Spider-Man, reboot et re-reboot : de l'icône au personnage secondaire et de l'incertitude sur le MCU

Avis sur Spider-Man : Homecoming

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Pre-scriptum

Cette critique ne va pas être « classique » (as usual, pour les habitués de ma page SensCritique), mais va plutôt porter sur un problème gros comme une maison, dans le cas de Spider-Man : Homecoming : la marginalisation de la figure iconique qu'est Spider-Man, à l'origine. Je précise aussi que je suis un fan de Spidey depuis ma plus tendre enfance et que je n'ai vraiment, vraiment, vraiment PAS DU TOUT aimé Homecoming. Je vais néanmoins m'efforcer de prendre de la hauteur, car, une fois de plus, le but ici ne sera pas de « descendre un film » mais d'expliquer comment, à mon sens, on peut se planter créativement à la base, en faisant de l'homme-araignée, un faire-valoir comic-relief qui n'a rien, mais absolument rien de l'icône qu'il est censé représenter.

Sans encenser les sagas précédentes (celles de Raimi et de Webb, en l'occurrence), il sera crucial d'en parler pour mieux comprendre où je veux en venir car tout le monde ne lit pas les comics (j'essaye de m'y mettre mais c'est un joyeux bordel) et il est plus facile de communiquer des arguments avec les films qu'avec un obscur numéro de comics des années soixante que même les fans hardcore ont oublié.

J'espère que cela vous plaira et que, que vous ayez aimé Homecoming ou pas, nourrira votre réflexion sur le film et, comme j'ai l'intention d'en parler, sur l'univers étendu du MCU en général. Bonne lecture !

Introduction

J'aime Spider-Man. J'ai grandi avec la série animée des années 90 (Spider-Man : The Animated Series), je jouais avec des figurines de lui petit, je portais des vêtements à son effigie et j'ai chouiné comme pas possible, quand ma mère et ma grande sœur sont parties voir le premier film de Sam Raimi en 2002 sans moi parce que j'étais trop jeune (quatre ans et demi, plus précisément).

Spidey, ce n'est pas un simple « super-héros », pour moi ; c'est une icône : un intello un peu « maladroit », blagueur, parfois arrogant mais toujours prêt à se dépasser et à être un héros pour les autres, tout en gardant les pieds sur terre et en n'oubliant pas le gars simple (sans être simpliste ou simplet) qu'il est.

Pour tout vous dire, j'aime tellement Spider-Man qu'avant la naissance du Marvel Cinematic Universe, j'ignorais totalement les autres super-héros Marvel parce que c'était l'homme-araignée que je voulais voir, avant tout.

L'idée d'un Marvel cross-over avec Spider-Man au cinéma ne m'a donc jamais réellement intéressé, même si je suis parfaitement au courant que c'est fréquent, dans les comics ; estimant que Peter Parker est aussi grand qu'un Bruce Wayne ou qu'un Clark Kent et que donc, il peut très bien exister par lui-même dans son propre univers (à l'inverse des X-Men qui sont d'abord un groupe, quelque soit... X [pun intended]), je ne me suis jamais dit : « faut absolument le rattacher au ciné avec d'autres super-héros Marvel, ça uuuuuurge ! »... Contrairement aux Marvel Studios.

Je ne doute pas du fait que Kevin Feige et tant d'autres « créatifs » du MCU doivent vraiment aimer Spider-Man. Cependant et je sais que ça va en faire grincer des dents plus d'un, je vais tenter de vous expliquer pourquoi, à mon sens, Spider-Man n'a absolument rien à foutre dans le MCU ou du moins, dans sa configuration actuelle et dans la façon dont Tom Holland (qui le joue dans Homecoming) l'interprète.

Nous aborderons d'abord le gros problème des ayants-droits de Spider-Man, à Hollywood en nous intéressant ensuite au film Spider-Man : Homecoming dans tout ça, en questionnant après la durabilité de l'univers étendu du MCU pour terminer sur le problème de la continuité, chez les films de super-héros.

I. Spider-Man : ce joujou de Sony

Peut-être que les moins attentifs d'entre vous ne le savent pas mais, quand Iron Man (réalisé par Jon Favreau) sort au cinéma en 2008, il n'y a pas un seul et même univers Marvel au ciné : il y en a trois → l'univers de la Twentieth Century Fox qui concerne les X-Men, Deadpool, Daredevil (never forget) et les Quatre Fantastiques, le Marvel Cinematic Universe, tout juste initié par Iron Man et l'univers de la Columbia Pictures, avec Ghost Rider (OSEF / 20) et... Spider-Man, le tout détenu par la maison-mère, à savoir, Sony Pictures Entertainment.

Il faut savoir que, si un film comme Avengers (réalisé par Joss Whedon) en 2012 était inimaginable il y a encore cinq ans auparavant sa sortie, c'est bel et bien à cause du fait qu'à Hollywood, les ayants-droits et les super-héros, c'est le darwah le plus darwahesque qui soit, tout simplement parce que quand des gros studios ont en face d'eux, une géante mine d'or, la guerre pour choper le plus de super-héros dans son écurie est lancée (je mettrai d'ailleurs en fin de texte, plein de liens pour vous permettre de jeter un œil à tout ce bazar). De plus, dans le cas de Marvel, les années 90 furent synonyme de « panique économique », entre les ventes de comics dégringolant d'une manière exponentielle, les procès en chaîne concernant les droits d'adaptation de notamment, Spider-Man et des crises financières internes, menant les Marvel Comics à la banqueroute quasi-certaine (d'où l'idée presque vitale pour Marvel de permettre à d'imposants producteurs véreux et avides de pognon de les redresser financièrement en leur faisant la plus belle des pubs : des films).

Quand, en 1999, Sony obtient les droits d'adaptation de Spidey à l'écran, il n'est pas question de développer un « univers étendu » mais plutôt de profiter de la consécration du personnage (que la série animée de l'époque a bien aidé à mettre en lumière) pour... Ben, claquer du biffeton, vu que c'est quand même le but à la base. Il faut alors trouver le bon réalisateur qui va accepter de s'y mettre et ainsi relancer la machine des comics chez le grand public. C'est ainsi que le défilé des réalisateurs débute et pour les plus connus, on y voit passer David Fincher, Chris Columbus, Roland Emmerich, M. Night Shyamalan et enfin, Sam Raimi.

Originellement prévu pour l'horizon 2000-2001, les attentats du World Trade Center du 11 septembre vont pousser Columbia à reconduire la sortie du film pour mai 2002, à cause d'un plan du film contenant les défuntes Twin Towers.

Le film est un succès phénoménal dès le premier week-end de sa sortie, engrangeant plus de 100 millions de dollars au box-office pour au total gagner... 821.7 MILLIONS de dollars, soit un record, à l'époque (et qui, dans la même lignée que X-Men, en 2000, va propulser les films de super-héros comme valeur sûre en tant que blockbusters de l'été, enchaînant alors les succès financiers... Sans pour autant produire des coups d'éclat chez la critique aussi dantesques que Spider-Man... N'est-ce pas Daredevil ?).

Autant vous dire de suite que l'idée d'une franchise était plus que confortée, à ce moment-là et ça n'a pas manqué : deux suites ont vu le jour, en 2004 et en 2007. Si Spider-Man 2 provoque à nouveau une unanimité « box-office-critique », le troisième épisode devient synonyme de division, aussi bien chez le public que chez la critique. Si le box-office est toujours aussi luxueux (890.9 millions de billets verts quand même), Spider-Man 3 ne met absolument pas tout le monde d'accord, les principales critiques pointant du doigt une multiplication des intrigues presque excessive, une absence d'un antagoniste principal (vu que l'Homme-Sable, le Bouffon Vert Jr. et... Cette bouillasse noire qu'on appelle Venom se partagent l'écran) aussi iconique que le Bouffon Vert ou le Docteur Octopus ou encore cette fameuse scène où Tobey Maguire se met à danser comme un BG qui, encore aujourd'hui, est restée dans les mémoires comme motif de moquerie et de ridicule du film.

Malgré tout cela, Sam Raimi fait entrer une quatrième suite dans les wagons et compte bien continuer à faire vivre sa saga, mais c'était sans compter sur Sony et ses craintes croissantes d'un échec commercial d'un éventuel Spider-Man 4 et qui, en conséquence, préféra rebooter l'homme-araignée avec The Amazing Spider-Man (assuré par Marc Webb), plutôt que de prendre le moindre risque d'une possible dégringolade au box-office.

The Amazing Spider-Man sort donc en 2012, en détenant un budget 1,5 fois plus important que le premier Spider-Man de Raimi (entre 200 et 230 millions de dollars contre 139 millions de dollars), sans pour autant produire le hold-up gargantuesque du film de 2002, en s'en sortant tout de même à 757.9 millions de dollars. Le film s'en sort convenablement chez la critique (sans être qualifié « d'excellent ») et une suite voit le jour en 2014... En connaissant peu ou prou le même problème que Spider-Man 3, à savoir une performance au box-office assez honorable (709 millions) mais des critiques plutôt tièdes qui à nouveau, déplore une narration presque décousue et un excès de personnages à l'écran. Une nouvelle suite semble être dans les rails, jusqu'au jour où survient un terrible drame pour Sony Pictures Entertainment : son piratage massif d'un groupe de hackers (« Guardians of Peace » / GOP) révélant des données confidentielles ayant coûté à Sony, plus de 495 millions de dollars (35 millions de dollars pour la réparation informatique + 460 millions à cause des données confidentielles).

Andrew Garfield (le nouveau Peter Parker de l'époque) et Marc Webb se retrouvent mis de côté et Marvel Studios vient enfin s'imbriquer dans toute cette affaire. Sony cède Spider-Man au Marvel Cinematic Universe et c'est ainsi que naît un deuxième reboot de la franchise, à peine quatre ans après le premier, avec l'apparition de Spidey (joué maintenant par Tom Holland) dans Captain America : Civil War, sorti en 2016 et dans son propre nouveau film : Spider-Man : Homecoming, sorti en 2017 et le carton « box-office-critique » renaît de plus belle (880.2 millions de dollars et un score de 92 % sur Rotten Tomatoes).

II. Spider-Man : Homecoming : un héros iconique changé en faire-valoir

Vous savez, en rédigeant ce texte, j'ai pu constater que beaucoup de gens semblent adorer Spider-Man : Homecoming, ce qui me fout une pression monstre et une crainte profonde de sombrer dans le syndrome de Durendal (ou de Galilée, pour les connaisseurs) : aller contre l'avis de la masse par goût de l'affrontement gratuit ou par conviction que la masse est conne et que l'on a un avis plus éclairé que celle-ci. Donc, je préfère être clair avec vous tout de suite : vous avez le droit d'aimer Spider-Man : Homecoming, tout comme vous avez le droit de trouver fantastique le fait que Spider-Man ait enfin intégré le MCU après tant d'années de batailles économiques concurrentielles. Je ne vous en veux pas, je ne vous déteste pas et je vous trouve même légitimes à penser ce que vous pensez. Néanmoins, je tiens à apporter ma pierre à l'édifice pour, possiblement, foutre après un gros coup de marteau à cet édifice (sinon je ne serais pas en train d'écrire ce pavé énormissime, vous pensez bien).

Pour tout vous dire, l'apparition de Spider-Man dans Captain America : Civil War m'avait plutôt bien plu, grâce notamment à une performance de la part de Tom Holland qui m'avait semblé très pêchue, énergique et « rafraîchissante » (sa manière de s'intégrer dans le fameux combat à l'aéroport était même très fluide sans se risquer à perturber le rythme du film). Bref, j'étais aux anges, au cinéma. Que m'est-il donc arrivé ? J'ai tout simplement vu Spider-Man : Homecoming et ce fut presque tragique pour moi, vu l'enthousiasme suscité en amont. Désorienté, confus, abasourdi, je n'ai pas du tout aimé ce que j'ai vu. Entendons-nous bien : ce film est loin d'être catastrophique... Tout en étant dans la même veine des films moyens du MCU (qui sont légion, en fait, vu qu'étant plus des épisodes de série, que des films dignes de ce nom, ils peinent à être riches et indépendants).

Ce nouveau Spider-Man est d'abord victime, non pas de son film, mais de ce qu'il y a derrière lui : le MCU et les deux sagas Spider-Man précédentes, encore récentes et loin d'être datées (un problème dont le Batman de Ben Affleck s'est lui aussi retrouvé victime, forçant ainsi le rush de son origin story, dans le générique de Batman V Superman).

Relancer une saga qui n'est plus très fraîche dans la mémoire des spectateurs, à l'instar d'un Batman Begins en 2005 ou d'un Man of Steel en 2013, ça peut se négocier et trouver sa pertinence. Rebooter une saga déjà rebootée il y a à peine quatre ans, c'est au mieux, de la témérité très affirmée, au pire, de l'arrogance mal placée et purement opportuniste ; et pour cause : Captain America : Civil War a intégré Spider-Man en cours de route dans sa production, causant de nouvelles réécritures, déjà entamées par la sortie imminente de Batman V Superman, incitant Marvel Studios à créer une division interne chez les Avengers qui, au bout du compte, s'avérera complètement artificielle (un peu comme pour BvS, couac), mal exploitée et presque oubliée dans les films suivants (parce qu'en faire une simple mention dans Avengers : Infinity War pour foutre ça en l'air juste après, c'est zéro, niveau impact).

Les Marvel Studios ont intégré Spider-Man, non pas en étant sûrs d'en faire quelque chose de pertinent, d'intéressant ou tout simplement de qualitatif mais d'abord par pur fan-service (ils étaient nombreux, ceux qui désiraient voir Spidey dans un film Avengers). Alors, ça peut marcher dans un Civil WarSpidey ne fait que s'incruster dans un combat en vannant en furie, tout en ne prenant pas trop la place mais pas dans un standalone movie (c'est ce qui fait d'ailleurs qu'à mes yeux, Black Panther est tout juste passable, parce qu'obligé de d'abord installer des éléments narratifs qui serviront plus tard et étant incapable de justifier sa propre existence tout seul).

Ça ne marche tellement pas que pour appuyer la promo de Spider-Man : Homecoming, Robert Downey Jr. en tant que Iron Man occupe une bonne partie de l'affiche et de l'histoire ; je tiens d'ailleurs à féliciter Marvel Studios pour avoir réussi à me faire détester Iron Man, dans un de leurs films, chose qui n'était pas loin d'arriver avec Civil War. GG les gars, vous avez pris un mec décontracté, charismatique et classe pour le transformer en mentor ronchon et en emmerdeur de première qui empêche une ICÔNE d'exister par elle-même, tout ça parce que vous avez été incapables de prendre votre mal en patience et de calmer vos pulsions opportunistes, étant pressés de hurler au monde entier : « Spider-Man nous appartient désormais ».

Le Spider-Man de Tom Holland n'est pas un héros mais un « hero-wannabe », c'est-à-dire quelqu'un qui n'a pas encore fait ses preuves, qui est uniquement connu aux alentours de son quartier et qui ne doit même pas son propre costume à lui-même, Tony Stark s'en étant chargé pour lui. Il n'a pas vocation à devenir un symbole ou une légende (car les Avengers de 2012 occupent déjà cette fonction), il veut simplement « faire comme les grands ». On ne peut pas passer trop de temps à lui donner de la profondeur parce que Spider-Man : Homecoming est plus un filler dans le mauvais sens du terme qu'un film à part entière comme Iron Man 3 (on peut l'aimer ou pas, Iron Man 3 a le mérite d'être un film plutôt intimiste vis-à-vis de Stark et qui ne se sent pas, lui, obligé de rappeler que le MCU est un univers étendu).

Maintenant, je peux entendre les contre-arguments du style, « non mais sois patient, toi aussi ! On le développera mieux dans les suites ! », ce à quoi je pourrais répondre : non, je refuse d'être « patient » ; ce n'est pas normal d'utiliser une icône comme Spider-Man et d'être infoutu de lui offrir un développement de base qui soit acceptable ou même correct dans son propre film (ce que les sagas de Raimi et de Webb ont très bien su faire). Reléguer Spider-Man à un Disney Channel Original Movie (parce que c'est tout ce que m'inspire Homecoming), c'est de l'ordre de l'insulte et ça, je ne peux pas le négocier, peu importe que le film soit acclamé derrière.

Les teen movies, je ne supporte pas ça et ça n'a rien à foutre avec Spider-Man (quand bien même Ultimate Spider-Man existe et qu'il s'agit d'une version ado de Peter Parker).
Suivre des lycéens aller à un concours de sciences avec un protagoniste qui fait les quatre cents coups, trouve le moyen de s'écarter du groupe en mettant sa propre vie et celle des autres en danger pour se faire ensuite gronder par son senpai plus de TROIS FOIS, ça ne m'intéresse pas.

Par contre, suivre un personnage qui, au départ, est un gars cool comme les autres (certes un peu timide, maladroit et intello) mais qui, un jour, se retrouve en possession de super-pouvoirs qui remettent la responsabilité qu'il a vis-à-vis du monde dans lequel il vit, profondément en cause (ce qui est effectivement une structure narrative éculée mais quand même efficace), pour le voir aussi passer par des crises existentielles, des tragédies et le voir devenir un exemple, une figure, un HÉROS admiré de tous, ça, oui, ça m'intéresse mais ça ne peut plus arriver, dans le MCU.

III. Un univers étendu qui marche oui, mais jusqu'à quand ?

Le Marvel Cinematic Universe n'est pas une saga de films à mes yeux mais une série qui ne dit pas son nom. Pourquoi ne dit-elle pas son nom ? Pour la simple et bonne raison que vendre une série à plusieurs épisodes d'en moyenne, 200 millions de dollars à un public (public qui devra investir dix boules à chaque film et assurer un box-office en bonne et due forme à chaque sortie), c'est difficilement crédible. Dire par contre, que l'on compte faire la plus grande saga de films de tous les temps et que l'on va y intégrer une quantité inédite de super-héros Marvel dont certains n'ont jamais été vus à l'écran auparavant, ça, c'est vendeur.

Pour l'instant, ça marche à la perfection : le MCU peut enchaîner des films moyens en série, le box-office est toujours au rendez-vous et Marvel vit en général un nouvel âge d'or (Black Panther et Avengers : Infinity War ont permis à Marvel Studios de dépasser les... 15 MILLIARDS de dollars de bénéfices... Quand je vous disais qu'on parlait d'une géante mine d'or, dans la première partie...). Ajoutons aussi que, si un prétendu standalone movie du MCU déçoit, Kevin Feige et son équipe de communicants peuvent toujours promettre monts et merveilles pour la suite de la saga, peu importe les approximations et les confusions narratives, les scénarios et les mises en scène quasi-bâclés : la formule convainc toujours et le public en redemande toujours plus.

Personnellement, je me demande sérieusement comment les gars des Marvel Studios vont réussir à recréer l'immense hype suscitée par Infinity War, après Avengers 4 en 2019 (qui pour l'anecdote, s'appelait depuis 2014, Avengers : Infinity War Part 2 mais, suite à un rétro-pédalage des frères Russo, ce nom a été abandonné pour ne pas laisser entrevoir l'idée d'une suite directe... Ce qui est chose ratée, à mon sens). On ne va pas se mentir : la plupart d'entre nous qui suivons le MCU depuis ses débuts et depuis l'apparition de Thanos (dans la scène post-credits de Avengers en 2012), on voulait avant tout voir les Avengers affronter Thanos dans un immense combat cataclysmique que l'on n'oublierait jamais et... Vu le troisième acte d'Infinity War, je ne suis pas sûr que l'on ait eu ce qu'on voulait voir à l'écran, malgré la surprise de la fameuse fin « bouleversante » (les cliffhangers, pour t'inciter à voir la suite, ça fait toujours des ravages).

Serait-ce donc cela, le secret du Marvel Cinematic Universe ? Promettre un climax épique qui n'aura lieu qu'au bout de huit, neuf, dix films et qui sera étalé comme de la confiture sur une tartine trop grande ? Parce que, si après Thanos, leur délire, c'est d'expliquer que la vraie « apocalypse » teasée depuis plusieurs films vient d'encore plus haut, je pense personnellement que je vais démissionner par indigestion.

IV. Reboots à gogo VS continuité : un défi plus que corsé pour les films de super-héros

Spider-Man : Homecoming illustre bien ce problème : à force de vouloir créer des univers étendus de plus en plus monstrueux, on finit par vouloir se dépêcher à toute vitesse, comme si l'appel de l'argent ne pouvait être repoussé plus tard (ce qui était largement possible pour Marvel Studios, surtout compte tenu de son état financier florissant). Par exemple, quand Batman V Superman a été annoncé, je dois vous avouer que je n'ai pas compris. Pourquoi maintenant ? Pourquoi juste après Man of Steel qui a à peine introduit Superman dans son propre univers ? Parce que Warner Bros, parce que pognon et parce que MCU = des milliards de dollars de bénéfices.

Malheureusement pour WB, pour le DCEU (Detective Comics Extended Universe), les jours sont comptés : entre les reshoots intempestifs de Suicide Squad et toutes les réécritures des films ultérieurs à BvS (ce dernier ayant été jugé « trop sombre » par le grand public... Sérieux ? N'allez surtout pas voir Watchmen alors, les gars, autant vous prévenir de suite), l'accueil tiédasse de Justice League et, je vous le donne en mille : la possible démission de Ben Affleck dans le rôle de l'homme-chauve-souris (re-reboot en perspective ? ), Warner Bros a clairement raté son coup.

Du côté de la Fox, on négocie un rachat par Disney qui pose question, alors que la saga des X-Men (qui est, à ce jour, un échec de continuité narrative total) et la saga Deadpool qui se démarque plutôt bien, sont actuellement toujours en cours.

Les fans de comics fantasment déjà de voir un jour un film avec à l'écran, les Quatre Fantastiques, les X-Men, Deadpool et les Avengers mais, si on en croit les derniers communiqués de Kevin Feige, une telle folie n'est pas à concevoir pour tout de suite (pas avant dix ans, si vous voulez mon avis).

Plusieurs questions se posent alors : quid de la continuité ? Comment intégrer tous ces personnages dans un univers cinématographique déjà bien bordélique, sans que ça ait l'air forcé, maladroit et purement opportuniste ? Qu'en sera-t-il de l'univers Marvel sur Netflix  (Daredevil, The Punisher, Iron Fist, Luke Cage et Jessica Jones) ? Sur ABC (Marvel's Agents of S.H.I.E.L.D) ? Et surtout : devons-nous désormais nous résigner à ne plus avoir de vrais films en tant que tels mais majoritairement des épisodes de série moyens mais qui ont pour but de participer à un ou plusieurs gros climax ?

Si cette logique narrative totalement labyrinthique peut se concevoir dans un dessin animé, une série ou encore, dans des comics, les rachats massifs de Disney (qui commencent à progressivement inquiéter la Star Wars fanbase, compte tenu des mauvais retours sur The Last Jedi et Solo) laissent entrevoir une possible nouvelle apocalypse, à la fois pour Marvel mais aussi pour tout Hollywood : car si le public, au bout de quelques années, se met à bouder le MCU devenu alors plus gigantesque que jamais, ça sera la fin des haricots, pour Disney et le cinéma hollywoodien connaîtra un nouvel âge sombre, sur le plan économique, j'en ai bien peur.

Pfiou ! Bravo à vous si vous avez survécu jusque-là ! C'était bien rude : cinq heures d'écriture intensive ! C'est un record, pour moi, haha.
Pour la peine : la prochaine fois, étant donné que j'ai parlé en long et en large du MCU, pour Infinity War, je me concentrerai sur la narration typée « série » du film pour expliquer en profondeur en quoi elle pose problème, sans trop m'appesantir sur le reste parce que, rassurez-vous : ça a été aussi dur pour moi, tout ce texte, hahaha.

Vous trouverez ci-dessous, de NOMBREUX liens pour en savoir plus sur tout ce que je raconte et pour assurer l'aspect « sourcé » de mon travail bien éreintant. À très vite !

Liens complémentaires :

Liens autour de Spider-Man (et de son apparition dans le MCU) :
https://en.wikipedia.org/wiki/Spider-Man_(2002_film)

https://en.wikipedia.org/wiki/Spider-Man_2

https://en.wikipedia.org/wiki/Spider-Man_3

https://en.wikipedia.org/wiki/The_Amazing_Spider-Man_(2012_film)

https://en.wikipedia.org/wiki/The_Amazing_Spider-Man_2

https://en.wikipedia.org/wiki/Spider-Man:_Homecoming

https://en.wikipedia.org/wiki/Spider-Man_in_film

http://collider.com/spider-man-4-sam-raimi/

http://collider.com/spider-man-marvel-sony-deal-explained/

http://comicbook.com/marvel/2018/06/15/captain-america-civil-war-original-idea-markus-mcfeely/

Liens autour des affaires économiques de Marvel et du piratage de Sony (et de l'échec de The Last Jedi et Solo) :

http://www.denofgeek.com/movies/marvel/34092/how-marvel-went-from-bankruptcy-to-billions

https://screenrant.com/avengers-infinity-war-mcu-15-billion/

https://www.forbes.com/sites/scottmendelson/2018/04/29/black-panther-tops-last-jedi-pushes-marvel-past-15-billion/#7f7f2aa91fc9

https://www.forbes.com/sites/danidiplacido/2018/05/29/reflecting-on-the-failure-of-solo-a-star-wars-story/#749137fc6e8f

http://comicbook.com/marvel/2016/08/19/russo-brothers-explain-why-avengers-4-got-a-name-change/

http://ew.com/movies/2018/03/09/marvel-studios-kevin-feige-mcu-future/

https://en.wikipedia.org/wiki/Proposed_acquisition_of_21st_Century_Fox_by_Disney

https://www.theverge.com/2018/6/15/17461908/disney-comcast-21st-century-fox-acquisition-franchises-companies

https://en.wikipedia.org/wiki/Sony_Pictures_hack

https://www.computerworld.com/article/2879480/2014-cyberattack-to-cost-sony-35m-in-it-repairs.html

Les doutes de Ben Affleck et de Warner Bros vis-à-vis du DCEU :
http://collider.com/ben-affleck-batman-exit-dceu/

http://collider.com/ben-affleck-exits-the-batman/

http://collider.com/dc-films-restructuring-justice-league-jon-berg-geoff-johns/

http://collider.com/dc-movies-geoff-johns-batman-v-superman/

Enfin, une vidéo du Fossoyeur de Films sur les blockbusters de l'été qui illustre bien mes craintes, vis-à-vis d'une possible crise financière des gros studios :
https://www.youtube.com/watch?v=pgQhuH0ggSY

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