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Avis sur Sur le globe d'argent

Avatar Vlagerio
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"Sur le Globe d'Argent" est un film de science-fiction polonais sorti en 1988 mais tourné une dizaine d'année auparavant, en 1977. Le film reste incomplet, et les scènes manquantes qui n'ont pas étés tournées, ont été remplacé par des séquences filmées dans les forêts et les villes polonaises, agrémentées de commentaires du réalisateur explique ce que le spectateur aurait pu voir si la scène manquante avait été tourné.
Le film se découpe globalement en deux parties principales, la première racontant la colonisation d'une planète habitable par trois astronautes humains, seuls survivants du crash de leur vaisseau, au départ remplis de beaux idéaux, qui vont peu à peu être détruits par les contraintes de la survie, avant de fonder un petit clan de type préhistorique, et se faisant après leurs morts déifier par le dit clan. La seconde partie, se déroulant 50 ans plus tard (un peu plus d'une centaine d'années s'étant déroulée sur la planète), voit la lutte menée par un astronaute fraichement débarqué à la tête d'une société plus ou moins archaïque le considérant comme le Messie, contre une population alien locale ayant réduit l'"humanité" de cette planète en esclavage (à noter cependant que cette partie ne commence réellement qu'à la libération de l'humanité et le début du règne du Messie, le début de ce segment n'étant par montré, mais seulement narré par le réalisateur). Après une campagne de plusieurs années sur le continent massivement habité par les aliens, le "Messie", de retour sur le continent où se trouve la civilisation humaine, se fait crucifier par sa propre Eglise après avoir essayé d'arrêter l'Inquisition s'étant formée en son absence. On suit en parallèle de cette partie l'histoire d'un autre astronaute qui devient accro à une drogue locale, jusqu'à en mourrir.
Le scénario est très riche et très intéressant, pouvant être considéré, de plus, comme une métaphore de la société soviétique, les premiers astronautes pouvant dans ce cas être considérés comme les premiers révolutionnaires (ces astronautes ayant quittés la Terre dans le but de fonder une société idyllique) avant de se recouvrer confrontés à la "real politique" et fondant une société abominable (les colons régressant et formant une société préhistorique se reproduisant dans la consanguinité et où le pouvoir se transmet de façon héréditaire), se faisant par la suite déifier (cultes de la personnalité de Staline et de Lénine, glorification et mythification de la Révolution). La seconde partie, elle, d'interprétation plus difficile, et, je pense, une métaphore de la vie de Trotsky, qui, après avoir mené et gagné la guerre contre les "Blancs" monarchistes, symbolisés par les extraterrestres, se fait assassiner par le régime dont il a permit la survie, suite à des protestations à propos de la direction prise par ce dernier, ici dirigé par un archevêque qui représenterait alors Staline. De plus, dans cette optique, le garde se faisant massacrer au même moment que ce Christ soviétique représenterait un communiste non stalinien.
Mais, malheureusement, pour moi, ce scénario de grande qualité est un des seuls points positifs du film.
Tout d'abord, la mise en scène est avant tout un étrange mélange entre courte focale rapprochée, qui déforme les proportions, et caméra épaule, mélange qui, bien que renforçant le côté halluciné du film (venant d'une direction artistique très bonne, bien que sentant à certains moment le manque de budget), s'avère surtout, au bout d'un moment, vomitif. De plus, si ce parti prit est justifié par le scénario dans la première partie du film, qui vient d'une caméra appartenant à un des astronautes, aucune excuse pour la seconde partie, sauf, peut-être, que ce procédé de mise en scène représente potentiellement la folie des personnages.
Le texte est lui aussi souvent catastrophique et d'une lourdeur innommable, se composant en majorité de d'interminables monologues où les personnages débitent des d'incompréhensibles inepties métaphysiques en se tortillant et singeant grossièrement des sentiments comme la souffrance, la joie, ou la folie. On est au final heureux d'arriver à un moment de scène manquante, où la narration orale du réalisateur est un véritable repos.
Finalement, "Sur le Globe d'Argent" est une expérience cinématographique très spéciale et unique, à essayer seulement si vous êtes fan de science-fiction ésotérique à la "Dune" (le livre) ou à la "Zardoz" (qui a été longtemps dans mon top 10 de films préférés), et si vous avez les nerfs TRES solides.

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