Un petit trésor.

Avis sur The Dig

Avatar Yoyo la Frite
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Une agréable surprise que ce film, dont le sujet m'était inconnu de près ou de loin. Dans le paysage Netflixien, il est difficile de trouver de bons éléments, noyés dans une masse grandissante à la qualité relative, la surprise est donc d'autant plus grande lorsqu'on tombe sur un film de ce calibre et qui ne semble pas du tout fait pour cette plateforme.

Sans que le pitch soit inintéressant, il n'est pas nécessairement accrocheur, et c'est surtout le casting et les deux-trois plans vus en passant sur Netflix qui m'ont décidé à le visionner. En effet, deux têtes connues mènent ce long métrage : Ralph Fiennes, qu'on ne présente plus, qui est très attachant et très vrai dans ce film, et Carey Mulligan (dont je retiens surtout Drive et Gatsby), très intense dans la dualité force/fragilité de son personnage. Les deux acteurs sont très justes et sont une des forces du film. On notera aussi Lilly James, que je vois assez souvent ces temps-ci, plutôt par hasard, mais qui sait se démarquer malgré un rôle ici un peu trop prévisible.

La photographie est très réussie, de même que la réalisation qui s'attache à nous montrer des plans très variés, et ce constamment. L'action n'est jamais plate ou ennuyeuse, et c'est ce qui est étonnant dans cette œuvre, car si le propos n'a rien d'extrêmement palpitant (ce qui n'est pas incompatible avec le fait d'être passionnant, en revanche), la façon dont les scènes sont coupées rend le rythme très accessible et plaisant. Certains passages servent habilement le propos en l'illustrant par des dialogues interposés à des images spécifiques, ce qui permet à l'image de ne pas rester statique et dirais-je "inutile" en ne faisant que filmer le locuteur. C'est donc dans la réalisation et surtout le montage que le film cache sa force. J'ai parfois eu le sentiment que les scènes pouvaient continuer encore, mais au lieu de ça, on enchaînait sur la suite sans plus tarder. Ce qui peut passer pour une faiblesse parfois (en ne faisant qu'effleurer les choses sans prendre le temps de les développer par exemple) ressort ici plus souvent comme une force : le long métrage s'avère agréable à suivre d'un bout à l'autre, et il ne paraît jamais trop long ou trop lent. Il dure pourtant près de deux heures, et malgré tout il est très dynamique et riche.

Tout ne repose pas là-dessus non plus, le casting étant impeccable, la musique relativement discrète mais jouant son rôle, et finalement une histoire qui, si elle n'a pas nécessairement de quoi nous surprendre, se découvre avec beaucoup de plaisir, malgré la teneur parfois âpre du propos. Il y a des choses qu'on voit venir à des kilomètres, mais ce n'est pas non plus comme si on cherchait à nous les cacher dès le départ. Plusieurs "arcs narratifs" se croisent, l'un prenant parfois le pas sur l'autre en cours de route, ce qui fait varier les scènes ainsi que les enjeux pour le spectateur, mais finalement tout m'a paru digne d'intérêt et habilement mené à l'écran.

Les thèmes abordés dans ce film sont assez forts, bien que parfois seulement effleurés comme je l'évoquais plus haut, mais j'apprécie surtout que le spectateur ne soit pas pris pour une quiche en la matière. On ne nous explique pas tout en nous agitant certaines évidences constamment devant le nez. Le film montre davantage qu'il ne dit, et c'est également une grande force : on voit les choses et on les ressent via la caméra et l'interprétation des acteurs, sans aller dans la lourdeur non plus. C'est un très joli film à ce niveau, très poétique.

Ce que je retiens de The Dig, c'est une expérience légère, dans le sens où le film fait preuve de subtilité et ne paraît jamais trop lourd, il en paraîtrait presque fragile. Bien qu'ayant quelques prévisibilités, le tout est enrobé dans une belle histoire pleine de thèmes forts, ce qui vient contrebalancer son apparente fragilité. Un long métrage qui a du mérite.

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