Il faut parfois savoir s'incliner

Avis sur The Grand Budapest Hotel

Avatar Volte
Critique publiée par le

Se lancer à l’assaut d’une critique du Grand Budapest Hotel alors que l’essentiel a été dit, cela revient à mener la charge alors que résonne au loin le clairon annonçant la fin de la bataille. L’essentiel a été dit, oui, et pour s’en persuader, il suffit de jeter un œil sur le rapport du commandant Kenshin (habitué à diriger les opérations dans sa tenue de camouflage préférée, celle d’un illustre Pokémon jaune) ce dernier revenant largement sur le contexte de la séance. En ce qui concerne la séance elle-même, autant se diriger vers le rapport du consciencieux colonel Guyness, amoureux des jeux de mots comme Kilgore pouvait l’être de sa planche de surf. Pour achever ces conseils de lecture, évoquons la résistance, incarnée par Johnutella le maquisard, qui a eu l’audace d’émettre un léger bémol face à la farandole de critiques élogieuses (ce dernier se terre actuellement dans sa demeure, attendant des jours meilleurs en compagnie de son dvd d’Ichi The Killer). Ainsi, pour ne pas marcher sur les plates bandes de mes prédécesseurs, j’opterai pour la digression.

Autrefois, j’éprouvais pour les œuvres de mister Anderson une affection mesurée. Lorsqu’un fervent défenseur du réalisateur précité osait me demander avec véhémence « Life Aquatic, tu ne peux pas me dire que c’est mauvais ? » Je répondais « sympa ». Lorsque le même interlocuteur poursuivait par « et Moonrise Kingdom, alors ? » Je répondais « très sympa ». Désormais, cet interlocuteur fictif et un peu lourd sur les bords possède une nouvelle arme à son arsenal : The Grand Budapest Hotel, œuvre face à laquelle je ne peux que m’incliner modestement. Entre le soin apporté à la mise en scène, l’humour omniprésent, la photographie sublime, le scénario rigoureusement déjanté, le rythme effréné et le casting cinq étoiles, impossible de m’ennuyer ou maugréer dans ma barbe. Cher interlocuteur imaginaire, je m'avoue vaincu.

L’étalage des qualités du film ne saura pourtant pas rendre compte des sensations ressenties durant le visionnage. C’est un voyage, ou plutôt une évasion que nous offre Anderson à travers ce qui semble être son film référence tant la chose est maîtrisée au niveau visuel et scénaristique. Quand l'heure quarante de projection paraît aussi furtive qu'un clignement d’œil, c'est ce que l'on appelle communément un bon signe. Ainsi, mon affection mesurée d’antan laisse place à une réelle admiration, de celle que je réserve à une poignée de réalisateurs. A l’époque où beaucoup se cantonnent à remplir un bête cahier des charges en y ajoutant quelques touches personnelles (prenons un Burton dont l’univers est devenu, au fil des ans, un prétexte) il existe une maigre cohorte d’irrésistibles créateurs, artistes jusqu’au-boutistes capables de nous fournir d'imparables œuvres d'art. Nul doute qu’Anderson est à ranger dans cette catégorie d'élite en compagnie de Refn (cette comparaison finale servira surtout à remplir mon quota habituel de dislike, chacun ses priorités !)

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 500 fois
26 apprécient · 1 n'apprécie pas

Volte a ajouté ce film à 1 liste The Grand Budapest Hotel

Autres actions de Volte The Grand Budapest Hotel