L'Anti-Narcos

Avis sur The Drug King

Avatar Real Cosmic M
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Bienvenue dans l'univers des barons de la drogue ! Oui ces derniers années, il y a eu une tendance de mettre en avant Pablo Escobar. Dans quasiment tout ce qui était possible d'adapter sauf jeu vidéo et série/film d'animation (mais vu que Netflix existe, attendez vous qu'un fou dangereux débarque avec cette idée) : Film (2 fois), documentaires, télénovela, série historique etc...Du coup, en Corée Du Sud quelqu'un a eu l'idée de faire un film qui s'inspire grandement de la vie d'Escobar (quoique...il y a des chances que le perso ait existé)mais en faisant une comédie dramatique, en castant Song Kang Oh tout en l'inscrivant dans la Corée des années 70. Ce film c'est The Drug King, un film vraiment prenant malgré son aspect résolument classique.

Un film classique dans sa forme et qui sent bon les années 70

Le film est dans sa forme classique et passe par des effets certes déjà vu mais fonctionnelle. Le film est quand même bien rythmé et on sent bien l'évolution sur quelques années de la Corée du Sud et de la situation géopolitique. On voit bien l"évolution et la chute du personnage visuellement : comment un petit trafiquant de seconde zone devient un des hommes les plus importants de Busan, à force de détermination. La musique n'est hélas pas très marquante et classique aussi. Bref, de ce coté là le film de Woo Min-ho qui a fait 3 ans plus tôt Inside Men ne se démarque pas beaucoup malgré de bonnes idées par-ci par-là

Par exemple le montage entre le découpage d'un opposant et la destruction d'une statuette de Lee Doo-sam vraiment bien orchestré

Mais voilà, quelques idées de mise en scène pour un film d'1h30. Voilà. Quant aux personnages...je commence à comprendre la principale critique.

Le Song Kang-ho show ?

J'ai lu sur wikipedia, une critique du journaliste Yoon Min-sik disant que le film est un gaspillage de casting. Et il est dans le vrai en un sens car on voit surtout Song Kang-ho. Et évidemment, on ne connaît pas autant les acteurs coréens comme les coréens eux-mêmes. Mais quand dans ton casting il y a une actrice comme Bae Doona...vu ce que tu en fais, tu aurais peut-être du faire un peu plus.

Song Kang-ho joue Lee Doom-San, une figure des années 70 de la drogue qui a commencé comme petit trafiquant sans envergure et méprisé des autres et qu'à force de détermination deviendra un baron de la drogue influent. Song Kang-ho joue un personnage qui est la face opposée d'Escobar. Mais pas opposée comme Gilberto Rodríguez du Cartel de Cali non. Un trafiquant que même au sommet n'a pas du tout l'âme d'un malfrat. C'est juste un loser attachant qui arrive au sommet et qui devient très influent. Cela dit, il possède un coté artisanal. La drogue est de sa propre fabrication et tout le long on le voit synthétiser lui-même la méthamphétamine. Ce qui fait qu'il a tout du petit chimiste qui fabrique sa propre fortune et tente de la vendre. Mais c'est au sommet qu'il se rendra contraint de faire des sacrifices de délaisser ceux qu'il aimait et de violer l'interdit. Bref, c'est le Naruto de la drogue. Il arrive à être drôle et attachant mais jamais terrifiant. Même quand il essaie d'être quelqu'un de respecter, on sent que personne le prend au sérieux. C'est pour ça que j'ai titré ma critique d'anti-Narcos. En effet, dans la réalité, c'est le genre de personnage qui ne ferait pas 3 minutes sans se faire prendre ou tuer.

Et il se fait prendre dès le départ à cause d'une connerie.

Et le reste des personnages, c'est là que le film coince. Ils ne sont pas tous des fonctions à l'histoire mais le film ne fait que trop les survoler. Par exemple, même maintenant, je suis incapable de dire qui sont ses vrais associés ou des personnages bien plus ambiguë.

Le plus présent est son cousin Lee Doom-hwan (Kim Dae-myung ) qui est son faire valoir et l'accompagne dans toutes ses premières transactions. Il avait peu de considération et il est un comic relief d'arrière plan.

Sa femme est son seul élément de stabilité et de raison et la perte de cette dernière sonnera en même temps sa perte à Lee-Doom Sam. On a l'inspecteur Kim In-goo (Jo Jeong-seok) qui est l'incorruptible classique (et qui apparaît à la moitié du film).

Quant au personnage de Bae Doona (Kim Jeong-ah) , elle aurait pu être intéressante, elle est trop peu exploitée. Elle a un parcours assez similaire à Lee Doom-San, on voit qu'elle est intéressée à lui pour autre chose que sa fortune ou sa drogue, allant même jusqu'à respecter la femme de ce dernier. Malheureusement, elle n'est présente qu'à peu de moment du film avant disparaître avant le climax final.

Petit restera petit

Dans sa forme, le film reste du rise and fall classique. On sait comment il est monté et on guette le moment où il va tomber. Et malgré une exploitation assez surfaite des personnages sauf Lee Doom-San, le film reste quand même bien raconté et son coté humoristique donne une ambiance de films vraiment légers, aux antipodes des productions bien plus sérieuses et "réalistes" comme la série Narcos. D'ailleurs, le retournement du film est vraiment bien mise en scène et visible. On sait à quel moment Lee Doom-San sera à son apogée et chutera. Le film nous montre aussi que si la plupart du temps, la réussite réside dans le talent, la réussite a aussi sa part de chance et le faite qu'elle est construite grâce à des personnes de confiances. Bien sûr il y la fable de l'argent qui rend fou et qu'on voit vraiment dans le comportement de Lee Doom - San

En effet, une fois au sommet et en "couple" avec Kim Jeong-ah, Doom-San délaisse son cousin et sa famille et la pression fait qu'il prend lui aussi de la méthamphétamine, chose que son maître l'avait déconseillé de faire. Et à partir de ce moment là, il est devenu méfiant, paranoïaque et vite fou, au point de rejeter ses nouveaux collaborateurs, et que ses proches l'abandonnent ou le dénonce. D'ailleurs sa fin fait aussi écho à la fin de Pablo Escobar, mise à part qu'il n'est juste blessé.

Malgré l'aspect classique, le coté comédie légère donne un ensemble plaisant et frais qui fait qu'on est intéressé par la réussite du personnage, là où dans Narcos, les trafiquants gardent leurs statuts de méchants. On a donc un film en décalage avec ce qui a été fait jusqu'à maintenant quand on parle de films sur la drogue. Il y a bien Barry Seal : An American Traffic, mais le délire était différent dans la mesure où le héro n'était qu'un associé des trafiquants et non un baron de la drogue lui-même.

Shonen de la drogue

The Drug King est un film coréen qui a tout d'un film à l'aspect classique, mais dans son traitement rend le style très frais et plaisant. Je vous le conseille comme film diffusé sur Netflix. Ce n'est pas un chef d'oeuvre mais le ton léger fait qu'il très plaisant à voir. Surtout pour le high Kick de Song Kang Oh (oui, il l'a fait dans ce film)

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