Star Tour - Episode IX

Avis sur Star Wars : L'Ascension de Skywalker

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Ça y est.
C’est fini.
Le verdict est définitivement tombé désormais.
Le côté obscur de la force l’a emporté.
L’Empire Disney a triomphé.

Certes c’était attendu. C’était écrit.
Le retour de J. J. Palpatine aux commandes de ce dernier épisode annonçait déjà la couleur depuis longtemps.
Exit donc les quelques timides tentatives de Rian Johnson pour dynamiter la saga. On avait de toute façon déjà compris quel sort était réservé à tous ceux qui voulaient quelque-peu bouger les lignes. Le temps d’un combat entre Kylo et Rey, Johnson avait eu le malheur d’évoquer la possibilité d’une troisième voie ; d’une dernière trilogie capable de penser par delà le bien et le mal. Une trilogie d’équilibre. Une trilogie de nuance et de questionnement. Bref, une trilogie nouvelle, avec sa propre identité.
Très mal lui en a pris.
Johnson a eu le malheur de tâter un peu le terrain au milieu des nombreuses foulées boiteuses de son triste épisode. C’était une outrecuidance de trop. Il en a payé le prix. Dark Kathelyn lui a tranché les deux mains à grands coups de sabre laser.
De la nouveauté, chez Disney, c’est du risque. Et du risque c’est de l’hérésie.
Le nouvel espoir a donc été brisé dans l’œuf.
L’empire a contre-attaqué.
Et les clous du cercueil ont été plantés par le retour du « Djay-Djay ».

Ainsi, à quoi ressemble donc ce dernier épisode de la trilogie ?
A quoi ressemble cette « ascension de Skywalker » ?
(titre ô combien terrible.)
Eh bien il ressemble à ses maîtres.
Il ressemble à l’Empire qui l’a façonné.
Mickey a racheté « Star Wars » dans un seul et unique but : en faire une franchise.
Et une franchise, ça s’exploite. Sans vergogne.
Cet épisode IX n’est donc finalement que l’aboutissement de la logique mercantile du studio aux grandes oreilles. C’est un mélange de parc d’attraction, d’usine à jouets, et de reproductions factices pour émerveiller les enfants.

Parc d’attraction tout d’abord.
Encore une fois on expédie l’histoire en quelques lignes de textes. « Palpatine est de retour. Kylo est dégouté de voir ce nouveau rival lui être expédié dans les pattes le temps d’un défilement de typographie dégueulasse. Mais il n’aura pas le temps de se plaindre car déjà le film doit se lancer. Levez-vos bras. Laissez la petite barre descendre sur vos genoux. Le wagonnet va partir. »

Départ tambour battant. Batailles. Piou-piou-piou. Kylo qui part à la recherche de Palpatine et le trouve en cinq minutes après une bonne demi-douzaine d’ellipses.

Mais on n’a pas le temps de s’attarder puisqu’à l’autre bout de l’univers on suit Po Dameron qui est déjà pourchassé par la flotte du premier ordre et …aaaaaattentiiiooooon les yeeeeux ! J’accélère. Je ralentis. J’accélère. Je ralentis. A chaque passage à vitesse lumière, un nouveau paysage ! Vas-y mange petit fan ! Mange !
Mais pendant ce temps là Rey s’entraine ! « Woush-woush-woush » fait le sabre-laser.
Et voilà que Po arrive sans crier gare. Ils s’engueulent tous les deux sans qu’on sache vraiment pourquoi. Mais de toute façon on n’a pas le temps de s’attarder là-dessus puisqu’on est de retour chez Palpatine qui explique en trois phrases dont il vient, qui était Snoke et quel est son objectif.
J. J. nous offre quelques effets stroboscopiques sur la tronche de Palpatine histoire qu’on ne s’endorme pas et après on y retourne pour un tour !

Montagnes russes. On va partout. Dans tous les sens. A toute vitesse. On ne se pose JAMAIS !
Et toi, pendant ce temps-là, pauvre spectateur, tu espérais qu’on te raconte une histoire ?
Tu espérais une montée en puissance ?
Tu espérais un propos ?
Mais quel pauvre sot tu es !
Allons voyons ! Tu n’auras rien de tout ça !
Tu auras une quête de jeu-vidéo où il faudra collecter quelques objets magiques qui te permettront de choper des goodies jusqu’à la baston finale !

Car oui – n’oublions pas – au-delà du simple parc d’attraction, il y a les goodies.
Ces jouets qu’on veut te vendre parce que « Star Wars », ça sert avant tout à ça.

Alors on va te mettre des taaaaaaas de croiseurs qui sortent de nulle part. (Parce que visiblement, pendant tout ce temps où on n’entendait pas parler de lui, Palpatine faisait des Lego Star Wars)
On va aussi te mettre des gros canons tueurs de planètes sur chaque croiseur. (Parce qu’on est des oufs, la surenchère ça nous fait pas peur.)
Et puis à cela on va te rajouter des nouvelles bestioles. Des storm-troopers volants. Des storm-troopers rouges. Des storm-troopers rebelles qui se sont libéééééérééééééés délivréééééééééés…

Bref un paquet de trucs. J’en passe.

Mais les meilleurs des goodies restent encore ceux qu’on t’a déjà vendus.

Ainsi on te revend le casque de Kylo Ren mais avec des petits néons tuning sympas.
On te remet une Leia de synthèse. On te remet un Luke fantôme. On te remet aussi du Han Solo. Du Lando Calrissian. Des Ewoks. De la Death Star…

Mange ! Mange ! Mange petit consommateur de pop-corn !

Et comme pour justifier tout cela, il faut bien raconter une histoire malgré tout, eh bien J.J. Abrams ne recule devant aucun cynisme.
Il avait copié-collé l’épisode IV dans son épisode VII ?
Et Johnson avait plus ou moins fait la même chose avec les épisodes V et VIII ?
Eh bien qu’à cela ne tienne ! Star Wars IX sera une décalcomanie du « Retour du Jedi ! »
Pourquoi se priver ?

Et pour le coup, Djay-Djay n’y est vraiment pas allé à moitié.
Tout y est, sans aucun scrupule !

Rey qui, suite à la perte de son maître, ne se sent pas solide dans sa posture de Jedi.
Rey qui se décide à aller combattre son père dans l’espoir d’exorciser ses démons.
Rey qui va sur Endor et tue Dark Kylor alors qu’elle aurait préféré le sauver.
Mais finalement Dark Kylor est sauvé parce qu’elle est comme ça Rey.
Vient alors le moment de combattre l’Empereur. L’Empereur qui lui annonce que c’était justement son plan que Rey le tue.
Pour la faire rager, il lui montre qu’en parallèle ses amis sont en train de se faire poutrer juste sous ses yeux.
Finalement Dark Kylor vient l’aider à triompher de l’Empereur.
Dark Kylor meurt après un moment de réconciliation.
C’est la fin. Tout le monde est content. Youpi.

Mais pourtant tout à beau être reproduit à l’identique, le rendu final jure malgré tout.
Chaque scène pue le bricolage ou l’arrangement vaseux.

Ici c’est Palpatine qui t’explique en trois phrases ce qui aurait dû être présent dans l’épisode VIII si Abrams avait eu la main. Là c’est Rey qui n’utilise pas ses pouvoirs de Jedi afin de se laisser engloutir des sables mouvants et ainsi tomber par hasard sur le vaisseau et la dague magique qui vont faire avancer l’histoire. Et puis là encore c’est le personnage lambda qui pope deux minutes pour donner le jeton magique qui permettra de justifier que Poe et Rey puissent rentrer dans le vaisseau-amiral sans éveiller les soupçons, quand bien même pilotent-ils l'appareil dans lequel les troopers les ont vu s’enfuir.

Mais bon, je crois que le plus triste de tout ça reste encore la manière dont ce film a construit son climax final. Afin d’amener le moment où Kylo sauve Rey, il a fallu qu’on se bouffe d’abord Rey qui soigne une larve géante, puis Rey qui soigne Kylo, puis surtout que Rey refuse de buter Palpatine alors que bon…
A bien y réfléchir, ça aurait été tellement plus simple de faire en sorte que Rey bute Palpatine tout de suite ET qu’elle refuse de devenir la cheffe des Siths.
Parce que bon, moi la logique de la guerre chez Disney j’ai toujours un peu de mal. On peut tuer des pilotes de TIE Fighters sans devenir Sith, mais par contre si on tue le gros méchant on en devient forcément un… Mmmmh… Surtout qu’en plus, à la fin, elle le bute quand-même hein… Et d’une manière assez ridicule qui plus est. Donc bon.

Alors après, c’est vrai, il peut y avoir quelques beaux trucs dans ce film.
Pour ma part je ne retiendrais qu’une chose : ce sont tous les moments de « symbiose » entre Rey et Kylo. En ces rares instants, une atmosphère se pose, une tension se développe et en plus de jolies choses s’exécutent à l’écran.
En somme, le seul truc que je trouve à sauver dans ce film c’est une idée que Djay-Djay a repris de Rian Johnson.
Pour moi ça dit tout.
Ça dit tout ce qui est à sauver et surtout tout ce qui, de mon point de vue, mérite le mépris et l’oubli.

Bref voilà.
Tout ça pour ça.
Tout ça pour sortir de cet épisode factice et ainsi mieux regarder en arrière.
Mieux regarder ce que toute cette trilogie a cherché à mettre en place.
Pas de propos, si ce n’est que… bah le fait que le Mal soit revenu et que le Bien se doit à nouveau de le combattre.
Pas de logique non plus, puisqu’entre Kylo Ren et Rey, les changements d’attitudes se sont faits aléatoirement, sans qu’on ne puisse vraiment tirer aucune ligne directrice de leurs parcours de vie respectifs.
Pas de cohérence enfin, puisqu’on a pu nous sortir des premiers et des derniers Ordres en claquant des doigts, des croiseurs en veux-tu en voilà, et carrément un Palpatine cloné puisqu’on aurait eu tort de se priver…

En somme, rien que de la copie factice.
Rien que de l’exploitation de franchise.
Rien que de la navigation à vue.
Trois épisodes commandés sans qu’on sache où les conduire et qui au final aboutissent nulle part.
Bravo.
Alors après, si ça en satisfait quelques-uns, tant mieux pour eux.
Mais moi, de mon côté, je crois que je vais bien garder précieusement mon coffret de la trilogie originale si jamais je veux un jour me remater du bon « Star Wars ».
Connaissant Disney, il n’est pas garanti que, dans un avenir plus ou moins récent, ils s’attaquent aussi à ce patrimoine là.
Car après tout, l’Empire est agressif. L’Empire s’étend.
Le temps est peut-être venu de rentrer en résistance ou – mieux encore – d’acter le fait que le combat est déjà perdu et qu’il est temps de se sauver.
D’aller chercher ailleurs le cinéma qu’on aime, quitte à devoir se rendre dans une galaxie lointaine.
Très lointaine…

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