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Spring Breakers par Hugo Harnois

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Au cinéma, il y a eu les films avant Drive. Puis il y a ceux qui sont arrivés après comme Spring Breakers, souhaitant reprendre une ambiance similaire, à la limite du fantastique. Ce film est annoncé comme un rêve, un monde où tout devient possible. Comme par exemple un hold-up réussi provoqué par quatre jeunes filles. Grâce à cet argent, le groupe va pouvoir participer au Spring Break, les vacances qu'il ne faut pas louper.

Mettons-nous d'accord de suite en soulignant qu'il ne faut pas prendre cette histoire au premier degré, car Spring Breakers est tout sauf crédible. Qu'importe puisque ce n'est pas le but du réalisateur Harmony Korine. Nous sommes à l'intérieur d'un fantasme aux accents hallucinatoires de quatre filles en manque de sensations fortes. Un trip qui va d'ailleurs devenir de plus en plus morbide. Sexe, drogue, alcool seront au programme dans une ambiance hypnotisante avec ce côté pop et volontairement flashy.

Cependant, le cinéaste est un peu trop dans l'exercice de style et oublie qu'il fait un long-métrage et non un clip. Il nous fait parfois sortir de cette ambiance (à la base réussie) dans laquelle il veut pourtant nous plonger. La sensation de liberté, elle, se fait pleinement sentir grâce à une caméra virevoltante et des mouvements épileptiques. Doté d'une BO électrique qui n'en finit pas de tourner, Spring Breakers s'annonce être comme un remède à la routine et à la monotonie. En deux mots, vos yeux et vos oreilles seront mis à rude épreuve.

Le scénario est toutefois moyen avec une écriture assez plate. Le cinéaste filme les filles presque constamment en tant que groupe car prises une par une, elles ne sont pas intéressantes. Tant mieux car elles trouvent leur force ensemble et non séparées. Dommage aussi que les dialogues ne soient pas marquants mais bien répétitifs. Définitivement donc, la forme prédomine sur le fond.

Quant aux actrices, elles sont tout à fait standard mais il faut avouer qu'il est courageux de casser leurs images de petites filles modèles (venant du club Disney). Il faut aller du côté de James Franco pour trouver une interprétation intéressante. Incarnant un gangster minable et caricatural au possible, il en fait des tonnes et tant mieux, car c'est bien le but recherché.

Finissons par dire qu'un message semble être à faire passer, celui de la jeunesse voulant braver les codes d'une société malade. Korine approuve t-il toutes ses pratiques qu'il filme et qui dépassent le politiquement correct ? Ou au contraire, souhaite t-il les dénoncer ? Finalement, tout rêve doit prendre fin, et le retour à la réalité va être brutal : le rêve américain n'existe plus, nous sommes en 2013.

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