Vous pouvez toujours rever pour le pourboire !

Avis sur Taxi 4

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Ah, la saga Taxi... le chef d’œuvre d'écriture de Besson... Un chauffeur de Taxi de Marseille, Daniel, joué par Samy Nacery. Il fonce dans les rues à toute allure et, très anti-flic, il les défie sans arrêt. Par hasard se fait attraper par un flic (Émilien, joué par Frédéric Diffenthal). Totalement improbable, ils finissent par sympathiser. Les deux premiers épisodes étaient juste très passables, le trois ça commence déjà sérieusement à tourner, sauvé uniquement par la scène d'ouverture pour le plaisir de voir Sly. Mais le Taxi commence à devenir exagérément rapide, les occasions de montrer du cul de plus en plus téléphonées, les policiers commencent à devenir de plus en plus stupides. Oui, c’est bien connu, les policiers c’est plus bête que les beaufs qui adorent regarder ces films en prime time sur TF1.

Et en 2007, pour fêter les 9 ans de la saga, ils nous ont sorti un 4e épisode. Comment vous dire… c’est presque aussi horrible qu’Astérix 3. Même avec le « presque », ça vous donne tout de même une idée du gouffre abyssal dans lequel on est. (Attention, c'est horrible, je spoile ! Vous risquez de connaitre en avance cette intrigue magnifique...) Le film ouvre, le Commissaire Gibert est dans un hôtel à traquer un suspect, avec un de ses hommes. Premier gag du film : Gibert dit « suspect à 11 heures » et son comparse regarde sa montre. La vanne de 1912 remise au gout du jour. Voilà le spectateur prévenu sur le niveau.

Gibert suspecte une femme de ménage, le déguisement parfait selon lui. « Vous croyez qu’un terroriste ça se ballade en hurlant une ceinture d’explosifs autour de la taille ? » dit-il à son subordonné. Effectivement, même à Marseille c’est un peu gros. Après Jean-Louis Schlesser le pilote et Sylvester Stallone la star mondiale nous avons cette fois en guest star de la première scène du film… Djibril Cissé, un joueur de baballe. La bagatelle de 9 voitures de police l’escorte pour qu’il arrive en sécurité à un match de charité. Là bon, pour Marseille, ça peut se comprendre.

Mais un accident de voiture plus tard, Émilien appelle Daniel, pour qu’il emmène le plus vite possible Cissé à son match de foot, et commence l’inévitable course poursuite. En attendant, durant la virée, Daniel va si vite qu’un policier au bord de la route voit toutes ses fringues arrachées par la vitesse. Ca parait déjà assez stupide, mais histoire d’encore moins respecter la cohérence : Daniel part avec un grand ciel bleu, moins de 8 minutes plus tard, il fait nuit noire au stade.

Car Daniel et sa Peugeot (oui, je vous l’ai pas dit ? Daniel pulvérise des records de vitesse sur une Peugeot ! Ha ha ha !) arrivent carrément sur la pelouse du stade pour débarquer Cissé. Et donc après 10 minutes de film le générique commence avec un ballon de foot qui passe de joueur en joueur dans les rues de Marseille pour arriver jusqu’aux fils d’Émilien et Daniel qui jouent. Une petite scène paternelle plus tard, et voilà Émilien au commissariat.

Le commissaire est sur les dents car on va leur transférer quelqu’un. Ses subordonnés pensent tout de suite aux plus grands joueurs de foot. Mais non, passé cette blague irrésistible, le commissaire nous parle de l’ennemi public n°1… ah non, il se trompe de fiche, il a pris celle de Djibril Cissé. Passé cette autre blague irrésistible, il se rend compte que c’est parce que les fiches sont récto-verso à cause des économies de papier qu’il a imposé sur conseil de sa femme… Oui bon, on va la faire court : Les policiers dans les Taxi n’avaient jamais brillés par leur intelligence mais là, dans l’intégralité du film, on croirait qu’un Virus a contaminé tout le monde pour les transformer en dégénérés.

Il nous dit qu’un belge, qui se trouve être l’ennemi public n°1 (responsable de 53 braquages et 122 meurtres) va arriver chez eux, il doit juste rester quelques heures avant d’être transféré au Congo où il doit être jugé. Ce dernier est dans une grande cage tellement il est dangereux. Mais les génies de la brigade ne sont pas capables de fermer les portes du camion où on l’a mise, et elle en sort dès le démarrage… s’en rendant compte, le commissaire fait freiner fort sa voiture, ce qui cause pour la 2e fois du film (et la 14e de la saga) le carambolage de plein de voitures de police. No comment.

On se retrouve au commissariat, où les complices du belge sont à l’extérieur. Leur accent est, évidemment, à couper au couteau. De la subtilité dans ce film, et quoi encore ? Pour vous donner une idée, l’accent belge que prend François Pignon dans le diner de cons n’est guère plus exagéré ! Et puis je veux bien qu'un type soit neuneu, et belge, mais un des complices dans la bagnole a un fusil dans les mains et 10 grenades sur son gilet. Même le plus cons des criminels ne se douterait pas un instant qu’avoir ça bien en vue aux portes d’un commissariat est stupide ?

En même temps je le répète, les flics ont le Q.I. d'un acarien dans cet épisode. Pour rendre Gibert toujours plus ridicule, blessé dans le carambolage de toute à l’heure, il a un bandage au crane d’une effarante stupidité. Les toubibs aussi doivent être devenus très cons dans ce film, je suppose. Allez, un peu de stéréotype pour continuer ? Après les belges, on nous présente le policier au look tellement jamaïquain que la seule manière d’être moins subtil que ça c’est de brandir une pancarte « Yo, Man ! J’adore la Jamaïque, le film Rasta Rocket, les pétards, le reggae, et Bob Marley ! » et qui s’appelle, je vous le donne en mille… Marley.

A propos de musique, tout ce qui y touche dans ce film est à chier. En même temps, je vous invite à aller sur Wikipedia voir la liste des participants à la bande son, et tout s’éclairera. Peu après, ils ont du se dire que ce gag à se tordre de rire avait bien vécu, Gibert enlève son bandage stupide. On peut ainsi se rendre compte qu’il n’a vraiment rien au crâne, ils ne se sont même pas donné la peine de lui mettre une petite cicatrice. Ça valait bien le coup. En tout cas, ils ouvrent la cage de l’ennemi public n°1, enchainé comme c’est pas permis. A mon avis, même l’ennemi public n°1, c’est illégal de retenir à ce point un être humain. Le seul endroit où un type pourrait être tant enchainé sans trop détonner dans le décor, c’est dans une maison close ! En tout cas, nouvelle preuve du grand raffinement de ce film.

Puis, en voulant l’endormir, Gibert se tire une fléchette tranquillisante dans le pied. Qu’est-ce qu’on se marre. Je passe sur le système qui est censé l’aider à pisser qui est dans la lignée de la débilité de son costume de prisonnier, ils finissent par enlever le masque du belge, qui a un accent pire que ses complices dans la voiture. Mais grâce aux magouilles de ces derniers, il finit par faire croire à Émilien et un collègue qu’il a été victime d’une méprise, et ils le laissent partir. Bon, au fait, y’a un petit truc qui me dérange. Ah oui. Daniel là-dedans ?

Oui, Samy Nacery, sans doute pris entre deux audiences au palais de justice, est très absent de ce film. Ses scènes sont un peu plus sérieuses, pour autant qu’elles puissent l’être dans le film, et semblent ne servir que de bouche trou pour que le film ne fasse pas 1h05 et alléger un peu la crétinerie ambiante. On a passé la mi-film et tout ce qu’il fait après l'intro, c’est s’occuper des mômes.

Dire que Marion Cotillard a lâché les Taxi après le 3. Tout ça pour tourner dans la Môme, Inception et Batman. Elle sait pas celle qu’elle a raté, la pauvre ! En tout cas, ils laissent donc partir le belge qui se retrouve chez ses complices. Je vous le donne en mille : L’ahuri de toute à l’heure est entrain de jongler avec des grenades ! Non mais sérieux... Mais le petit gang est infiltré par Pétra, la femme d’Émilien, un peu grimée pour l’occasion.

Émilien qui se fait virer par Gibert, pour avoir laissé partir le belge pendant sa sieste. Daniel qui quelques heures plus tôt l’a convoyé quand ils l’ont laissé sortir, l’aide à le retrouver. Ils vont donc en pleine nuit à l’endroit où sont les criminels et constatent qu’ils sont encore là. Dans les deux camps, ils ne sont pas très nerveux hein : Les belges ça ne leur viendrait pas à l’idée que le chauffeur de Taxi sait où ils sont et qu’ils feraient mieux de ne pas rester trop longtemps ici, et Émilien ça ne lui viendrait pas à l’idée d’appeler tout de suite son boss. A la place, il attend le matin.

Le matin, ils suivent les méchants jusqu’à Monaco et là, Émilien se décide à appeler son boss. Là, le belge infiltre la banque, astucieusement déguisé en vieux. Et franchement… personne ne pourrait se laisser prendre à ça. Le virus de la connerie a aussi frappé le banquier qui les accueille. Il va voir son frère qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, et prend sa place pour cambrioler un coffre. Gibert arrive et, bien sûr, arrête le frère.

Pour le faire avouer, il le soumet à la torture. Il prend un vinyle (oui les policiers en plus d’être cons vivent en 1982) et… accélère grandement un enregistrement de Jacques Brel, ce qui fait hurler le frère du belge de désespoir. C'est tout à fait crédible, c'est ce qui me plaît là-dedans. Mais pour être juste, je ressentirai la même chose si on me forçait à écouter la bande son de ce film durant des heures.

Le belge qui vient de cambrioler la banque donc, se rend chez « le Colombien », un terrible malfrat du coin. Oui, on ne saura même pas leurs noms à ces deux là, ils ont été trop flemmards pour donner autre chose que leur nationalité. Émilien prévient Gibert qui rapplique. Pendant ce temps, il infiltre la maison mais, évidemment, se fait prendre. Après une scène de danse inutile entre le belge et Pétra qui dure presque une minute (montre en main, c’est long, je vous jure) les hommes de main amènent Émilien au belge.

Pétra, déguisée, insiste pour lui coller une rouste au lieu que le belge la tue. Elle fait tout pour se faire reconnaitre, mais cet abruti d’Émilien ne reconnait pas sa femme même dans un long face à face, juste parce que pour sa mission, elle est brune au lieu de blonde. Sérieux, demande le divorce après la mission Pétra ! Entre sa connerie et ses fréquentations, faut vraiment que ton gamin ait une meilleure image paternelle que ça.

A la suite d’une nouvelle gaffe qu’on n’avait pas vu venir à 100 kilomètres (j’ai la flemme de vous la décrire) Gibert atterrit dans la baraque, le nez dans le stock de coke du belge. On sent l’expérience vécue pour les scénaristes ! Complètement shooté, il flingue tout dans la baraque comme un malade, pour finir le tout au bazooka ! Daniel qui ne branlait rien d’autre que de pioncer devant la maison depuis 20 minutes arrive fort à propos pour cueillir le belge dans son coffre, qui est reconduit en prison.

Je pensais que ça se terminerait par une course poursuite mais non, le belge est arrêté, finito. On aura eu une course poursuite dans le film en tout début. Normal. Et on finit le film par… oui, un match de foot. Où Gibert est toujours tellement défoncé qu’il est transformé en as du terrain. Superbe leçon en plus ! « Eh les enfants ? Vous êtes nuls au foot ? Ne vous découragez pas ! Adressez-vous aux nombreux dealers de Marseille, achetez un peu de drogue, et vous deviendrez super bons ! »

Gibert arrête donc tous les buts, sous le regard rieur de Daniel et Émilien bras-dessus bras-dessous. Ha ha ha ! Quelle merde ce film ! En résumé cet épisode devrait être renommé « Footi », car on y parle plus de foot qu’autre chose, les personnages sont encore plus cons que les plus cons des supporters de foot, l’histoire est bateau, les gags sont bidons, prévisibles, c’est bourré de clichés… fuyez ! Fuyez !

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