Un huis clos lent, car organique.
Certains y voient un film sur l’amour résistant à l’âge, mais en tout cas, c’est un des body horror les plus marquants de mon expérience.
Aliénée psychiquement, en manque de pulsions orgasmiques comme de pulsions artistiques, étrangère à son corps (utilisé par des hommes à peine identifiés), la protagoniste verra ce dernier se corrompre au même rythme que sa raison.
Ambiance sonore impeccable, plans et cadrage originaux (larges et fixes d’abord, serrés et tremblants ensuite), maquillage fascinant, actrice impressionnante, une belle nudité (utile), quelques effets psychédéliques auteurisants, un appartement devenant personnage muant.
Laura lutte contre la mort en essayant de sculpter, de photographier, de retarder la putréfaction par les bains froids, de recoller, recoudre et scotcher ses membres, d’épiler ses asticots, de séduire encore une dernière fois, alors que, dépressive, elle était déjà morte depuis sa première apparition. C’est pourquoi elle n’appellera jamais à l’aide, n’ira pas à l’hôpital, ne cherchant qu’à se masturber et à être désirée. Son problème est d’abord mental ; celui d’un personnage mal dans sa peau.