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The Dark Knight Rises par Nolwenn-Allison

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Après un deuxième (second ?) visionnage de The Dark Knight Rises, je tente de me lancer dans l'épineuse tâche de la critique de ce film. Apprécié par certains, conspué par beaucoup, il m'a laissée perplexe. Le grand écran et son charme magnétique qui n'évitera pas le naufrage à un navet mais qui peut sauver la mise à un film médiocre m'a peut-être influencée dans ma première (bonne) impression. Passé le charme de la salle de ciné... Bref, trêve de bavardages et parlons du film ! Attention, cette critique comportera du spoiler, beaucoup de spoilers. A vous de voir !

Ce qui m'a frappée dès le départ, c'est le message politique du film. Je ne vais pas m'étendre sur le sujet et me lancer dans une grande diatribe, ce n'est pas le lieu pour le faire. Il n'empêche qu'il faut que je vous prévienne, malgré le côté blockbuster-grand public de ce Batman, il est éminemment orienté, bien plus que les deux précédents. Bane n'est qu'un vilain anarchiste, qui veut donner au peuple le droit à l'auto-gestion, alors qu'on sait pertinemment qu'ils en sont incapables, les gueux, et qui en plus organise des actions terroristes à Wall Street, ce n'est pas rien. En plus, vous ajoutez une caricature de tribunal révolutionnaire à la mords-moi-l'noeud et vous avez là une adaptation que Frank Miller, auteur de des comics Dark Knight, n'aurait absolument pas renié (le monsieur a une vision politique assez réac', et c'est peu dire).

Autre chose qui pète aux yeux, c'est Anne Hathaway. Elle est juste très bien dans le rôle de Catwoman, féline à souhait mais également très piquante, et quand on voit la brochette de geignards au milieu desquels elle évolue, on ne peut qu'apprécier. Pour ceux qui n'ont pas vu le film et qui ne se souviennent que du Diable s'habille en Prada ou encore d'Alice version Tim Burton, défaites-vous de vos préjugés, parce qu'elle est l'une des bonnes raisons de se jeter sur le film. On regrettera juste que du coup, elle en devienne l'argument sexy du film, comparé à une Marion Cotillard... bon, j'y reviendrai plus tard. Ca va même jusqu'à en devenir absurde à la fin du film, où elle doit enfourcher la moto de l'homme-chauve-souris, dont les commandes sont à des années-lumières du siège, ce qui la met dans une position que je n'hésiterai pas à qualifier de raccoleuse (et tant pis si c'est extrême).

Je vais aborder maintenant les éléments du film qu'on peut ne pas voir de prime abord,ou qu'on ne préfère pas voir quand on met 8€ dans une place et qu'on veut juste se détendre, sans prise de tête.

Commençons par Marion Cotillard. Comment ça, son jeu inqualifiable et son expression qui n'a rien à envier à la morue que vient de me rapporter l'oncle Gégé sautent aux yeux, tout de même ? Qu'est-ce qui ne tourne pas rond dans ma tête ? Non, Marion Cotillard n'a pas suivi les cours de l'Actor's Studio sur le traitement du trépas de ses personnages, ça on est tous d'accord, et ceux qui ne l'ont pas remarqué doivent être à la fois aveugles et sourds (même ses râles d'agonie ne sont pas crédibles, eh oui !). Mais il faut dépasser cette scène devenue culte. Quand on regarde bien, notre Coco nationale nous spoile le film dès ses premières scènes. La preuve en est, la scène où Lucius Fox se fait chourer son noyau nucléaire. "Attention, je vais jouer la résignation face à l'ennemi !" se dit-elle en son for intérieur. "Attention, je fais la femme fatale ! Attention, je vais faire des révélations !" Y a pas à dire, j'ai été convaincue, de sa nullité, certes, mais convaincue tout de même

Si le film est porté par des twists très discutables, on ne peut qu'admettre qu'ils sont là pour donner l'impression d'un scénario consistant. Par exemple, ne vous-êtes vous jamais demandé pourquoi Bruce Wayne se retrouve dans un état tel qu'il pourrait participer au casting du remake d'Intouchables ? C'est vrai que quand on a été confronté à la crème de la crème du crime, qu'on s'est pris plein de patates et qu'on se retrouve contraint au repos pendant 8 ans, ça use son homme. Pourquoi la famille de Gordon l'a laissé tomber ? Pourquoi nous avons le droit à une random love scene entre notre héros et Miranda Tate ? Comment Bruce déduit que l'enfant qui s'est enfui de la prison est Bane ? Comment la simple apparition de Ra's al Ghul l'amène à croire que c'est lui, le fameux mercenaire qui a enfanté ledit méchant révolutionnaire ? Comment ça se fait que quand il se foire dans son ascension, lui, il ne meurt pas ? Ca ne choque personne qu'un gars adulte (Bane) tombe amoureux d'une gosse (Talia al Ghul aka Miranda Tate aka Marion Cotillard aka la morue de l'oncle Gégé) ? Bruce et Selina ont-il décidé de camper dans ce fameux café florentin pour qu'Alfred les remarque ? Ou peut-être que le milliardaire a les moyens de voir les flash-backs, qui sait ?

Je finirai enfin par les longueurs du film. Gordon reste à l'hôpital pendant TOUTE la première heure. Bruce reste enfermé dans la prison de Bane pendant au moins trois quarts d'heure. Ca n'avance pas, ça piétine, et on s'ennuie un peu. Les "grands" acteurs du film sont largement en retrait (cf Michael Caine, qu'on voit au début, à la fin, mais sinon on ne sait pas ce qu'il fait, et puis de toute façon on s'en fiche, Alfred, ce n'est qu'un domestique), du coup, on nous remet une louche de Cotillard.

Toutefois, je vais adoucir un peu mon jugement. Ce qu'il faut savoir, c'est que Nolan, bien avant Batman Begins, avait une idée bien précise de là où il venait mener sa trilogie. Et ça avait plutôt bien commencé, Batman Begins et The Dark Knight étaient vraiment de très bons films. Manque de pot, Heath Ledger meurt. Mince, le troisième film devait parler du procès du Joker. Le bon sens voudrait que Nolan laisse sa trilogie inachevée, mais reconnue comme une bonne adaptation. Mais on a signé pour trois films, pas moyen de casser le contrat, on invente un scénario à la con, qui ne se référera que très peu au Dark Knight, car c'est dur de le mentionner sans le Joker et que la performance brillantissime de Ledger sabre toute possibilité de le remplacer. Alors on ramène le spectateur au premier film, à coup de références très artificielles. C'est peut-être pour cela que j'ai mis un 6. Le film est quand même sympa à regarder, sur ce coup il remplit bien le cahier des charges d'un film d'action. D'accord, il a énormément de défauts, mais Nolan se retrouvait coincé et il a fait comme il a pu. Comment lui en vouloir ?

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