Ne détourne pas le regard

Avis sur Salo ou les 120 journées de Sodome

Avatar Cristaline63
Critique publiée par le

Avertissement : ce film est une torture visuelle.
La fatalité des conditions nous emprisonne dans notre dégoût. Les scènes répugnent, aucun mot n'est assez suffisant pour décrire leur horreur. Il est assurément très difficile de noter ce film tout en essayant de garder une certaine objectivité... N'espérez pas regarder Salo sans broncher une fois, c'est une expérience cinématographique à part, qui nous laisse sans voix. La torture imposée aux jeunes victimes nous est transcrite directement à nous, spectateur avec une ruse particulièrement sadique... La poésie musicale de Chopin par exemple aposée sur l'ambiance anxiogène des récits érotiques et des violences est un douloureux mélange qui marque au fer rouge. Salo, ou les 120 journées de Sodome est décidément un film qui laisse des traces dans l'esprit, sans pour autant être subversif en toute gratuité.

Pasolini nous entraîne dans ce château épouvantable, cette forteresse où Dieu n'a pas sa place comme avait déjà dit Camus à propos de l'oeuvre de Sade. Les quatre hommes se cachent du regard de Dieu, ils se cachent pour pouvoir enfin assumer leurs désirs les plus abjects.
Salo soulève des centaines de questions philosophiques, politiques, morales, religieuses etc... L'oeuvre de Sade couplée aux événements qui se sont déroulés sous l'Etat fasciste de Mussolini forme une réalité très pertinente et intelligente.

Une fois le désir A satisfait quid du désir B et puis du C , il n'y a plus de fin à la satisfaction de ces derniers.. Ce mécanisme infini nous est dévoilé dans ce film où les désirs s'enchaînent et deviennent de plus en plus atroces tout au long, le ton monte de mal en pis.

Que se passe t-il si l'on brave tous les interdits moraux les plus tabous de notre existence? Du désir fécal au travestissement, de la pédophilie à l'hyperviolence tout y passe.. Toutes ces volontés inconscientes. Toutes ces personnes déshumanisées qui montrent le côté le plus sombre de l'homme nous dégoûte, mais au final ne serait ce pas la personnification de notre inconscient ? Une idée Freudienne sans aucun doute qui nous terrorise, nous rebute et nous fait fermer les yeux face à certaines scènes.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 769 fois
3 apprécient

Autres actions de Cristaline63 Salo ou les 120 journées de Sodome