1001 blattes

Avis sur Starship Troopers

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Une fois de plus, je viens de m'enfiler cette petite merveille en prenant un pied fou.

Starship Troopers c'est l'histoire de militaires du futur transportés dans des gros vaisseaux spatiaux, débarquant sur une planète lointaine pour dézinguer des cafards géants avec des gros flingues, des grenades atomiques et plein de gadgets qui clignotent. Voilà c'que c'est qu'ce film. Irrésistible.

Starship Troopers, c'est un pamphlet cynique prenant du recul sur la voie royale prise par un être humain aux aspects mécaniques, farce subtile en forme d'énorme crachat à la face d'une mère patrie enlisée dans un charnier doré. Voilà c'que c'est qu'ce film. Puissant.

Bien entendu, prendre Starship complètement comme l'énorme série B qui fait tout son somptueux emballage ou, à l'inverse, entièrement comme la gerbe sarcastique qui le balafre et embaume tout son déroulement serait dommage, dans un cas comme dans l'autre. Verhoeven n'est pas dans une optique tranchée entre ces deux visions. Verhoeven s'amuse, il joue comme un gros gamin qui vient de réouvrir ses vieux cartons de GI-Joe, d'Action Man et de figurines de monstres divers, les mélangeant tous pour créer un énorme bordel ludique et jouissif. Pour lui, le gros film de monstre bourrin n'a, dans ce contexte, pas moins d'intérêt que la satire acide sur cette terre si accueillante qui ne fait que l'entraver. Elle en est juste un vecteur jubilatoire et amusant, ne rendant l'impact de l'ensemble que bien plus insidieux, fort... et rigolo.

Verhoeven et la SF, c'est un couple détonnant, d'une efficacité rare. J'ai toujours vu ce type comme l'ersatz cinématographique de Philip K. Dick, exposant la surenchère des médias et la parade incessante de hautes instances marionnettistes dans une galerie de portraits qui frappe juste, tant dans la caricature hilarante que la crédibilité effrayante, le tout gardant son esprit de grosse blague au tons cartoonesques, où l'enfantin joueur côtoie les monceaux de cadavres et la tripaille bouillonnante. Une boucherie avec des jouets. Verhoeven est bien un gosse qui joue, et c'est aussi un irréductible amer. Il est comme un enfant tout sourire qui, entre deux scénettes de Playmobils et trois fraises tagada, n'hésiterait pas à te rappeler qu'il aime aussi assouvir ses pulsions incontrôlées en arrachant les ailes des mouches, en coupant des vers de terre en deux pour voir c'que ça fait ou en allant mater par le trou de la serrure de la piaule de sa grande soeur. Et cette alchimie prend et fait mouche du début à la fin, partageant entre hilarité, frissons d'exultation et interrogation dérangée, mêlant le rire à la crasse, le jouissif à une pointe de réflexion après coup, le genre de décantation qui fait palabrer quelques jours plus tard autour de quelques chopines. Le voyage sur Klendathu se permet à la fois la jubilation, la prise de recul violente et marrante et la petite secousse par inversion, comme un effet miroir de l'homme face au cafard.

Mais évidemment, il n'y a que peu de ces choses qui se passent réellement lors du visionnage de ce film. L'ensemble est juste défoulatoire au possible, comique et extrêmement bien mené dans un rythme explosif, sous couvert de l'une des plus magistrales partitions de Basil Poledouris, faisant de la scène du débarquement un sommet de l'épique, le tout s'avérant dans sa forme pure l'un des meilleurs blockbusters de tous les temps. M'enfin ça, faut pas le dire trop haut, y a des endroits, là où on décide de vous balancer du super-héros-américain-sauveur et du remake de reboot toute l'année, où on n'apprécie pas trop ce que pourrait bien dissimuler le Hollandais Violent derrière ces grosses blattes et ces gros guns...

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