sainte qui donne tout de suite le rythme du film, les fameux plans en caméra subjective des flèches se plantant dans l'arbre (par la suite très imités), et la séquence finale où le caméo de Sean Connery en roi Richard non crédité au générique (par amitié pour Costner, suite à leur collaboration sur les Incorruptibles) qui vient clore ce merveilleux spectacle familial. De son côté, Costner prend son rôle au sérieux et s'investit totalement en optant pour un costume de cuir très seyant et au point de se geler les fesses dans un torrent pendant 4 jours de tournage pour la scène de duel au bâton avec Petit-Jean. En plus, à la fin du tournage, il savait tirer à l'arc comme un vrai archer pro, suite à 2 semaines d'entraînement intensif. Bref, c'est de la grande aventure médiévale, du grand et bon cinéma de détente.

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