Le sophisme de la cause unique dans le cinéma horrifique

Avis sur The Hole in the Ground

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Argumentum ad antiquitatem.

On a toujours fait comme ça, alors pourquoi faire autrement ? Un petit garçon trop bien coiffé est le personnage clé. Il est légèrement cachottier, perturbé. Le résultat d'un traumatisme familial dissimulé qui fera sporadiquement surface... De-ci, de-là, le contexte prenant place dans un cadre de vie à l'américaine CSP+, au sein d'une gigantesque demeure. La propriété, est forcément isolée beaucoup trop loin de tout, elle est récemment habitée et rénovée par le deuxième protagoniste - devinez - la mère de famille désabusée, nageant dans une forme de mélancolie anxieuse et de perplexité palpable à l'égard de son fils. Mais qui est-il ? C'est à moi ce truc ?

Or, j'apprécie dire que le recyclage de codes filmiques dans le genre horrifique ne fasse pas systématiquement causalité avec la tripotée de films d'horreur trop médiocres qui se succèdent les uns aux autres depuis ces dernières décennies. J'évince le "ce n'est pas original donc mauvais" et le "c'était mieux avant" le plus possible.
Et d'ailleurs du sophisme parlons-en : le scénariste et réalisateur Lee Cronin semble prôner le sophisme de la cause unique. "Un événement légèrement anormale présage une catastrophe de grande ampleur". Voilà ce que nous dit Cronin. Tout au long de l'oeuvre, la démarche est chronique, plongeant The Hole in the Ground dans une extrême prévisibilité. A contrario, Ari Aster avec son Hérédité , fera infiniment plus preuve de futilité lorsqu'il sera question de traiter les comportements déviants de l'enfant, dans un drame familial horrifique.

Ainsi soit-il. On passera prématurément d'un acte à un autre sans frémir, sans même retenir son souffle une seule seconde. Les schémas présentés servant à résoudre les problèmes seront quant à eux ultra simplifiés. Puis quand les rares bons fusils de Tchekhov semblaient être bien chargés - ceux du miroir et de la grimace - ils finissent tout compte fait par rater complètement leur cible ! On patiente, on patiente, le monteur cadreur que fait-il ? Sa caméra lui suinte des doigts, et paf. Loupé, la poudre est mouillée.
Le jeu platonique des acteurs - peut-être assumé - n'est pas non plus d'une grande aide.

Finalement, force est de constater que le sentiment de satisfaction sera plus grand devant le relatif australien, Mister Babadook, plus subtile et perturbant dans le genre.

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